92 % des jeunes Québécois veulent devenir propriétaires… mais pour beaucoup, le rêve devient presque inaccessible
Actualité immobilière•14 September 2026•9 min de lecture

92 % des jeunes Québécois veulent devenir propriétaires… mais pour beaucoup, le rêve devient presque inaccessible

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92 % des jeunes Québécois veulent devenir propriétaires… mais pour beaucoup, le rêve devient presque inaccessible

14 September 2026•9 min de lecture

On entend souvent que les jeunes ne veulent plus acheter de maison, qu’ils préfèrent louer, voyager ou rester plus flexibles. Un nouveau sondage Léger vient complètement bousculer cette idée : 92 % des Québécois de 18 à 34 ans qui ne sont pas encore propriétaires veulent le devenir.

Le problème, c’est que ce rêve se heurte de plein fouet à une réalité beaucoup plus brutale : prix élevés, taux hypothécaires, mises de fonds difficiles à accumuler et rareté des propriétés abordables.

Et pour plusieurs jeunes, le constat devient douloureux : ils veulent encore acheter, mais ils ne croient plus nécessairement pouvoir se permettre le type de propriété dont ils rêvent.

92 % veulent devenir propriétaires : le message est impossible à ignorer

Selon un sondage Léger commandé par l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec, 92 % des non-propriétaires âgés de 18 à 34 ans souhaitent éventuellement acheter une propriété.

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C’est une proportion énorme.

Elle vient aussi contredire une idée bien installée selon laquelle les Québécois seraient naturellement plus à l’aise avec la location que les autres Canadiens.

Les jeunes veulent toujours posséder leur logement.

Ils veulent avoir un chez-soi, accumuler un actif et ne plus dépendre entièrement d’un propriétaire.

Le désir d’accéder à la propriété est donc toujours extrêmement fort. Ce qui a changé, c’est la capacité de transformer ce désir en réalité.

Près d’un jeune sur trois a déjà repoussé ou abandonné son projet

Le chiffre le plus inquiétant du sondage est peut-être celui-ci.

Parmi les jeunes adultes, 31 % ont déjà repoussé ou abandonné leur projet immobilier au cours des cinq dernières années à cause des prix.

Cela représente près d’un jeune sur trois.

Et le problème ne touche pas uniquement les plus jeunes.

Chez les 35 à 54 ans, 26 % affirment eux aussi avoir dû retarder ou abandonner un projet d’achat pour des raisons d’abordabilité.

Autrement dit, la crise de l’accès à la propriété touche maintenant plusieurs générations.

Le rêve ultime reste la maison individuelle

Malgré les efforts des villes pour promouvoir les condos, les maisons en rangée et des quartiers plus denses, la maison unifamiliale détachée demeure de très loin le premier choix des jeunes Québécois.

Chez les 18 à 34 ans, 56 % préfèrent une maison détachée.

Seulement 14 % choisiraient plutôt une maison de ville, jumelée ou en rangée.

Et seulement 8 % placent le condo en tête de leurs préférences.

Chez les 35 à 54 ans, le désir d’une maison détachée est encore plus fort, à 65 %.

Le fameux rêve de la maison avec un terrain est donc loin d’avoir disparu au Québec.

Même à Montréal, le rêve de la maison détachée reste très fort

On pourrait penser que ce désir appartient surtout aux régions ou aux banlieues éloignées.

Pas vraiment.

Dans la grande région de Montréal, 53 % des répondants de tous âges disent encore préférer une maison détachée.

C’est particulièrement révélateur dans un marché où le prix des maisons unifamiliales a fortement augmenté et où les terrains disponibles deviennent de plus en plus rares.

Pour plusieurs ménages, le rêve existe toujours.

Mais la distance entre ce qu’ils veulent et ce qu’ils peuvent réellement acheter devient de plus en plus grande.

Seulement 15 % pensent réellement pouvoir se permettre ce rêve

C’est ici que le sondage devient particulièrement brutal.

Alors que la maison détachée est le type de propriété préféré de nombreux aspirants propriétaires, seulement 15 % considèrent cette option comme réellement accessible pour eux.

Autrement dit, une grande partie des jeunes veulent une maison qu’ils pensent déjà ne pas pouvoir acheter.

Le rêve immobilier n’a pas disparu. Il est simplement devenu inaccessible pour beaucoup.

Les Québécois préfèrent une plus petite maison plutôt qu’un condo

Lorsqu’on demande aux gens quels compromis ils seraient prêts à faire, les réponses sont révélatrices.

Près de 68 % accepteraient d’acheter une maison détachée plus petite.

Environ 43 % seraient prêts à s’éloigner davantage pour trouver une propriété abordable.

Mais seulement 29 % seraient prêts à changer complètement de type de propriété pour choisir, par exemple, un condo ou une maison de ville.

En clair, beaucoup de Québécois préfèrent encore réduire la superficie ou partir plus loin plutôt que d’abandonner leur idéal de maison individuelle.

Les jeunes sont toutefois plus ouverts aux compromis

La nouvelle génération semble tout de même plus flexible.

Chez les 18 à 34 ans, 43 % seraient prêts à changer de type d’habitation pour réussir à devenir propriétaires.

C’est beaucoup plus que dans l’ensemble de la population.

Cette ouverture pourrait devenir importante au cours des prochaines années.

Si les prix des maisons individuelles restent trop élevés, davantage de jeunes pourraient éventuellement se tourner vers les condos, maisons de ville, jumelés ou autres formes d’habitation plus compactes.

Mais pour l’instant, ce choix semble davantage représenter un compromis qu’un véritable premier choix.

Le logement devient un enjeu politique majeur

Le sondage Léger montre également à quel point la crise du logement dépasse maintenant la simple question immobilière.

