Immobilier au Canada : les ventes chutent de 5,3 %, mais le marché commence à changer de visage
Le marché immobilier canadien vient d’envoyer un nouveau signal de ralentissement.
En juillet, les ventes résidentielles ont reculé de 5,3 % par rapport à juillet 2025, selon les plus récentes données de l’Association canadienne de l’immobilier.
Au total, 43 578 propriétés ont changé de mains pendant le mois.
Mais derrière cette baisse annuelle se cache une situation beaucoup plus nuancée : comparativement à juin, les ventes ont légèrement remonté, les prix se sont stabilisés et plusieurs marchés autrefois très favorables aux vendeurs commencent maintenant à se calmer.
Autrement dit, le rapport de force entre acheteurs et vendeurs est peut-être en train de changer.
Les ventes reculent fortement par rapport à l’an dernier
Le chiffre principal est difficile à ignorer.
Les ventes de propriétés ont diminué de 5,3 % sur un an.
Cette baisse montre que les Canadiens demeurent prudents devant les prix élevés, les taux hypothécaires encore importants et l’incertitude économique.
Pour plusieurs ménages, acheter une propriété représente toujours un engagement financier énorme.
Et même lorsqu’un acheteur aimerait passer à l’action, les chiffres ne fonctionnent tout simplement pas toujours dans son budget.
Mais d’un mois à l’autre, le marché résiste
La situation n’est toutefois pas celle d’un marché en chute libre.
Après ajustement pour tenir compte des variations saisonnières, les ventes ont en réalité augmenté de 0,5 % par rapport à juin.
Ce léger rebond suggère que le marché pourrait commencer à trouver un certain équilibre.
Les ventes progressent un peu.
Les nouvelles inscriptions diminuent.
Et les prix restent relativement stables à l’échelle nationale.
Le marché ralentit donc, mais il ne s’effondre pas.
Les marchés de vendeurs commencent à perdre de leur puissance
C’est probablement l’un des changements les plus importants à surveiller.
Pendant plusieurs années, de nombreuses régions canadiennes ont été clairement favorables aux vendeurs.
Il y avait peu de propriétés disponibles, beaucoup d’acheteurs et souvent plusieurs offres sur une même maison.
Cette situation commence maintenant à se normaliser.
La Saskatchewan, le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador restent encore légèrement favorables aux vendeurs.
Mais ailleurs au pays, le nombre de propriétés disponibles se rapproche progressivement des niveaux historiques.
Au Québec, le marché commence lui aussi à se calmer
Le Québec fait partie des régions où plusieurs marchés autrefois très favorables aux vendeurs ont commencé à se refroidir au cours de la dernière année.
Cela ne signifie pas nécessairement une chute des prix.
Mais cela peut signifier :
- moins de surenchères;
- plus de choix pour certains acheteurs;
- des propriétés qui restent un peu plus longtemps sur le marché;
- et davantage de négociation dans certaines transactions.
Pour les acheteurs québécois qui se sentaient complètement désavantagés il y a encore peu de temps, ce changement pourrait représenter un début de soulagement.
Le prix moyen reste autour de 675 000 $
Malgré le recul des ventes, les prix n’ont pas beaucoup bougé à l’échelle nationale.
Le prix moyen d’une propriété vendue en juillet atteignait environ 674 819 $.
C’est seulement 0,2 % de plus qu’un an auparavant.
Autrement dit, le marché affiche une stabilité presque complète sur ce plan.
Mais le prix moyen national peut être trompeur, car il est fortement influencé par les marchés les plus chers du pays.
L’indice des prix raconte une histoire différente
L’indice des prix des propriétés de l’Association canadienne de l’immobilier, qui tente de mesurer l’évolution d’une propriété représentative plutôt que simplement la moyenne des transactions, donne un portrait un peu différent.
Il a progressé de seulement 0,1 % par rapport à juin.
Mais comparativement à juillet 2025, il affiche une baisse de 3,3 %.
Voilà un signe clair que les valeurs immobilières ont effectivement reculé dans certaines parties du pays.
Ontario et Colombie-Britannique en recul, le reste du pays continue de monter
Les différences régionales sont maintenant très importantes.
Comparativement à l’année dernière, les prix ont diminué en :
- Ontario;
- Colombie-Britannique.
