Immobilier : les acheteurs sont prêts à tout changer pour réussir à devenir propriétaire
Le rêve de devenir propriétaire est toujours bien vivant au Canada. Mais pour y arriver, de plus en plus d’acheteurs acceptent maintenant de faire des compromis importants sur leur quartier, leur maison… et même leur mode de vie.
Selon un sondage de Re/Max, 65 % des acheteurs seraient prêts à faire au moins une concession pour obtenir une propriété plus grande ou mieux adaptée à leurs besoins.
Autrement dit, beaucoup ne renoncent pas à acheter. Ils changent simplement leur stratégie.
Quitter la ville pour acheter plus grand
Parmi les compromis envisagés, plusieurs acheteurs sont prêts à s’éloigner des centres-villes ou à choisir une propriété plus ancienne nécessitant des rénovations.
63 % des répondants seraient prêts à déménager pour trouver mieux, et près de la moitié accepteraient de s’installer jusqu’à une heure de route de leur résidence actuelle.
Cette tendance pourrait continuer à soutenir les marchés de banlieue et les régions plus abordables, surtout si les grandes villes restent trop chères.
Le ralentissement du marché redonne du pouvoir aux acheteurs
Cette nouvelle flexibilité arrive au moment où le marché immobilier ralentit.
Selon Re/Max, les ventes ont diminué sur 81 % des marchés analysés au premier semestre.
En parallèle, davantage de propriétés sont disponibles dans plusieurs régions.
Résultat : 32 % des marchés seraient maintenant favorables aux acheteurs, contre seulement 15,2 % un an plus tôt.
Les acheteurs ont donc davantage de temps pour comparer, négocier et réfléchir avant de faire une offre.
Mais les compromis deviennent aussi financiers
Le signal le plus inquiétant est peut-être ailleurs.
Pour réussir à acheter, plusieurs ménages sont prêts à sacrifier une partie importante de leur budget.
41 % réduiraient leurs dépenses discrétionnaires, comme les voyages et les restaurants.
24 % accepteraient d’allonger la durée de leur hypothèque.
Et 17 % seraient même prêts à prendre un deuxième emploi ou à retarder leur retraite et leurs projets d’épargne.
Devenir propriétaire reste donc une priorité, mais pour certains, le prix à payer dépasse largement le montant de l’hypothèque.
Quel impact sur les hypothèques?
Allonger l’amortissement peut réduire le paiement mensuel et permettre à certains acheteurs de mieux respirer.
Mais il y a un revers important : plus l’hypothèque est étalée longtemps, plus le montant total d’intérêts payé augmente.
Un paiement plus faible aujourd’hui peut donc signifier une dette qui disparaît beaucoup plus lentement.
Et si les acheteurs doivent déjà couper dans leurs dépenses ou trouver une deuxième source de revenus simplement pour se qualifier, leur budget peut devenir beaucoup plus vulnérable à une hausse de taux ou à une perte de revenu.
Quel impact sur le marché immobilier?
Le ralentissement des ventes et la hausse de l’offre pourraient continuer à favoriser les acheteurs.
Mais leur volonté de faire des compromis montre aussi que la demande n’a pas disparu.
Les acheteurs sont toujours là — ils cherchent simplement plus loin, plus petit, plus ancien ou autrement.
Cette demande pourrait soutenir les prix dans les régions plus abordables, tandis que les secteurs chers ou les propriétés trop ambitieusement évaluées pourraient subir davantage de pression.
La conclusion : les acheteurs n’abandonnent pas, ils s’adaptent
Le marché immobilier n’est pas devenu facile. Il est simplement devenu différent.
Avec davantage de choix et moins de compétition, les acheteurs reprennent du pouvoir.
Mais pour réussir à acheter, plusieurs acceptent désormais de changer de quartier, d’acheter une propriété différente, de réduire leurs dépenses ou de prolonger leur dette.
Le véritable risque est donc clair : dans la course à la propriété, certains ménages pourraient réussir à acheter une maison… mais au prix d’un budget beaucoup plus fragile pour les années suivantes.