Construction résidentielle : les mises en chantier ralentissent au Canada en juin
Le rythme de construction de nouveaux logements a ralenti au Canada en juin. Selon le plus récent rapport de la SCHL, le taux annuel des mises en chantier a reculé de 6 % par rapport au mois de mai.
En termes simples, cela signifie que moins de nouveaux projets résidentiels ont commencé pendant le mois, après avoir connu un rythme plus élevé le mois précédent.
Cette donnée est importante, car la construction de nouveaux logements influence directement l’offre disponible sur le marché, autant pour les acheteurs que pour les locataires.
Moins de nouveaux chantiers en juin
Selon la SCHL, le taux annuel désaisonnalisé des mises en chantier s’est établi à 238 971 logements en juin. En mai, ce taux était de 253 083 logements.
Le mot “désaisonnalisé” veut simplement dire que les chiffres sont ajustés pour tenir compte des variations normales selon les saisons. Par exemple, la construction est souvent plus active au printemps et en été qu’en hiver.
Cette baisse mensuelle ne veut pas nécessairement dire que la construction s’effondre. Elle indique plutôt un ralentissement après un mois de mai plus fort.
La tendance sur six mois recule aussi
La SCHL regarde aussi une moyenne mobile sur six mois pour mieux comprendre la tendance générale. Cette moyenne aide à éviter de tirer de grandes conclusions à partir d’un seul mois.
En juin, cette moyenne s’est établie à 248 123 logements, soit une baisse de 2,8 % par rapport à mai.
Ce recul montre que la construction résidentielle demeure active, mais que le rythme pourrait commencer à perdre un peu de vigueur.
Beaucoup de logements sont encore en construction
Même si les nouveaux chantiers ont diminué, il y a encore beaucoup de logements en construction au pays.
Dans les agglomérations de 50 000 habitants ou plus, la SCHL indique que 375 469 logements étaient en cours de construction en juin. C’est une légère hausse de 0,2 % par rapport à mai.
Autrement dit, plusieurs projets commencés dans les derniers mois ou les dernières années sont toujours en train d’être bâtis.
C’est une bonne nouvelle pour l’offre future, mais il faut du temps avant que ces logements soient terminés et disponibles sur le marché.
Plus de logements terminés en juin
Le nombre de logements achevés a augmenté de 8,4 % en juin, pour atteindre 18 298 unités.
Cette donnée est importante, car un logement terminé peut enfin être habité, vendu ou loué.
Dans un contexte où plusieurs villes manquent de logements, les achèvements comptent autant que les mises en chantier. Commencer un projet est une étape, mais le terminer est ce qui ajoute réellement de nouvelles unités disponibles.
Les projets autorisés, mais pas encore commencés, diminuent légèrement
Le nombre de logements ayant obtenu un permis de construction, mais dont les travaux n’ont pas encore commencé, a diminué de 1,1 % en juin.
Ce nombre s’est établi à 137 324 logements.
Cette catégorie est importante, car elle montre une partie du potentiel de construction à venir. Un permis obtenu ne garantit pas toujours que le projet commencera rapidement. Les coûts de construction, les taux d’intérêt, la disponibilité de la main-d’œuvre et la rentabilité du projet peuvent influencer la décision de lancer les travaux.
Pourquoi ce ralentissement compte pour le Québec?
Au Québec, la question de l’offre de logements reste centrale. À Montréal, Laval, Longueuil, sur la Rive-Nord, sur la Rive-Sud et dans plusieurs régions, la demande demeure forte pour les logements bien situés et abordables.
Quand le rythme de construction ralentit, cela peut maintenir une pression sur les prix et les loyers, surtout si la demande reste élevée.
Pour les acheteurs, moins de nouvelles constructions peut signifier moins de choix à moyen terme. Pour les locataires, cela peut limiter le soulagement attendu sur les loyers, surtout dans les secteurs où l’offre est déjà insuffisante.
Construire plus ne règle pas tout immédiatement
On entend souvent dire qu’il faut construire plus de logements pour améliorer l’abordabilité. C’est vrai, mais les effets ne sont pas instantanés.
Un projet immobilier peut prendre plusieurs années entre l’achat du terrain, les plans, les permis, le financement, la construction et la livraison finale.
Donc, même lorsque beaucoup de logements sont en construction, les ménages peuvent continuer à ressentir la pression pendant un certain temps.
Les promoteurs font face à plusieurs obstacles
Le ralentissement des mises en chantier peut aussi refléter les défis des promoteurs immobiliers.
Plusieurs projets sont devenus plus difficiles à rentabiliser en raison de la hausse des coûts de construction, des taux d’intérêt plus élevés, des délais administratifs et des coûts de financement.
Dans certains cas, un projet peut être autorisé, mais retardé parce que les chiffres ne fonctionnent plus aussi bien qu’avant.
Cette réalité peut toucher autant les grands projets de condos que les immeubles locatifs et les projets résidentiels en banlieue.
Ce que cela signifie pour les acheteurs
Pour les acheteurs, un ralentissement de la construction peut maintenir la compétition dans certains secteurs, surtout pour les propriétés existantes.
Si peu de nouvelles unités arrivent sur le marché, les acheteurs peuvent continuer à se tourner vers les maisons, condos et plex déjà construits.
Il reste donc important de bien comparer les options, de connaître son budget et de ne pas acheter uniquement par peur de manquer une occasion.
Ce que cela signifie pour les locataires
Pour les locataires, l’augmentation du nombre de logements terminés est une bonne nouvelle. Plus de logements disponibles peut aider à réduire la pression dans certains marchés.
Mais si les nouvelles mises en chantier ralentissent, l’effet positif pourrait être limité à moyen terme.
Dans les secteurs où la demande reste forte, les loyers peuvent demeurer élevés même si quelques nouveaux immeubles arrivent sur le marché.
Ce qu’il faut retenir
Selon la SCHL, le taux annuel des mises en chantier a reculé de 6 % en juin au Canada, pour s’établir à 238 971 logements.
La tendance sur six mois a aussi diminué, mais le nombre de logements en construction demeure élevé. Les achèvements ont augmenté, ce qui signifie que plus de logements ont été livrés pendant le mois.
Pour le Québec, le message est clair : la construction demeure essentielle pour répondre à la demande, mais les nouveaux logements prennent du temps à arriver sur le marché. Un ralentissement des mises en chantier pourrait maintenir la pression sur les prix et les loyers dans les secteurs où l’offre est déjà limitée.