Choc sur l’emploi au Canada : 75 100 postes créés et un signal fort pour l’économie
Finances7 August 20268 min de lecture

Choc sur l’emploi au Canada : 75 100 postes créés et un signal fort pour l’économie

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Choc sur l’emploi au Canada : 75 100 postes créés et un signal fort pour l’économie

7 August 20268 min de lecture

Le marché du travail canadien vient de surprendre tout le monde.

Alors que plusieurs s’attendaient à une hausse modeste de l’emploi, l’économie canadienne a plutôt créé 75 100 emplois en juillet, selon les plus récentes données de Statistique Canada.

Le taux de chômage a aussi reculé à 6,4 %, son plus bas niveau en deux ans.

En termes simples, l’économie canadienne montre des signes de réveil. Et ce réveil pourrait avoir des effets directs sur les ménages, les taux d’intérêt, la confiance des consommateurs et le marché immobilier.

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Un résultat beaucoup plus fort que prévu

Les économistes s’attendaient à environ 20 000 nouveaux emplois en juillet. Le résultat réel a donc été presque quatre fois plus élevé que prévu.

Cette surprise est importante, car elle montre que le marché du travail résiste mieux que plusieurs le craignaient.

Après plusieurs mois d’incertitude économique, de tensions commerciales et de craintes de ralentissement, cette création d’emplois donne un signal plus positif.

Mais attention : une bonne nouvelle économique peut aussi compliquer le portrait pour les taux d’intérêt.

Trois mois très solides pour l’emploi

Entre mai et juillet, le Canada a ajouté 181 100 emplois.

Il s’agit du plus fort gain sur trois mois depuis le début des tensions tarifaires américaines visant certains produits canadiens.

Ce qui rend le résultat encore plus encourageant, c’est que la croissance récente de l’emploi provient surtout du travail à temps plein, du secteur privé et des travailleurs autonomes.

Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de petits emplois temporaires. Une partie de la hausse semble venir d’une activité économique plus solide.

Les heures travaillées augmentent aussi

Le nombre d’heures travaillées a progressé de 0,6 % en juillet.

C’est un détail important. Quand les heures travaillées augmentent, cela peut indiquer que les entreprises ont plus de travail à faire, plus de commandes à remplir ou plus de services à offrir.

Pour l’économie, ce n’est pas seulement le nombre d’emplois qui compte. Il faut aussi regarder si les gens travaillent davantage et si les entreprises ont besoin de plus de main-d’œuvre.

L’économie canadienne reprend-elle vraiment de la force?

Ces données sur l’emploi s’ajoutent à d’autres signes de reprise.

Des données préliminaires indiquaient déjà que l’économie canadienne pourrait avoir progressé à un rythme annualisé de 3,4 % au deuxième trimestre, entre avril et juin.

Les données récentes sur le commerce international pourraient même laisser croire à une croissance encore plus forte.

Après une période de stagnation liée notamment aux tensions commerciales, le Canada semble donc reprendre un certain élan.

Les secteurs qui ont créé le plus d’emplois

Les plus fortes hausses d’emplois en juillet ont été observées dans le commerce de gros et de détail.

D’autres secteurs ont aussi progressé, notamment :

  • la finance;
  • les assurances;
  • les services immobiliers;
  • les services de location;
  • les services professionnels, scientifiques et techniques;
  • la construction.

La progression dans les services immobiliers et la construction est particulièrement importante à surveiller, car ces secteurs sont liés de près au marché résidentiel et à la confiance des ménages.

Le secteur public recule

Le portrait n’est toutefois pas positif partout.

L’administration publique a connu le recul le plus marqué en juillet.

Sur un an, l’emploi dans le secteur public a diminué pour la première fois depuis 2016, si l’on exclut la période de la pandémie.

Cette baisse s’explique notamment par une diminution du nombre de travailleurs dans les services d’enseignement.

Donc, même si le marché du travail est solide dans l’ensemble, certaines parties de l’économie restent sous pression.

Les étudiants ont eu un meilleur été

Le marché de l’emploi a aussi été plus favorable aux étudiants en juillet.

Chez les étudiants de 15 à 24 ans qui retourneront aux études, le taux de chômage s’est établi à 15,1 %. C’est une baisse de 2,4 points de pourcentage par rapport à juillet 2025.

La situation demeure tout de même plus difficile qu’avant la pandémie pour plusieurs jeunes.

Chez les étudiants de 20 à 24 ans qui retourneront aux études, le taux de chômage a toutefois reculé à 6,3 %, son plus bas niveau depuis juillet 2018.

Les salaires montent moins vite

Le salaire horaire moyen des employés permanents à temps plein a augmenté de 3 % sur un an.

C’est une progression plus faible que le mois précédent, où la hausse était de 3,7 %.

Pour les ménages, c’est un point important. Avoir un emploi est essentiel, mais les revenus doivent aussi suivre le coût de la vie.

