Les nouveaux arrivants achètent des propriétés plus rapidement qu’auparavant
Alors que la croissance démographique ralentit au Canada et que plusieurs gouvernements resserrent leurs politiques d’immigration temporaire, une récente étude de Statistique Canada met en lumière une tendance importante pour le marché immobilier : les nouveaux arrivants qui s’établissent au pays deviennent propriétaires plus rapidement qu’auparavant.
Cette réalité pourrait continuer d’influencer le marché résidentiel québécois dans les années à venir, particulièrement dans les grands centres comme Montréal, Laval, Longueuil et plusieurs villes de la couronne nord et sud.
L’accession à la propriété demeure un objectif important
Contrairement à certaines perceptions, l’achat d’une propriété demeure une priorité pour une grande partie des nouveaux arrivants.
Selon les données de Statistique Canada, plusieurs immigrants passent d’abord quelques années sur le marché locatif avant d’acheter une résidence. Cette période leur permet généralement de bâtir leur dossier de crédit, de stabiliser leur situation professionnelle et d’accumuler une mise de fonds.
Une fois cette étape franchie, plusieurs accèdent rapidement à la propriété, parfois plus vite que les générations précédentes d’immigrants.
Le Québec continue d’attirer de nouveaux acheteurs
Dans le contexte québécois, cette tendance demeure particulièrement importante.
Même si la croissance de la population ralentit depuis quelques mois, l’immigration continue de jouer un rôle majeur dans la demande de logements et de propriétés.
Chaque année, des milliers de nouveaux ménages s’installent dans la province et cherchent d’abord un logement locatif avant d’envisager l’achat d’une maison, d’un condo ou d’un plex.
Cette transition progressive contribue à soutenir l’activité immobilière, même dans un contexte économique plus incertain.
Un marché qui reste accessible… mais exigeant
L’étude montre également que plusieurs nouveaux propriétaires immigrants achètent malgré des défis financiers importants.
Dans plusieurs cas, leur revenu est inférieur à celui des acheteurs nés au Canada lorsqu’ils réalisent leur première acquisition.
Pour y parvenir, ils ont souvent recours à des hypothèques plus importantes et consacrent une plus grande part de leur budget au logement.
Autrement dit, l’accès à la propriété demeure possible, mais il exige souvent davantage d’efforts financiers.
Des effets visibles sur le marché montréalais
Dans la région métropolitaine de Montréal, l’immigration demeure l’un des principaux moteurs de la demande résidentielle.
Au cours des dernières années, l’arrivée de nouveaux résidents a contribué à soutenir :
- la demande de logements locatifs;
- les ventes de copropriétés;
- l’achat de propriétés unifamiliales en périphérie;
- le développement de nouveaux quartiers résidentiels.
Plusieurs secteurs de Laval, de la Rive-Nord et de la Rive-Sud ont d’ailleurs connu une forte croissance grâce à l’arrivée de nouveaux ménages cherchant plus d’espace et une meilleure accessibilité financière que sur l’île de Montréal.
Un changement démographique à surveiller
La situation pourrait toutefois évoluer au cours des prochaines années.
Le Canada connaît actuellement un ralentissement démographique important. Pour la première fois depuis plusieurs décennies, la population nationale a même enregistré plusieurs trimestres consécutifs de recul.
Cette nouvelle réalité pourrait réduire graduellement la pression exercée sur le marché immobilier.
Moins de nouveaux ménages signifie généralement moins de concurrence pour les logements et une croissance plus modérée des prix et des loyers.
Cependant, les besoins demeurent élevés au Québec, particulièrement dans les grands centres urbains où l’offre de logements continue de manquer.
Un facteur clé pour les prochaines années
Pour les courtiers immobiliers, les promoteurs et les investisseurs, l’évolution de l’immigration continuera de représenter un indicateur majeur à surveiller.
Les nouveaux arrivants contribuent non seulement à la croissance de la population, mais également à la vitalité du marché résidentiel à long terme.
Leur parcours suit souvent un schéma prévisible : location, intégration au marché du travail, amélioration de la situation financière puis achat d’une première propriété.
Cette progression alimente la demande dans plusieurs segments du marché immobilier québécois.
Vers un marché plus équilibré?
La combinaison d’un ralentissement démographique et d’une construction résidentielle qui demeure soutenue pourrait contribuer à rééquilibrer graduellement le marché au cours des prochaines années.
Pour les acheteurs, cela pourrait signifier davantage de choix et moins de pression lors des négociations.
Pour les vendeurs, le marché pourrait devenir un peu moins frénétique qu’au cours des dernières années, tout en demeurant soutenu par les besoins réels en habitation.
Une chose demeure certaine : malgré les changements démographiques en cours, l’accès à la propriété continue de représenter un objectif important pour de nombreux nouveaux arrivants, ce qui devrait continuer à influencer le marché immobilier québécois pendant encore plusieurs années.
Source : Étude de Statistique Canada sur l’accession à la propriété des immigrants admis entre 2017 et 2021.
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