Taxes au Canada : une famille moyenne paie plus au gouvernement que pour se loger, se nourrir et s’habiller
Le prix de l’épicerie fait mal. Le logement coûte une fortune. L’essence gruge encore le budget. Mais malgré tout cela, une dépense serait encore plus lourde pour la famille canadienne moyenne : les taxes et les impôts.
Selon une nouvelle étude publiée par l’Institut Fraser, une famille canadienne moyenne aurait versé 50 721 $ en taxes et impôts en 2025.
Cela représente environ 41,9 % de son revenu annuel.
Encore plus frappant : selon les calculs de l’étude, cette famille aurait consacré davantage d’argent aux différents niveaux de gouvernement qu’à la nourriture, au logement et aux vêtements réunis.
Dans un contexte où de nombreux ménages disent déjà avoir du mal à joindre les deux bouts, le chiffre est difficile à ignorer.
Une famille moyenne : 121 111 $ de revenu… et plus de 50 000 $ en taxes
L’Institut Fraser utilise dans son analyse une famille canadienne moyenne ayant un revenu annuel de 121 111 $.
Selon ses estimations, cette famille aurait payé en 2025 :
- 50 721 $ en taxes et impôts;
- 27 686 $ pour le logement;
- 13 249 $ pour la nourriture;
- 2 722 $ pour les vêtements.
La nourriture, le logement et les vêtements représentent ensemble environ 43 657 $.
Les taxes et impôts dépasseraient donc ces trois dépenses essentielles combinées d’environ 7 064 $ par année.
Autrement dit, pour la famille moyenne utilisée dans l’étude, la facture fiscale serait plus élevée que le coût combiné de se loger, manger et s’habiller.
Pourquoi avons-nous l’impression que l’épicerie est le plus gros problème?
Parce que nous voyons son prix chaque semaine.
Lorsque le panier d’épicerie coûte 20 $, 30 $ ou 50 $ de plus qu’avant, la hausse est immédiate et très facile à constater.
Selon un récent sondage, 76 % des Canadiens affirmaient d’ailleurs que le prix des aliments était la dépense ayant le plus affecté leur situation financière au cours des derniers mois.
L’essence arrivait ensuite, mentionnée par 47 % des répondants, tandis que 33 % citaient leur hypothèque ou leur loyer.
Ces préoccupations sont bien réelles.
Mais les taxes sont beaucoup moins visibles parce qu’elles arrivent de plusieurs directions à la fois.
Les taxes sont partout… même lorsqu’on ne les remarque pas
Quand on pense aux impôts, on pense généralement à l’impôt sur le revenu prélevé sur notre paie.
Mais ce n’est qu’une partie de la facture.
Les Canadiens paient notamment :
- l’impôt fédéral sur le revenu;
- l’impôt provincial;
- les taxes de vente;
- les taxes foncières municipales;
- les cotisations prélevées sur les salaires;
- les taxes sur l’essence;
- certaines taxes à l’importation;
- et plusieurs autres taxes intégrées directement dans le prix des biens et services.
Individuellement, plusieurs de ces montants peuvent sembler modestes. Additionnés sur une année complète, ils représentent toutefois une somme considérable.
41,9 % du revenu familial partirait en taxes
Selon la méthodologie de l’Institut Fraser, la famille moyenne consacrerait donc 41,9 % de son revenu total aux différents impôts et taxes.
En comparaison, les trois grandes nécessités analysées dans l’étude — logement, nourriture et vêtements — représenteraient environ 36 % du revenu familial.
Le constat est saisissant.
Dans le débat sur le coût de la vie, on parle énormément de l’épicerie, des loyers, des taux hypothécaires et de l’essence.
Mais selon cette étude, la charge fiscale demeure la dépense la plus importante lorsqu’on additionne tous les prélèvements gouvernementaux.
Et la facture aurait énormément augmenté depuis 1961
L’Institut Fraser compare également la situation actuelle avec celle des familles canadiennes du début des années 1960.
En 1961, une famille moyenne aurait payé l’équivalent d’environ 17 518 $ en taxes lorsqu’on ajuste le montant pour tenir compte de l’inflation.
Cela représentait alors environ 33,5 % du revenu familial.
En 2025, cette proportion atteindrait maintenant 41,9 %.
Selon les calculs de l’étude, la facture fiscale réelle d’une famille moyenne aurait ainsi augmenté de près de 190 % depuis 1961, même après avoir tenu compte de l’inflation.
Et surtout, les taxes auraient augmenté plus rapidement que le revenu des familles.
Mais attention : payer des taxes finance aussi des services publics
Il faut toutefois mettre ces chiffres en contexte.
Les impôts et taxes ne disparaissent évidemment pas dans le vide.
Ils servent notamment à financer :
- les soins de santé;
- les écoles;
- les routes et infrastructures;
- les services municipaux;
- les programmes sociaux;
- les pensions et prestations;
- la sécurité publique;
- et de nombreux autres services gouvernementaux.
La véritable question n’est donc pas simplement de savoir combien les Canadiens paient.
Il faut aussi se demander s’ils estiment recevoir suffisamment de services en échange de cette facture.
Et sur ce point, plusieurs sondages réalisés ces dernières années suggèrent qu’une partie importante de la population croit ne pas en avoir suffisamment pour son argent.
Pour les familles québécoises, chaque dollar disponible compte
Au Québec comme ailleurs au Canada, la pression sur les budgets est devenue difficile à éviter.
Le logement coûte cher. L’épicerie reste élevée. Les assurances augmentent. Les paiements automobiles pèsent lourd et plusieurs propriétaires continuent d’absorber des renouvellements hypothécaires plus coûteux.
Lorsque toutes ces dépenses sont payées, la marge restante pour épargner, investir ou simplement faire face à un imprévu peut devenir minuscule.
Et c’est précisément pourquoi la question fiscale revient constamment dans le débat sur l’abordabilité.
Le coût de la vie ne se résume plus au prix affiché à l’épicerie
Lorsqu’un ménage dit qu’il n’arrive plus à avancer, il est tentant de regarder uniquement la hausse du prix des aliments ou du logement.
Mais le problème est beaucoup plus large.
Une famille doit composer simultanément avec les dépenses essentielles, ses dettes, ses frais de transport et l’ensemble des prélèvements fiscaux.
Selon l’étude de l’Institut Fraser, ces prélèvements représentent aujourd’hui une part plus importante du revenu familial que la nourriture, le logement et les vêtements combinés.
C’est une statistique qui risque d’alimenter sérieusement le débat sur le coût de la vie au Canada.
Une facture invisible… mais impossible à ignorer
Un Canadien voit immédiatement une facture d’épicerie de 250 $ ou un paiement hypothécaire de 2 500 $.
Il voit beaucoup moins facilement l’ensemble des taxes qu’il paie pendant les douze mois de l’année.
C’est précisément ce qui rend le chiffre de 50 721 $ aussi frappant.
Dans un pays où de plus en plus de ménages cherchent désespérément à couper quelques centaines de dollars de leurs dépenses, la famille moyenne étudiée verserait plus de 50 000 $ par année en taxes et impôts.
Et dans le contexte actuel, une question risque de revenir de plus en plus souvent :
combien peut-on encore demander aux familles avant que leur budget n’ait tout simplement plus aucune marge de manœuvre?