Grand Montréal : le marché immobilier bascule enfin du côté des acheteurs
Après des années où les vendeurs imposaient le rythme, le rapport de force est en train de changer dans le Grand Montréal.
En septembre, les ventes ont chuté de 12 % sur un an, tandis que le nombre de propriétés à vendre a bondi de 20 %, à 21 793 inscriptions.
Pour les acheteurs, cela signifie plus de choix, plus de temps et surtout beaucoup moins de pression pour faire une offre dans l’urgence.
Les offres multiples deviennent beaucoup moins fréquentes
Le changement est déjà visible sur le terrain.
L’époque où une grande proportion des propriétés recevaient plusieurs offres semble s’éloigner. Aujourd’hui, les acheteurs se font moins souvent devancer et peuvent davantage comparer avant de décider.
Le simple fait de ne plus être obligé d’acheter dans la panique change complètement la négociation.
Les condos du centre sont déjà en marché d’acheteurs
Le phénomène est particulièrement marqué dans les quartiers centraux comme Ville-Marie et Griffintown.
Du côté des copropriétés, les conditions sont déjà clairement plus favorables aux acheteurs, une situation qu’on n’avait pas vue depuis plusieurs années.
Les prix des condos stagnent d’ailleurs depuis 2023 dans plusieurs secteurs centraux.
Pourquoi la demande ralentit-elle?
Plusieurs facteurs se combinent : population qui progresse moins vite, coût élevé des propriétés, marché de l’emploi plus fragile et inquiétudes entourant les taux hypothécaires.
Le marché locatif s’est aussi détendu, ce qui réduit la pression ressentie par certains locataires pour acheter rapidement.
Quand louer devient un peu moins pénible, l’urgence de devenir propriétaire diminue.
Les maisons résistent mieux, mais la tendance s’étend
Le marché des maisons unifamiliales demeure plus solide que celui des condos, et plusieurs secteurs des couronnes restent encore favorables aux vendeurs.
Mais le mouvement pourrait progressivement s’étendre du centre vers la périphérie.
Le basculement ne se fait donc pas partout au même rythme, mais la direction générale est de plus en plus claire.
Est-ce que les prix vont baisser?
Pas nécessairement partout ni immédiatement.
Mais la croissance des prix ralentit nettement, surtout comparativement aux dernières années.
Certains courtiers constatent déjà que des propriétés vendues facilement l’an dernier ne pourraient plus obtenir le même prix aujourd’hui.
Plus l’inventaire augmente et plus les ventes ralentissent, plus les vendeurs risquent de devoir ajuster leurs attentes.
Quel impact sur les hypothèques?
Pour les acheteurs, un marché plus calme est une bonne nouvelle, mais les taux hypothécaires restent un obstacle important.
Davantage de pouvoir de négociation peut aider à réduire le prix d’achat, mais un financement coûteux peut rapidement effacer une partie de ce gain.
Le meilleur scénario pour un acheteur serait donc une combinaison de prix plus négociables et de taux qui cessent de monter.
La conclusion : le pouvoir change de camp
Le Grand Montréal n’est pas en chute libre, mais il n’est plus non plus dans le marché ultra-serré des dernières années.
Les acheteurs retrouvent du temps, du choix et du pouvoir de négociation.
Pour les vendeurs, le message devient urgent : afficher trop cher dans un marché où l’inventaire grimpe peut rapidement coûter des semaines — voire des mois — supplémentaires.
Si la tendance actuelle se poursuit jusqu’en 2027, le marché montréalais pourrait devenir encore plus favorable aux acheteurs.