Taux d’intérêt : la Banque du Canada refroidit les espoirs d’une baisse rapide
Actualité hypothécaire3 September 20265 min de lecture

Taux d’intérêt : la Banque du Canada refroidit les espoirs d’une baisse rapide

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Taux d’intérêt : la Banque du Canada refroidit les espoirs d’une baisse rapide

3 September 20265 min de lecture

Ceux qui espéraient voir les taux d’intérêt diminuer prochainement risquent d’être déçus. La Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,25 %, alors que l’inflation demeure élevée et que l’économie canadienne montre plus de vigueur que prévu.

Pour les propriétaires, les acheteurs et surtout les ménages qui devront bientôt renouveler leur hypothèque, le message est important : les taux pourraient rester élevés plus longtemps qu’espéré.

Et si les prix continuent de grimper sous l’effet de l’énergie, des tarifs douaniers et des tensions commerciales, la possibilité d’une nouvelle hausse des taux pourrait même revenir dans les discussions.

Le taux directeur reste bloqué à 2,25 %

La Banque du Canada a décidé de laisser son principal taux d’intérêt à 2,25 %, un niveau qui n’a pas changé depuis plusieurs mois.

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Cette décision était largement attendue par les marchés financiers. Mais ce qui retient surtout l’attention, c’est la raison invoquée par la banque centrale : l’économie résiste mieux que prévu et l’inflation reste trop élevée pour déclarer victoire.

Autrement dit, la Banque du Canada ne semble pas pressée de réduire davantage les taux.

Pour une famille qui souhaite acheter une propriété au Québec ou renouveler une hypothèque dans les prochains mois, cela signifie que les coûts d’emprunt pourraient demeurer relativement élevés encore un certain temps.

Une économie plus forte que prévu change la donne

La croissance économique canadienne a surpris au deuxième trimestre, avec une progression annualisée d’environ 3,3 %.

La consommation, les exportations et les investissements des entreprises ont contribué à cette croissance. La banque centrale évoque également une certaine reprise de l’activité immobilière.

Cette vigueur économique peut sembler être une excellente nouvelle. Mais pour les taux d’intérêt, elle peut avoir un effet beaucoup moins agréable.

Lorsque l’économie tourne trop rapidement, les prix risquent de continuer à augmenter. Et lorsque l’inflation refuse de descendre, la Banque du Canada a beaucoup moins de raisons de réduire ses taux.

L’inflation à 3 % recommence à inquiéter

C’est probablement le chiffre que les propriétaires et futurs acheteurs devraient surveiller de plus près : l’inflation tourne actuellement autour de 3 %.

Une partie importante de cette hausse provient des prix de l’énergie. Cela pourrait sembler temporaire, mais le problème est que l’énergie entre dans presque tout : transport des marchandises, construction, agriculture, fabrication et livraison.

Lorsque l’essence, le carburant et l’électricité coûtent plus cher, les entreprises finissent souvent par payer davantage pour produire et transporter leurs produits. Une partie de cette facture peut ensuite être transférée aux consommateurs.

C’est exactement le genre de réaction en chaîne que la Banque du Canada veut éviter.

Une baisse des taux bientôt? De moins en moins certain

Depuis plusieurs mois, de nombreux emprunteurs espèrent qu’une baisse graduelle des taux leur donnera bientôt un peu d’air.

Mais les nouvelles données compliquent sérieusement ce scénario.

Avec une croissance économique supérieure aux attentes et une inflation encore proche de 3 %, la banque centrale dispose de peu d’arguments pour accélérer les réductions de taux.

Et si l’inflation recommence véritablement à s’accélérer, le scénario pourrait devenir encore plus inconfortable : les discussions pourraient éventuellement passer de « quand les taux vont-ils baisser? » à « pourraient-ils remonter? »

Les tarifs douaniers ajoutent un nouveau danger

Un autre nuage se forme au-dessus de l’économie canadienne : les tensions commerciales avec les États-Unis.

De nouveaux tarifs américains touchent maintenant une partie des exportations canadiennes, tandis que le Canada prépare ou applique à son tour des mesures sur certains produits américains.

Pour les consommateurs, cela peut sembler très éloigné de leur quotidien. Pourtant, les conséquences peuvent rapidement se retrouver dans leur portefeuille.

Les entreprises qui doivent payer davantage pour importer des matériaux, des pièces ou des produits peuvent augmenter leurs prix. Certaines peuvent également retarder leurs investissements ou leurs embauches en attendant de voir comment la situation évoluera.

Résultat : les tarifs peuvent simultanément ralentir l’économie et pousser certains prix vers le haut. Une combinaison particulièrement difficile pour une banque centrale.

Le marché immobilier pourrait ressentir directement le choc

Pour le marché immobilier québécois, la décision de maintenir le taux directeur est loin d’être anodine.

Les taux hypothécaires ne suivent pas automatiquement le taux directeur au jour le jour, mais les décisions et les attentes entourant la Banque du Canada influencent directement le coût du crédit.

Des taux qui restent élevés plus longtemps peuvent réduire le pouvoir d’achat des acheteurs, limiter le montant qu’une famille peut emprunter et compliquer les renouvellements hypothécaires.

À Montréal, Laval et dans plusieurs régions du Québec où les prix des propriétés demeurent élevés, quelques centaines de dollars supplémentaires par mois peuvent suffire à faire dérailler un projet d’achat.

Le prochain combat se jouera sur les prix

La Banque du Canada se retrouve donc devant un équilibre extrêmement délicat.

D’un côté, l’économie semble plus solide que prévu. De l’autre, les tensions commerciales pourraient freiner les investissements et l’emploi. Entre les deux, l’inflation refuse encore de revenir confortablement vers la cible souhaitée.

Pour les ménages, le message est clair : il serait risqué de bâtir un budget en supposant que les taux hypothécaires vont rapidement chuter.

Les prochains chiffres sur l’inflation, l’emploi, la consommation et les conséquences des nouveaux tarifs douaniers pourraient complètement changer la trajectoire des taux.

Après des mois d’espoir de voir le crédit devenir moins cher, le scénario vient de se compliquer sérieusement. Et pour les propriétaires qui doivent renouveler leur hypothèque prochainement, chaque prochaine décision de la Banque du Canada devient encore plus importante.

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