Immobilier : les Canadiens prévoient acheter leur première propriété à… 41 ans
Le parcours immobilier traditionnel est en train de se briser au Canada.
Selon le sondage 2026 sur l’accession à la propriété de RBC, les futurs premiers acheteurs prévoient acheter leur première propriété à 41 ans en moyenne, soit environ 12 ans plus tard que les propriétaires actuels.
Et près de la moitié ne savent même pas encore quand ils pourront acheter.
La fameuse « échelle immobilière » fonctionne de moins en moins
Pendant des décennies, le modèle était simple : acheter une petite propriété, accumuler de l’équité, puis passer à plus grand.
Aujourd’hui, ce parcours devient beaucoup plus difficile.
46 % des propriétaires actuels aimeraient acheter une propriété différente ou plus grande, mais disent que ce n’est pas financièrement réaliste.
Plus de la moitié affirment également qu’il est plus difficile que prévu de passer de leur première propriété à la suivante.
Les premiers acheteurs veulent maintenant sauter une étape
Devant les prix élevés, 74 % des futurs premiers acheteurs disent chercher directement une propriété à long terme plutôt qu’une petite maison ou un condo de départ.
La logique est compréhensible : s’ils doivent attendre jusqu’à la quarantaine pour acheter, plusieurs préfèrent acheter une propriété qui répondra à leurs besoins pendant de nombreuses années.
Mais viser plus grand dès le premier achat signifie aussi une mise de fonds plus importante et une hypothèque beaucoup plus lourde.
Les familles doivent de plus en plus unir leurs forces
Le rapport de RBC montre également une montée spectaculaire de l’intérêt pour les logements multigénérationnels.
57 % des futurs premiers acheteurs envisageraient de vivre avec leurs parents ou d’autres membres de leur famille.
Pour 29 % d’entre eux, ce n’est même plus vraiment un choix : c’est une nécessité financière.
Et 35 % des propriétaires interrogés se disent prêts à vendre leur propriété et à acheter avec leurs enfants pour les aider à accéder au marché.
Quel impact sur le marché immobilier?
Si les propriétaires actuels n’arrivent plus à acheter plus grand, ils restent plus longtemps dans leur maison.
Cela signifie moins de propriétés de départ remises sur le marché pour les nouveaux acheteurs.
En même temps, les premiers acheteurs qui attendent plus longtemps peuvent arriver avec des revenus plus élevés et chercher directement des propriétés plus grandes.
Résultat : le marché risque de devenir encore plus bloqué, avec moins de mouvement entre les différentes catégories de propriétés.
Quel impact sur les hypothèques?
Acheter plus tard et viser une propriété plus chère signifie souvent devoir emprunter davantage.
Les acheteurs peuvent donc devenir encore plus sensibles aux taux hypothécaires et aux règles de qualification.
Une petite hausse de taux peut suffire à faire disparaître des dizaines de milliers de dollars de capacité d’emprunt.
Pour plusieurs familles, la mise de fonds devient également un obstacle encore plus important que le paiement mensuel.
La conclusion : devenir propriétaire change complètement de visage
Le problème immobilier canadien ne touche plus seulement ceux qui essaient d’acheter leur première propriété.
Il touche aussi ceux qui sont déjà propriétaires mais n’arrivent plus à avancer.
Les Canadiens achètent plus tard, restent plus longtemps dans leur première propriété et comptent davantage sur leur famille pour réussir à financer leur prochain mouvement.
Le message du rapport de RBC est difficile à ignorer : l’échelle immobilière n’a pas disparu, mais pour de plus en plus de Canadiens, les barreaux sont devenus beaucoup trop éloignés.