Immobilier au Québec : les ventes chutent, l’offre explose… mais les prix résistent encore
Le marché immobilier québécois ralentit clairement. Les ventes reculent, davantage de propriétés arrivent sur le marché et les taux hypothécaires compliquent l’accès à la propriété. Pourtant, les prix refusent encore de baisser de façon généralisée.
Selon l’APCIQ, le marché traverse toujours une importante période d’ajustement après plusieurs années marquées par un manque sévère de propriétés à vendre.
Montréal : 12 % moins de ventes
En septembre, seulement 3 082 propriétés ont changé de mains dans le Grand Montréal, soit une baisse de 12 % sur un an.
Le recul touche toutes les catégories : -16 % pour les plex, -14 % pour les condos et -9 % pour les maisons unifamiliales.
En même temps, le nombre de propriétés disponibles a bondi d’environ 20 %, pour atteindre 21 793 inscriptions.
Moins d’acheteurs, plus de choix : le rapport de force commence clairement à se déplacer.
Mais les prix ne baissent toujours pas
Malgré le ralentissement, les prix médians sont demeurés relativement stables à Montréal.
Une maison unifamiliale se vendait autour de 635 000 $, un condo autour de 430 000 $ et un plex autour de 861 000 $.
Pourquoi les prix résistent-ils?
Parce que même si l’offre augmente, elle ne fait essentiellement que revenir graduellement vers des niveaux plus normaux après plusieurs années de pénurie.
La demande ralentit, mais pas encore suffisamment pour provoquer une baisse généralisée des prix.
L’abordabilité continue pourtant de se détériorer
C’est probablement le paradoxe le plus inquiétant.
Les ventes diminuent, mais acheter ne devient pas nécessairement plus facile.
Les hausses récentes des taux hypothécaires fixes augmentent les paiements mensuels et réduisent la capacité d’emprunt de plusieurs ménages.
Un prix stable combiné à une hypothèque plus chère peut rendre une propriété encore moins abordable.
Le ralentissement touche tout le Québec
À l’échelle provinciale, les ventes ont diminué de 7 % en septembre.
Dans la région de Québec, elles ont reculé de 5 %, pendant que les nouvelles inscriptions bondissaient de 21 %.
Et malgré cette hausse de l’offre, le prix médian d’une maison unifamiliale est passé de 453 500 $ à 475 000 $ en un an.
Quel impact pour les acheteurs et les vendeurs?
Pour les acheteurs, la bonne nouvelle est qu’il y a davantage de choix et moins de pression qu’auparavant.
Mais les taux hypothécaires limitent encore fortement leur budget.
Pour les vendeurs, le marché devient beaucoup moins indulgent.
Avec plus de propriétés concurrentes et moins de transactions, afficher trop cher peut rapidement devenir une erreur coûteuse.
La conclusion : le marché change, mais la correction reste incomplète
Le Québec entre dans un marché plus équilibré, mais la transition est loin d’être terminée.
Les ventes baissent, l’inventaire remonte et les acheteurs retrouvent du pouvoir.
Mais tant que l’offre ne dépassera pas réellement la demande dans davantage de secteurs, les prix pourraient continuer à résister.
Le prochain test sera donc crucial : si les taux restent élevés et que l’inventaire continue d’augmenter, la pression sur les prix pourrait devenir beaucoup plus difficile à éviter.