Le logement est devenu une source majeure de stress financier pour les Québécois
Pour plusieurs années, la maison représentait un symbole de stabilité et de sécurité financière. Aujourd’hui, pour un nombre croissant de Québécois, elle est aussi devenue une importante source d’inquiétude.
Selon une récente étude réalisée par Léger pour Multi-Prêts Hypothèques, les coûts liés au logement exercent désormais une pression financière importante sur la majorité des ménages de la province.
Entre les versements hypothécaires, les loyers, les taxes, les assurances et l’augmentation générale du coût de la vie, plusieurs familles ont l’impression que leur budget est de plus en plus difficile à équilibrer.
Le logement pèse lourd sur les finances
L’étude révèle que 71 % des répondants considèrent aujourd’hui que les dépenses liées à leur domicile représentent un fardeau financier.
Cette statistique illustre à quel point le logement est devenu l’une des principales préoccupations économiques des ménages québécois.
Plus inquiétant encore, plus du tiers des répondants disent craindre de ne plus être capables d’assumer leurs coûts de logement si leur situation financière se détériore davantage.
Dans un contexte où les taux d’intérêt ont augmenté au cours des dernières années et où le coût de plusieurs biens essentiels demeure élevé, cette préoccupation touche désormais des ménages de tous les horizons.
Quand le logement force des sacrifices
Pour absorber la hausse des dépenses liées à l’habitation, de nombreux Québécois ont dû faire des choix difficiles.
Selon l’étude, 40 % des répondants affirment avoir réduit certaines dépenses afin de continuer à assumer leurs frais de logement.
Les premières catégories touchées sont souvent les dépenses considérées comme moins essentielles :
- Les loisirs;
- Les voyages;
- Les sorties et activités familiales.
Toutefois, les compressions ne s’arrêtent pas là.
Près de la moitié des personnes interrogées indiquent avoir réduit leur capacité d’épargne, tandis qu’un nombre important affirme avoir diminué certaines dépenses liées à l’alimentation.
Pour plusieurs experts, cette tendance est particulièrement préoccupante, puisqu’elle affecte non seulement le présent, mais aussi la sécurité financière future des ménages.
Les projets de rénovation sont mis sur pause
Les propriétaires sont également nombreux à revoir leurs projets d’amélioration résidentielle.
Les rénovations, les travaux d’entretien majeurs ou les projets de modernisation sont souvent reportés afin de préserver le budget familial.
Dans certains cas, même les dépenses liées au transport sont réduites afin de compenser l’augmentation des coûts de logement.
Cette situation illustre à quel point l’habitation occupe désormais une place dominante dans les finances personnelles de plusieurs familles.
L’accès à la propriété devient plus difficile
Les premiers acheteurs sont parmi les plus touchés par cette nouvelle réalité.
Pour de nombreux ménages qui rêvent d’acheter une première propriété, l’objectif demeure présent, mais le parcours semble de plus en plus complexe.
L’étude montre que près de trois acheteurs potentiels sur dix ont reporté leur projet immobilier au cours de la dernière année.
Chez les personnes qui souhaitent acheter leur première maison ou leur premier condo, cette proportion grimpe à près de sept sur dix.
Autrement dit, plusieurs Québécois continuent d’aspirer à devenir propriétaires, mais estiment que les conditions actuelles rendent cet objectif difficile à atteindre.
Des sacrifices importants pour devenir propriétaire
Pour plusieurs futurs acheteurs, accéder à la propriété implique aujourd’hui des compromis importants.
Certaines personnes prolongent leur période de location afin d’accumuler une mise de fonds plus importante. D’autres choisissent de modifier leur style de vie ou de revoir leurs attentes concernant le type de propriété qu’ils pourront acheter.
L’aide financière de la famille joue également un rôle de plus en plus important dans plusieurs projets d’achat résidentiel.
Cette réalité témoigne des défis auxquels fait face une nouvelle génération d’acheteurs qui doit composer avec des prix immobiliers élevés et des coûts d’emprunt plus importants qu’au cours de la dernière décennie.
Une pression qui dépasse le simple logement
Au-delà des chiffres, l’étude met en lumière un phénomène plus large : le logement influence désormais plusieurs décisions financières du quotidien.
Qu’il s’agisse d’épargner, de voyager, de consommer ou de planifier sa retraite, les coûts liés à l’habitation occupent une part grandissante du budget des ménages québécois.
Pour plusieurs familles, la question n’est plus seulement de savoir où vivre, mais aussi comment continuer à maintenir un équilibre financier dans un contexte économique exigeant.
Une réalité qui risque de perdurer
Bien que les marchés immobiliers aient montré certains signes de stabilisation au cours des derniers mois, le coût du logement demeure l’un des principaux enjeux financiers au Québec.
Les données de l’étude Léger et Multi-Prêts Hypothèques montrent que les ménages continuent d’adapter leurs habitudes de consommation afin de faire face à cette réalité.
Pour les propriétaires comme pour les locataires, le logement représente aujourd’hui bien plus qu’un simple toit : il est devenu l’un des facteurs les plus déterminants de la santé financière des ménages québécois.
Source : Étude Léger réalisée pour Multi-Prêts Hypothèques, mai 2026.