Les Canadiens empruntent moins pour acheter une maison, mais leurs dettes continuent d’augmenter
Actualité hypothécaire12 June 20265 min de lecture

Les Canadiens empruntent moins pour acheter une maison, mais leurs dettes continuent d’augmenter

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Les Canadiens empruntent moins pour acheter une maison, mais leurs dettes continuent d’augmenter

12 June 20265 min de lecture

Les ménages canadiens semblent ralentir leurs achats immobiliers, mais cela ne signifie pas pour autant que leur niveau d’endettement diminue. Selon les plus récentes données publiées par Statistique Canada, les prêts hypothécaires progressent à leur rythme le plus lent depuis deux ans, tandis que les autres formes de crédit continuent de gagner du terrain.

Cette situation démontre que plusieurs familles demeurent sous pression financière malgré la stabilisation récente des taux d’intérêt.

Moins d’hypothèques, mais davantage de crédit

Au cours du premier trimestre de 2026, les Canadiens ont emprunté un total de 35,5 milliards de dollars supplémentaires. Bien que ce chiffre soit en hausse par rapport à la fin de 2025, la croissance ne provient plus principalement du marché immobilier.

Les nouveaux prêts hypothécaires ont ralenti de façon importante. Les emprunts liés à l’achat de propriétés ont totalisé 22,6 milliards de dollars, soit le niveau le plus faible observé depuis le début de 2024.

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À l’inverse, les prêts personnels, les marges de crédit et les cartes de crédit ont continué d’augmenter. En d’autres mots, plusieurs ménages empruntent moins pour acheter une maison, mais davantage pour financer leurs dépenses courantes ou d’autres projets.

Le marché immobilier marque une pause

Ce ralentissement des prêts hypothécaires n’est pas surprenant. Le début de l’année 2026 a été plus calme sur le marché immobilier canadien.

Les reventes de propriétés ont diminué et plusieurs acheteurs ont choisi d’attendre avant de passer à l’action. Les taux d’intérêt, bien qu’en baisse par rapport aux sommets récents, demeurent plus élevés que ceux observés pendant la pandémie.

Cette prudence se reflète dans le nombre de nouvelles hypothèques accordées par les institutions financières.

Malgré cela, la valeur globale de l’immobilier résidentiel détenu par les ménages a continué d’augmenter. Au premier trimestre, elle a progressé de 1,3 % pour atteindre environ 8 470 milliards de dollars.

Les prix des propriétés restent relativement solides

Même si les ventes ont ralenti dans plusieurs régions, les prix des propriétés ont continué de montrer une certaine résistance.

L’Indice des prix des propriétés MLS® a enregistré une hausse de 0,7 % au cours des trois premiers mois de l’année.

Le portrait varie toutefois selon les marchés. Certains segments, notamment les copropriétés dans les grands centres urbains, continuent de faire face à davantage de pression.

Dans certaines grandes villes canadiennes, les prix des condos ont reculé au cours de la dernière année en raison d’une offre plus abondante et d’une demande plus prudente.

Les dettes augmentent plus vite que les revenus

L’un des constats les plus importants du rapport de Statistique Canada concerne l’écart qui continue de se creuser entre les revenus et les dettes des ménages.

Pour un sixième trimestre consécutif, l’endettement a progressé plus rapidement que les revenus disponibles.

Le ratio dette-revenu a atteint 179,6 %. Concrètement, cela signifie que les ménages canadiens détiennent en moyenne environ 1,80 $ de dette pour chaque dollar de revenu disponible après impôts.

Bien que ce niveau demeure inférieur aux records observés en 2022, il démontre que plusieurs familles continuent de dépendre du crédit pour soutenir leur budget.

Le coût des paiements continue de grimper

Au-delà du montant total des dettes, les paiements mensuels occupent une place de plus en plus importante dans le budget des ménages.

Selon Statistique Canada, près de 14,8 % du revenu disponible est maintenant consacré au remboursement des dettes, incluant le capital et les intérêts.

Cette proportion a légèrement augmenté au début de 2026 après deux trimestres de recul.

Les intérêts payés sur les hypothèques ont également recommencé à augmenter, ce qui pourrait représenter un défi supplémentaire pour les propriétaires qui approchent de leur renouvellement hypothécaire.

Moins d’épargne, plus de pression financière

Le rapport révèle également que les Canadiens mettent moins d’argent de côté.

Le taux d’épargne des ménages est tombé à 3,5 %, son niveau le plus faible depuis le début de 2024. Cette baisse suggère que plusieurs familles utilisent une plus grande part de leurs revenus pour couvrir leurs dépenses courantes et leurs paiements de dettes.

Lorsque les coûts de logement, d’alimentation, de transport et d’assurance augmentent simultanément, il devient plus difficile de conserver une marge de sécurité financière.

Faut-il s’inquiéter?

Pour le moment, les données ne montrent pas de signes de crise imminente. Les revenus continuent de progresser, la valeur nette des ménages demeure élevée et plusieurs propriétaires bénéficient encore de la hausse de valeur de leur propriété.

Toutefois, la combinaison d’un endettement élevé, d’une épargne plus faible et de paiements mensuels en hausse mérite d’être surveillée de près.

Les prochains mois seront particulièrement importants alors que de nombreux propriétaires devront renouveler leur hypothèque dans un environnement où les coûts d’emprunt demeurent plus élevés qu’il y a quelques années.

Selon Statistique Canada, le portrait actuel montre donc des ménages encore relativement résilients, mais qui disposent de moins en moins de marge de manœuvre financière pour faire face aux imprévus.

Source : Statistique Canada, Comptes du bilan national des ménages, premier trimestre 2026.

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