L’accès à la propriété s’améliore au Canada, mais le Québec reste sous pression
L’achat d’une propriété est devenu un peu moins difficile dans plusieurs grands marchés canadiens au début de 2026. Selon une étude de RBC, les coûts liés à la propriété ont diminué pour un autre trimestre, ce qui donne un peu d’air aux acheteurs.
Mais cette amélioration pourrait être limitée. Si les prix cessent de baisser et si les taux hypothécaires ne diminuent pas davantage, les acheteurs pourraient ne pas recevoir beaucoup plus de soulagement dans les prochains mois.
Que mesure l’étude de RBC?
L’indice d’abordabilité de RBC mesure la part du revenu d’un ménage moyen qui est nécessaire pour payer les coûts d’une propriété.
Ces coûts incluent généralement le paiement hypothécaire, les taxes et les autres dépenses de base liées à la propriété. Plus le pourcentage est élevé, plus l’achat est difficile pour un ménage moyen.
Au premier trimestre de 2026, l’indice national de RBC a diminué à 53 %. Cela signifie qu’un ménage moyen devait consacrer environ 53 % de son revenu avant impôt aux coûts de propriété.
C’est une amélioration par rapport aux derniers trimestres, et le meilleur niveau observé depuis environ quatre ans. Mais cela reste très élevé pour plusieurs ménages.
Une amélioration surtout dans les marchés qui ont corrigé
Les plus grandes améliorations ont été observées dans des marchés comme Vancouver et Toronto. Dans ces villes, les prix ont reculé dans certains segments, surtout du côté des condos.
Quand les prix baissent, les paiements hypothécaires peuvent devenir un peu plus faciles à absorber. Cela aide certains acheteurs à revenir sur le marché.
Mais même avec cette amélioration, Vancouver et Toronto demeurent parmi les marchés les moins abordables au pays. Le soulagement existe, mais il ne suffit pas à effacer complètement les fortes hausses de prix des dernières années.
Les condos offrent le plus de soulagement
Selon RBC, le marché des condos est celui où l’abordabilité s’est le plus améliorée au Canada.
Dans plusieurs grands centres, les prix des condos ont baissé ou se sont stabilisés davantage que les maisons unifamiliales. Cela a permis à certains acheteurs d’avoir accès à des paiements plus réalistes.
L’indice national d’abordabilité des condos se rapproche maintenant de son niveau d’avant la pandémie. Cela veut dire que, dans certains marchés, le condo redevient plus accessible qu’il ne l’était pendant la période de surchauffe.
Pour les premiers acheteurs, le condo demeure souvent une porte d’entrée vers la propriété. Mais au Québec, il faut aussi tenir compte des frais de condo, des taxes, des assurances et des cotisations possibles de la copropriété.
Montréal devient moins abordable
Contrairement à certains autres marchés canadiens, Montréal n’a pas connu la même correction de prix. Selon RBC, les prix des propriétés y étaient encore en hausse de 5,5 % sur un an au premier trimestre de 2026.
Cette hausse a rendu l’achat plus difficile. L’indice d’abordabilité de Montréal a atteint 52,6 %, soit son pire niveau depuis 1990.
En termes simples, un ménage moyen dans la région de Montréal doit consacrer une très grande partie de son revenu pour devenir propriétaire. Cela limite la capacité d’achat, surtout pour les premiers acheteurs.
Cette réalité se fait sentir sur l’île de Montréal, mais aussi à Laval, sur la Rive-Nord et sur la Rive-Sud, où plusieurs acheteurs cherchent une propriété moins chère tout en restant près de leur travail et de leurs services.
Les condos montréalais ne sont plus aussi abordables qu’avant
Un élément important ressort de l’étude : l’abordabilité des condos à Montréal s’est détériorée au point de dépasser celle de Toronto pour la première fois en 16 ans, selon l’indice de RBC.
Cela ne veut pas dire que les condos montréalais sont nécessairement plus chers en dollars que ceux de Toronto. Cela veut plutôt dire que, par rapport aux revenus des ménages, les coûts de propriété des condos à Montréal sont devenus très lourds.
La forte demande des dernières années, la croissance de la population, le manque d’inventaire et la hausse des coûts de construction ont contribué à cette pression.
La ville de Québec reste aussi sous pression
La ville de Québec se distingue aussi dans l’étude. Pendant que certains grands marchés canadiens ont ralenti ou corrigé, Québec a continué d’afficher une forte demande.
Les prix y sont restés soutenus, ce qui a limité l’amélioration de l’abordabilité.
Pour les acheteurs, cela signifie qu’il ne faut pas seulement regarder les grands marchés comme Montréal. Même dans des villes traditionnellement plus abordables, les conditions peuvent devenir plus difficiles lorsque l’offre est limitée et que la demande reste forte.
Pourquoi le soulagement pourrait être limité?
RBC indique que l’amélioration pourrait ralentir dans les prochains mois. La raison est simple : les deux grands facteurs qui peuvent aider les acheteurs sont les prix et les taux d’intérêt.
Si les prix ne baissent plus beaucoup et si les taux hypothécaires restent stables, les paiements ne diminueront pas énormément.
Dans ce contexte, la prochaine amélioration pourrait venir surtout de la hausse des revenus. Si les salaires augmentent plus vite que les coûts de propriété, l’achat devient graduellement plus accessible.
Mais cette amélioration prend du temps. Elle ne donne pas le même soulagement immédiat qu’une baisse importante des prix ou des taux.
Ce que cela signifie pour les acheteurs québécois
Pour les acheteurs au Québec, le message est clair : le marché reste exigeant, même si certaines conditions se sont améliorées ailleurs au Canada.
Avant d’acheter, il faut regarder le coût total de la propriété, pas seulement le prix affiché.
Le budget doit inclure :
- le paiement hypothécaire;
- les taxes municipales;
- les taxes scolaires;
- l’assurance habitation;
- les frais de condo, s’il y a lieu;
- les frais d’électricité et de chauffage;
- l’entretien et les réparations;
- une marge pour les imprévus.
Un achat peut sembler possible sur papier, mais devenir serré une fois toutes les dépenses ajoutées.
Les vendeurs doivent aussi s’ajuster
Pour les vendeurs, un marché moins abordable signifie que les acheteurs sont plus prudents. Ils comparent davantage, calculent plus précisément et hésitent plus longtemps avant de faire une offre.
Une propriété bien située, bien entretenue et bien présentée peut encore attirer beaucoup d’intérêt. Mais un prix trop élevé peut rapidement repousser les acheteurs, surtout si les paiements mensuels deviennent trop lourds.
Dans un marché comme Montréal, où l’abordabilité est sous pression, le bon prix demeure essentiel.
Ce qu’il faut retenir
Selon l’étude de RBC, l’abordabilité s’est améliorée dans plusieurs marchés canadiens au début de 2026, surtout grâce à la baisse des prix dans certains secteurs et au recul du marché des condos.
Mais au Québec, la situation reste plus difficile. Montréal a atteint son pire niveau d’abordabilité depuis 1990, et la ville de Québec continue aussi de subir la pression des prix.
Pour les acheteurs, le message est simple : même si le marché semble un peu moins tendu ailleurs, il faut rester prudent au Québec. L’achat d’une propriété doit être basé sur un budget réaliste, une bonne marge de sécurité et une compréhension claire des coûts mensuels.
Le soulagement existe, mais il n’est pas encore suffisant pour rendre l’accès à la propriété facile.