85 % des répondants considèrent la situation du logement comme un enjeu important.

Plus de la moitié, soit 51 %, la considèrent même comme très importante.

Et le sentiment que le système ne fonctionne plus pour les ménages moyens est très répandu.

Deux personnes sur trois, soit 67 % des répondants, pensent qu’un ménage avec un revenu moyen ne pourrait pas trouver un logement correspondant à ses besoins dans sa propre région.

C’est un signal particulièrement fort.

Chez les jeunes, le logement pourrait influencer le vote

La frustration commence également à se transformer en enjeu électoral.

Près de 47 % des répondants affirment que la question du logement pourrait influencer leur choix électoral.

Chez les 18 à 34 ans, cette proportion bondit à 58 %.

Autrement dit, pour une majorité de jeunes adultes, la crise du logement n’est plus seulement une question de budget : elle peut maintenant influencer directement leur vote.

Les solutions préférées ne sont pas nécessairement les plus efficaces

Lorsqu’on demande aux Québécois ce que les gouvernements devraient faire pour améliorer l’accès à la propriété, les réponses privilégient surtout les mesures qui réduisent directement la facture de l’acheteur.

Environ 47 % souhaitent une réduction de certaines taxes, notamment la taxe de bienvenue.

Un autre 36 % privilégient davantage d’aides fiscales aux premiers acheteurs.

Ces mesures sont faciles à comprendre : elles mettent directement plus d’argent dans les poches de l’acheteur.

Mais elles ne règlent pas nécessairement le problème fondamental.

Donner plus d’argent aux acheteurs pourrait aussi faire monter les prix

C’est le paradoxe.

Si plusieurs acheteurs reçoivent davantage d’aide financière alors que le nombre de propriétés reste limité, ils se retrouvent simplement avec plus d’argent pour se battre pour les mêmes maisons.

Et lorsque la demande augmente sans que l’offre suive, les prix peuvent repartir à la hausse.

Des analyses économiques ont déjà mis en garde contre ce type de mesure.

Les aides fiscales peuvent donner un coup de pouce à court terme, mais elles risquent aussi d’alimenter la demande et donc de faire augmenter les valeurs immobilières.

Le vrai problème : il ne se construit pas assez de logements

Les solutions qui visent à augmenter l’offre semblent pourtant moins populaires auprès du public.

Seulement 21 % des répondants privilégient une accélération de l’approbation des nouveaux projets.

La diversification des types d’habitation dans les quartiers existants reçoit l’appui de 19 % des répondants.

Et seulement 17 % privilégient des mesures destinées à augmenter la capacité de construction.

Pourtant, plusieurs économistes considèrent justement le manque d’offre comme le cœur du problème.

Si les villes ne construisent pas suffisamment de logements pour suivre la croissance des ménages, la compétition entre acheteurs continue.

Et cette compétition finit par pousser les prix vers le haut.

Construire plus… mais construire ce que les gens veulent réellement

Le sondage révèle aussi une difficulté importante pour les municipalités.

Les villes veulent augmenter la densité pour construire davantage de logements sur un territoire limité.

Mais les ménages continuent majoritairement de rêver d’une maison individuelle avec un terrain.

Il existe donc un énorme écart entre le type de logement que les gouvernements souhaitent encourager et le type de propriété que beaucoup de Québécois veulent réellement acheter.

Combler cet écart sera probablement l’un des grands défis immobiliers des prochaines années.

Montréal et Laval : s’éloigner devient une stratégie de plus en plus fréquente

Dans la grande région de Montréal, ce dilemme est particulièrement visible.

À mesure que le prix des maisons se rapproche ou dépasse les capacités financières de nombreux jeunes ménages, certains commencent à regarder plus loin.

Laval, la Rive-Nord, la Rive-Sud et des municipalités encore plus éloignées peuvent sembler plus accessibles que certains secteurs montréalais.

Mais cette stratégie comporte elle aussi un coût : transport, temps de déplacement, essence et parfois nécessité de posséder une deuxième voiture.

Une maison moins chère à 50 kilomètres du travail n’est pas nécessairement réellement moins chère une fois toutes les dépenses ajoutées.

Le condo pourrait devenir le compromis forcé d’une génération

Le condo n’est clairement pas le premier choix des jeunes Québécois.

Seulement 8 % le placent en tête de leurs préférences.

Mais avec des maisons détachées de plus en plus difficiles à acheter, il pourrait devenir l’une des principales portes d’entrée vers la propriété.

La question est alors de savoir si les jeunes finiront par réellement adopter ce mode de vie ou simplement l’accepter faute d’alternative.

Cette distinction pourrait profondément transformer le marché immobilier québécois dans les prochaines années.

Le rêve de propriété n’est pas mort — c’est son prix qui devient le problème

Le message du sondage Léger est finalement beaucoup plus clair qu’on pourrait le croire.

Les jeunes Québécois n’ont pas abandonné l’idée de devenir propriétaires.

Au contraire, 92 % de ceux qui louent encore souhaitent acheter.

Ils rêvent toujours majoritairement d’une maison détachée.

Mais près d’un tiers a déjà dû repousser ou abandonner son projet en raison des prix, et seulement 15 % considèrent leur propriété idéale comme réellement accessible.

Ce n’est donc pas le rêve de la propriété qui disparaît au Québec. C’est la possibilité de le réaliser qui devient de plus en plus fragile.

Et avec 58 % des jeunes affirmant que la crise du logement pourrait influencer leur vote, le message envoyé aux gouvernements est difficile à ignorer : une génération entière veut encore devenir propriétaire, mais elle commence sérieusement à douter que le système lui permette d’y arriver.

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