Mais ils ont augmenté dans toutes les autres régions du pays.
Le Canada vit donc actuellement deux marchés immobiliers très différents.
Dans certains grands centres coûteux, les prix corrigent.
Ailleurs, notamment dans plusieurs marchés plus abordables, les prix continuent de progresser.
Moins de nouvelles propriétés arrivent sur le marché
Autre élément à surveiller : les nouvelles inscriptions ont diminué de 1,6 % en juillet par rapport à juin.
C’est le troisième mois consécutif de baisse.
Moins de nouvelles propriétés à vendre peut empêcher les prix de diminuer davantage.
Si les ventes restent relativement stables alors que moins de propriétaires mettent leur maison sur le marché, l’offre disponible peut rapidement se resserrer.
Et lorsque l’offre diminue, le pouvoir de négociation des acheteurs peut disparaître aussi rapidement qu’il est apparu.
Plus de 205 000 propriétés étaient à vendre au Canada
À la fin de juillet, environ 205 388 propriétés étaient disponibles sur le marché canadien.
C’est seulement 0,6 % de plus qu’un an auparavant.
Et surtout, ce nombre se situe à peine 1,5 % au-dessus de la moyenne historique pour cette période de l’année.
Ce chiffre est important parce qu’il montre que le marché n’est pas submergé par les propriétés à vendre.
L’inventaire est revenu près de la normale — pas dans une situation de surplus massif.
Bonne nouvelle pour les acheteurs? Oui… mais avec prudence
Pour quelqu’un qui souhaite acheter, le marché actuel peut être plus intéressant qu’il y a quelques années.
Dans plusieurs régions, la compétition a diminué.
Les prix sont plus stables.
Certains vendeurs doivent faire preuve de davantage de flexibilité.
Mais cela ne signifie pas que les propriétés sont devenues abordables.
Les prix restent élevés et les paiements hypothécaires peuvent encore représenter une part énorme du revenu familial.
Le marché est plus équilibré. Il n’est pas nécessairement bon marché.
Pour les vendeurs, l’époque des ventes faciles pourrait s’éloigner
Dans un marché où l’offre et la demande se rapprochent de l’équilibre, les vendeurs doivent eux aussi ajuster leurs attentes.
Une propriété affichée trop cher peut rester sur le marché beaucoup plus longtemps.
Les acheteurs disposent souvent de plus de comparables et peuvent être moins pressés.
La présentation de la propriété, le prix demandé et la stratégie de mise en marché deviennent donc encore plus importants.
L’époque où presque n’importe quelle propriété se vendait rapidement grâce à une compétition féroce entre acheteurs semble s’éloigner dans plusieurs régions.
Le Québec pourrait devenir particulièrement intéressant à surveiller
Le Québec se trouve dans une position particulière.
Le marché s’est refroidi suffisamment pour réduire l’avantage des vendeurs, mais les prix continuent de progresser dans plusieurs secteurs.
Pour les acheteurs, cela crée une situation délicate.
Attendre pourrait donner davantage de choix ou de pouvoir de négociation.
Mais si l’offre reste limitée et que les prix continuent de monter, attendre trop longtemps pourrait aussi coûter plus cher.
Le marché devient donc beaucoup plus local : ce qui est vrai à Toronto ou Vancouver ne l’est pas nécessairement à Montréal, Québec, Laval ou ailleurs dans la province.
Le vrai changement : le marché canadien revient vers l’équilibre
La baisse annuelle de 5,3 % des ventes attire naturellement l’attention.
Mais le changement le plus important est peut-être ailleurs.
Après des années de marchés extrêmes, plusieurs régions canadiennes reviennent progressivement vers une situation plus normale.
Moins de surchauffe.
Plus d’équilibre entre l’offre et la demande.
Des prix qui cessent parfois de grimper à toute vitesse.
Et des acheteurs qui retrouvent un peu de pouvoir.
Pour la première fois depuis longtemps, le marché immobilier canadien ne semble plus avancer dans une seule direction.
Et c’est précisément ce qui rend les prochains mois particulièrement importants : si les ventes repartent pendant que les nouvelles inscriptions continuent de diminuer, l’équilibre actuel pourrait être fragile.
Le calme revient peut-être sur le marché immobilier. Mais il pourrait être beaucoup plus temporaire qu’on ne le pense.