Si les salaires augmentent moins vite que certaines dépenses, comme l’épicerie, les assurances, les taxes, le logement ou les paiements de dettes, la pression financière peut rester très présente.

Pourquoi cette nouvelle peut inquiéter la Banque du Canada

Un marché de l’emploi plus fort peut être une bonne nouvelle pour les travailleurs. Mais pour la Banque du Canada, cela peut aussi compliquer les décisions.

Si l’économie crée beaucoup d’emplois et que la croissance reprend, la Banque pourrait être moins pressée de baisser les taux d’intérêt.

Dans certains scénarios, si l’économie devient trop vigoureuse ou si l’inflation repart à la hausse, le risque d’une hausse de taux pourrait même revenir dans la discussion.

Pour les ménages, cela signifie que l’espoir d’un soulagement rapide sur les taux hypothécaires pourrait être moins certain.

Les tensions commerciales restent une menace

Malgré les bons chiffres d’emploi, l’incertitude n’a pas disparu.

Les États-Unis ont menacé d’imposer de nouveaux tarifs de 50 % sur plusieurs produits canadiens à compter du 19 août.

Si ces mesures entrent en vigueur, certaines entreprises canadiennes pourraient être touchées. Cela pourrait ralentir les exportations, freiner l’investissement et nuire à l’emploi dans certains secteurs.

Autrement dit, le marché du travail vient de donner un signal fort, mais l’économie n’est pas à l’abri d’un nouveau choc.

Quel impact pour les ménages québécois?

Pour les ménages du Québec, ces données peuvent avoir deux effets très différents.

D’un côté, un marché de l’emploi plus solide peut améliorer la confiance. Une personne qui se sent stable au travail sera plus à l’aise de planifier un achat important, un déménagement, une rénovation ou l’achat d’une propriété.

De l’autre côté, si cette force économique retarde les baisses de taux, les paiements hypothécaires pourraient demeurer élevés plus longtemps.

Dans un marché comme Montréal, Laval, Longueuil, la Rive-Nord, la Rive-Sud ou Québec, où les prix demeurent élevés, cette nuance est majeure.

Quel impact pour l’immobilier?

Le marché immobilier dépend beaucoup de trois éléments : l’emploi, les taux d’intérêt et la confiance.

Les bons chiffres d’emploi peuvent soutenir la demande. Plus de travailleurs, plus de revenus et plus de stabilité peuvent encourager certains acheteurs à revenir sur le marché.

Mais si les taux demeurent élevés, l’abordabilité reste difficile.

C’est le paradoxe actuel : une économie plus forte peut rassurer les acheteurs, mais elle peut aussi réduire les chances d’une baisse rapide des taux.

Les acheteurs doivent rester extrêmement prudents

Pour les acheteurs, cette nouvelle ne doit pas déclencher une course à la propriété.

Un emploi stable est un bon point de départ, mais il faut aussi regarder le coût total de propriété.

Avant d’acheter, il faut calculer :

  • le paiement hypothécaire;
  • les taxes municipales;
  • les taxes scolaires;
  • l’assurance habitation;
  • les frais de condo, s’il y a lieu;
  • le chauffage et l’électricité;
  • l’entretien régulier;
  • les réparations possibles;
  • les dettes personnelles;
  • une marge pour les imprévus.

La pire erreur serait de croire qu’un bon marché de l’emploi suffit à rendre une propriété abordable.

Les vendeurs pourraient y voir une occasion

Pour les vendeurs, une économie plus forte peut être encourageante.

Si les acheteurs reprennent confiance, certaines propriétés pourraient attirer plus d’intérêt, surtout celles qui sont bien situées, bien entretenues et bien évaluées.

Mais les vendeurs doivent rester réalistes. Les acheteurs calculent encore beaucoup. Un prix trop élevé peut repousser même les ménages qui ont un bon emploi.

Ce qu’il faut retenir

Le Canada a créé 75 100 emplois en juillet, beaucoup plus que prévu, et le taux de chômage a reculé à 6,4 %, son plus bas niveau en deux ans.

Sur trois mois, l’économie a ajouté 181 100 emplois, un signal fort que la reprise économique pourrait être plus solide qu’anticipé.

Mais cette bonne nouvelle vient avec une tension importante : si l’économie reste trop robuste, les baisses de taux pourraient être retardées, et les ménages pourraient continuer à vivre avec des coûts d’emprunt élevés.

Pour le Québec, le message est urgent : le marché du travail donne de l’espoir, mais l’abordabilité immobilière demeure fragile. Les acheteurs doivent avancer avec prudence, les vendeurs doivent rester stratégiques, et tous les ménages doivent garder une marge de sécurité.

L’économie reprend peut-être son souffle. Mais pour les familles, le vrai test reste le même : est-ce que le budget peut tenir?

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