Hypothèques : les taux fixes grimpent encore… et de plus en plus d’emprunteurs se tournent vers le variable
Le marché hypothécaire canadien vient d’entrer dans une zone particulièrement dangereuse : les taux fixes montent rapidement, pendant que les taux variables deviennent beaucoup plus attrayants.
Mais ce choix comporte un risque évident : si la Banque du Canada recommence à augmenter son taux directeur, l’avantage du variable pourrait diminuer rapidement.
Les taux fixes montent à cause des obligations
Le rendement des obligations du gouvernement du Canada à cinq ans est passé d’environ 2,6 % avant la guerre en Iran à plus de 3,6 %, franchissant même 3,7 % récemment.
Cette hausse pousse directement les taux hypothécaires fixes vers le haut.
Plusieurs grandes banques ont déjà relevé leurs offres à trois et cinq ans, et certains spécialistes estiment qu’un taux fixe à cinq ans commençant par un « 5 » pourrait bientôt réapparaître.
Autrement dit, attendre un meilleur taux fixe devient de plus en plus risqué.
Pourquoi les marchés s’inquiètent autant?
Les prix élevés du pétrole, des matières premières et des aliments alimentent les craintes d’inflation.
En parallèle, plusieurs grandes banques centrales ont déjà augmenté leurs taux.
Les marchés financiers anticipent maintenant jusqu’à 100 points de base de hausses de taux au Canada sur les 12 prochains mois.
Mais tous les économistes ne sont pas d’accord.
Une hausse de la Banque du Canada? Les experts sont divisés
Certains pensent qu’une hausse pourrait arriver dès octobre ou décembre si l’inflation continue de s’élargir.
D’autres estiment au contraire que ce scénario est exagéré.
Leur argument : les prix élevés de l’énergie viennent surtout d’un choc d’offre mondial, et augmenter les taux ne fera pas baisser le prix du pétrole ni rouvrir les routes commerciales perturbées.
Ils soulignent également que des coûts d’énergie plus élevés réduisent déjà les dépenses des ménages, ce qui peut ralentir l’économie et limiter l’inflation ailleurs.
Le variable devient beaucoup plus populaire
Avec l’écart qui se creuse entre les taux fixes et variables, de nombreux emprunteurs changent de stratégie.
Alors qu’historiquement une majorité choisissait le fixe cinq ans, certains courtiers observent maintenant plus de 60 % de leurs clients choisir le variable, et parfois encore davantage selon le marché.
Dans certains cas, le variable est inférieur de plus d’un point de pourcentage au fixe comparable.
Pour certains acheteurs, ce n’est même plus seulement une question de préférence : le taux variable peut leur permettre de se qualifier pour une hypothèque qu’ils n’obtiendraient pas avec un taux fixe.
Voilà le vrai danger
Un emprunteur qui choisit le variable aujourd’hui peut économiser beaucoup au départ.
Mais si la Banque du Canada augmente son taux directeur à plusieurs reprises, cet avantage peut fondre.
À l’inverse, quelqu’un qui verrouille un taux fixe maintenant se protège contre une hausse future, mais risque de payer beaucoup plus cher dès le départ.
Le choix devient donc un pari entre certitude coûteuse et économie immédiate avec davantage de risque.
Quel impact sur le marché immobilier?
La hausse des taux fixes réduit directement la capacité d’emprunt de plusieurs acheteurs.
Certains doivent viser une propriété moins chère, augmenter leur mise de fonds ou reporter leur achat.
Le variable peut maintenir une partie de la demande active, mais si la Banque du Canada augmente ensuite ses taux, cette demande pourrait elle aussi ralentir.
Pour les vendeurs, cela signifie moins d’acheteurs confortables financièrement et davantage de négociation.
La conclusion : le choix hypothécaire devient beaucoup plus difficile
Les taux fixes montent, les variables semblent beaucoup plus attrayants, mais personne ne peut garantir ce que fera la Banque du Canada dans quelques mois.
Pour les acheteurs et propriétaires, le meilleur choix n’est donc pas simplement le taux le plus bas aujourd’hui.
Il faut surtout choisir un produit capable de rester supportable si les taux montent encore — parce que dans le contexte actuel, économiser maintenant peut coûter beaucoup plus cher plus tard.