L’assurance habitation coûte beaucoup plus cher qu’avant : pourquoi les propriétaires québécois doivent s’en préoccuper
Finances2 July 20269 min de lecture

L’assurance habitation coûte beaucoup plus cher qu’avant : pourquoi les propriétaires québécois doivent s’en préoccuper

Finances

L’assurance habitation coûte beaucoup plus cher qu’avant : pourquoi les propriétaires québécois doivent s’en préoccuper

2 July 20269 min de lecture

Assurer une maison coûte de plus en plus cher au Canada. Selon une étude de Statistique Canada, les primes d’assurance habitation ont fortement augmenté au cours des 20 dernières années, surtout dans les provinces plus exposées aux événements météo extrêmes.

L’exemple le plus frappant vient de l’Alberta, où les primes d’assurance habitation ont presque quadruplé entre 2005 et 2025. Cette province a été durement touchée par des tempêtes de grêle, des feux de forêt et d’autres événements climatiques coûteux.

Au Québec, la situation est différente, mais la tendance doit tout de même être prise au sérieux. Les propriétaires font aussi face à des hausses de primes, à des risques d’inondation, à des refoulements d’égout, à des pluies intenses et à des coûts de reconstruction beaucoup plus élevés qu’avant.

Pourquoi les assurances augmentent-elles?

Une assurance habitation fonctionne un peu comme un grand fonds commun. Tous les assurés paient une prime, et cet argent sert à indemniser ceux qui subissent des dommages.

Publicité
250 × 250

Lorsque les sinistres deviennent plus fréquents et plus coûteux, les assureurs doivent payer davantage. Avec le temps, cette pression se reflète dans les primes que les propriétaires paient au renouvellement.

Les principales raisons des hausses sont assez simples :

  • les événements météo extrêmes sont plus fréquents;
  • les dommages causés par l’eau coûtent plus cher;
  • les matériaux de construction ont beaucoup augmenté;
  • la main-d’œuvre coûte plus cher;
  • les assureurs paient plus cher pour se protéger eux-mêmes contre les gros risques;
  • certaines régions sont maintenant considérées plus risquées qu’avant.

Le coût de reconstruction a beaucoup augmenté

Un élément important est souvent oublié : l’assurance ne regarde pas seulement la valeur marchande de la maison. Elle regarde aussi combien il coûterait pour la reconstruire après un gros sinistre.

Selon les données mentionnées dans l’étude de Statistique Canada, les coûts de construction résidentielle ont fortement augmenté depuis 2019. Cela signifie qu’une maison qui coûtait beaucoup moins cher à reconstruire il y a quelques années peut maintenant coûter beaucoup plus cher à remettre en état.

Pour les propriétaires, cela peut avoir deux conséquences. Premièrement, la prime d’assurance peut augmenter. Deuxièmement, si le montant de protection n’a pas été ajusté, la maison pourrait être sous-assurée.

Être sous-assuré signifie que la protection prévue au contrat pourrait ne pas suffire pour couvrir la reconstruction ou les réparations majeures après un sinistre.

Pourquoi un propriétaire sans réclamation peut quand même payer plus cher?

Plusieurs propriétaires se demandent pourquoi leur prime augmente même s’ils n’ont jamais fait de réclamation.

La réponse vient du fonctionnement même de l’assurance. Les risques sont partagés entre plusieurs assurés. Si les réclamations augmentent dans une région ou dans une province, les coûts peuvent être répartis sur l’ensemble des clients.

Autrement dit, même un propriétaire prudent, qui entretient bien sa maison et qui n’a jamais eu de dégât, peut voir sa prime augmenter parce que le risque général devient plus coûteux pour les assureurs.

Au Québec, l’eau est un risque majeur

Pour les propriétaires québécois, le risque le plus important n’est pas toujours le feu ou le vent. Très souvent, c’est l’eau.

Les fortes pluies, les refoulements d’égout, les infiltrations, les sous-sols inondés et les problèmes de drainage peuvent causer des dommages très coûteux.

À Montréal, Laval, Longueuil, sur la Rive-Nord, sur la Rive-Sud et dans plusieurs municipalités du Québec, les pluies intenses peuvent rapidement surcharger les réseaux municipaux. Un sous-sol fini peut alors devenir très vulnérable.

Un dégât d’eau peut endommager les planchers, les murs, les meubles, les électroménagers, le système électrique et les biens personnels. Dans certains cas, il faut aussi décontaminer et reconstruire une partie du sous-sol.

Attention : toutes les protections contre l’eau ne sont pas incluses

Beaucoup de propriétaires pensent que leur assurance habitation couvre automatiquement tous les dégâts d’eau. Ce n’est pas toujours le cas.

Au Québec, certaines protections doivent souvent être ajoutées séparément au contrat. C’est le cas notamment de la protection contre le refoulement d’égout et de la protection contre l’eau qui entre par l’extérieur lors d’une forte pluie ou d’une accumulation d’eau au sol.

Ces protections peuvent faire une énorme différence. Sans elles, une partie importante des dommages pourrait ne pas être couverte.

Avant le prochain renouvellement, les propriétaires devraient demander clairement à leur assureur :

  • Suis-je couvert contre le refoulement d’égout?
  • Suis-je couvert si l’eau entre par une porte, une fenêtre ou une fissure au niveau du sol?
  • Ma pompe de puisard est-elle couverte?
  • Quel est le montant maximal payable en cas de dégât d’eau?
  • Y a-t-il des exclusions pour ma zone?
  • Ma franchise est-elle raisonnable?

