Les difficultés financières touchent maintenant la majorité des Québécois, selon Centraide
Payer l’épicerie, assumer les frais de logement ou simplement mettre un peu d’argent de côté devient de plus en plus difficile pour de nombreux ménages québécois. Un nouveau sondage commandé par Centraide du Grand Montréal révèle que les préoccupations financières sont désormais une réalité pour une très grande partie de la population.
Selon les résultats, 86 % des Québécois disent ressentir un certain niveau d’inquiétude par rapport à leur situation financière. Pour près d’une personne sur deux, ce stress est considéré comme modéré ou élevé.
De plus en plus de ménages vivent au jour le jour
Le sondage met en lumière une réalité préoccupante : plusieurs familles disposent de très peu de marge de manœuvre financière.
Près de 45 % des répondants affirment qu’ils n’auraient pas plus d’un mois de revenu disponible pour faire face à une perte d’emploi ou à une dépense imprévue. En d’autres mots, une réparation majeure, une maladie ou une interruption de travail pourrait rapidement créer des difficultés financières importantes.
Le quart des personnes interrogées disent également que leur situation financière s’est détériorée au cours des six derniers mois.
L’insécurité alimentaire atteint un niveau inquiétant
L’un des constats les plus préoccupants du rapport concerne l’accès à la nourriture.
Selon Centraide du Grand Montréal, 30 % des répondants vivent une forme d’insécurité alimentaire. Cela signifie qu’ils éprouvent des difficultés à se procurer suffisamment de nourriture ou à maintenir une alimentation adéquate en raison de contraintes financières.
Cette proportion était de 22 % l’année précédente. L’augmentation observée en seulement un an soulève de sérieuses préoccupations pour les organismes communautaires.
Pour Centraide, cette situation représente un signal d’alarme qui démontre à quel point la hausse du coût de la vie continue d’affecter les ménages les plus vulnérables.
Le stress financier affecte aussi la santé
Les conséquences des difficultés financières ne se limitent pas au portefeuille.
Plus du tiers des répondants ont déclaré avoir perdu le sommeil au cours des deux dernières semaines en raison de préoccupations liées à l’argent.
Par ailleurs, 30 % craignent de ne pas être en mesure de payer certaines dépenses liées à leur santé ou à celle de leur famille.
Le stress financier peut également compliquer les démarches visant à améliorer sa situation, comme retourner aux études, suivre une formation ou changer d’emploi.
Une inquiétude qui dépasse les ménages à faible revenu
Bien que les personnes vivant dans la précarité soient les plus touchées, les préoccupations financières s’étendent aujourd’hui à une partie beaucoup plus large de la population.
La hausse du coût du logement, de l’épicerie, des assurances et de plusieurs services essentiels continue d’exercer une pression importante sur les budgets familiaux.
Cette réalité contribue à alimenter un sentiment d’incertitude face à l’avenir économique.
Des perspectives économiques qui préoccupent les Québécois
Près de 46 % des répondants estiment que la situation économique du Québec risque de se détériorer au cours des six prochains mois.
Bien que cette proportion soit légèrement inférieure à celle observée l’an dernier, de nombreux citoyens demeurent prudents face aux incertitudes économiques qui persistent à l’échelle mondiale.
La hausse récente des prix du carburant et les tensions géopolitiques internationales pourraient également accentuer la pression sur le coût de la vie dans les prochains mois.
Centraide demande davantage de soutien aux personnes vulnérables
Face à ce constat, Centraide du Grand Montréal estime que des mesures supplémentaires pourraient être nécessaires pour aider les ménages les plus fragiles financièrement.
L’organisme souligne notamment l’importance des programmes de soutien au revenu, de l’aide sociale, de l’assurance-emploi et du salaire minimum afin de mieux protéger les personnes les plus touchées par la hausse du coût de la vie.
Alors que les préoccupations financières continuent de gagner du terrain au Québec, le rapport rappelle que derrière les statistiques se trouvent des milliers de familles qui tentent simplement de joindre les deux bouts dans un contexte économique de plus en plus exigeant.