Les zones à risque peuvent coûter plus cher à assurer

Les assureurs regardent de plus en plus l’emplacement exact des propriétés. Une maison située près d’un cours d’eau, dans un secteur sujet aux refoulements ou dans une zone où les sinistres sont fréquents peut coûter plus cher à assurer.

Dans certains cas, la protection peut être offerte avec une limite plus basse ou une prime plus élevée. Dans d’autres cas, certains assureurs peuvent être moins intéressés à couvrir une propriété jugée trop risquée.

Pour les acheteurs, cela devient un point important à vérifier avant d’acheter une maison. Le coût de l’assurance fait partie du vrai coût de propriété.

L’assurance devient un élément important dans une transaction immobilière

Dans le marché immobilier québécois, les acheteurs regardent souvent le prix d’achat, le taux hypothécaire, les taxes municipales et les frais de notaire. Mais l’assurance habitation mérite aussi une place importante dans le calcul.

Une maison peut sembler abordable au départ, mais si elle est située dans un secteur plus risqué ou si elle demande une protection plus coûteuse, le budget mensuel peut changer.

Avant d’acheter, il est prudent de demander une soumission d’assurance. Cela permet de savoir si la propriété est facile à assurer, combien la prime pourrait coûter et quelles protections sont disponibles.

Les propriétaires doivent vérifier la valeur assurée

Avec la hausse des coûts de construction, il est important de vérifier si le montant d’assurance est encore réaliste.

Le montant assuré doit permettre de reconstruire la maison en cas de sinistre majeur. Il ne faut pas seulement regarder le prix payé pour la propriété ou l’évaluation municipale.

Une maison achetée 500 000 $ ne coûte pas nécessairement 500 000 $ à reconstruire. Le coût dépend des matériaux, de la main-d’œuvre, du type de construction, des normes actuelles et de plusieurs autres facteurs.

Si le montant de protection est trop bas, le propriétaire pourrait découvrir le problème au pire moment : après un sinistre.

Comment réduire le risque et parfois la prime?

Il n’est pas toujours possible d’éviter une hausse d’assurance. Mais certains gestes peuvent aider à réduire le risque et, dans certains cas, améliorer le dossier auprès de l’assureur.

Les propriétaires peuvent notamment :

  • installer un clapet antiretour;
  • entretenir la pompe de puisard;
  • installer une pompe de secours ou une batterie de secours;
  • améliorer le drainage autour de la maison;
  • nettoyer les gouttières;
  • éloigner l’eau des fondations;
  • installer des détecteurs d’eau au sous-sol;
  • mettre les biens de valeur en hauteur;
  • faire réparer rapidement les fissures visibles;
  • vérifier régulièrement l’état de la toiture.

Certains assureurs peuvent aussi offrir des rabais pour des mesures de prévention, comme un système d’alarme surveillé, un détecteur d’eau connecté ou certains équipements de protection contre les refoulements.

Magasiner son assurance peut faire une différence

Les primes peuvent varier d’un assureur à l’autre. Il peut donc être utile de comparer les offres tous les un ou deux ans, surtout lorsque la prime augmente fortement au renouvellement.

Il ne faut toutefois pas choisir uniquement le prix le plus bas. Une assurance moins chère peut aussi offrir moins de protection, des limites plus basses ou des exclusions importantes.

Le bon choix est souvent celui qui offre un équilibre entre le prix, les protections, les franchises et les limites de remboursement.

Ce que les copropriétaires doivent aussi vérifier

Les propriétaires de condos ne sont pas exclus de cette réalité. En copropriété, il y a généralement une assurance pour l’immeuble, mais chaque copropriétaire doit aussi avoir sa propre assurance personnelle.

Il est important de vérifier :

  • la protection pour les améliorations apportées à l’unité;
  • la responsabilité civile;
  • les biens personnels;
  • la franchise de la copropriété;
  • les protections contre l’eau;
  • les cotisations spéciales possibles après un sinistre.

Dans certains immeubles, les franchises d’assurance de la copropriété peuvent être très élevées, surtout pour les dégâts d’eau. Cela peut avoir un impact direct sur les copropriétaires.

Ce qu’il faut retenir

L’étude de Statistique Canada montre que l’assurance habitation est devenue beaucoup plus coûteuse au Canada, en grande partie à cause des événements météo extrêmes, des coûts de reconstruction et de la hausse des risques liés à l’eau, au feu et aux tempêtes.

Au Québec, les propriétaires doivent surtout porter attention aux protections contre l’eau, aux refoulements d’égout, à la valeur de reconstruction et aux exclusions de leur contrat.

Avant de renouveler son assurance ou d’acheter une propriété, il est important de poser les bonnes questions. Une prime plus basse n’est pas toujours une meilleure protection, et une mauvaise surprise peut coûter très cher après un sinistre.

Dans le marché actuel, bien assurer sa propriété n’est plus un simple détail administratif. C’est une partie essentielle de la protection financière d’un ménage.

Partager : Facebook X LinkedIn WhatsApp Courriel

Inscrivez-vous à notre infolettre

Un résumé des dernières nouvelles immobilières et hypothécaires du Québec, envoyé trois fois par semaine.

Publicité
250 × 250