Immobilier canadien : Toronto rechute, Montréal accumule les propriétés à vendre et Vancouver reste en correction
Le marché immobilier canadien devient de plus en plus difficile à lire. Selon RBC, les grandes villes du pays évoluent maintenant dans des directions très différentes — et cette divergence pourrait s’accentuer dans les prochains mois.
En septembre, plusieurs grands marchés ont enregistré une baisse des ventes, notamment Toronto, Vancouver, Montréal, Ottawa, Hamilton et Kitchener-Waterloo.
Mais derrière ce ralentissement général, chaque région vit une réalité complètement différente.
Toronto : la petite reprise s’est déjà essoufflée
Après quelques mois d’amélioration, le marché torontois a de nouveau reculé en septembre.
Les ventes ont chuté de 5,2 % en un mois, tandis que le prix de référence a diminué de 0,5 %.
Selon RBC, la remontée des tensions commerciales avec les États-Unis et les inquiétudes entourant les taux à long terme ont de nouveau rendu les acheteurs prudents.
Toronto montre donc à quel point une reprise peut disparaître rapidement lorsque la confiance des ménages faiblit.
Montréal : 20 % plus de propriétés à vendre
À Montréal, le principal changement vient de l’offre.
L’inventaire est maintenant environ 20 % plus élevé qu’il y a un an, alimenté par la plus forte arrivée de vendeurs observée en six ans.
Avec des ventes plus calmes et davantage de propriétés disponibles, la pression sur les prix diminue.
Pour les acheteurs montréalais, cela signifie plus de choix et potentiellement davantage de pouvoir de négociation.
Pour les vendeurs, cela signifie aussi qu’un prix trop ambitieux peut devenir beaucoup plus difficile à défendre.
Vancouver : la correction n’est probablement pas terminée
La situation est encore plus difficile à Vancouver.
Les prix continuent de reculer et les acheteurs ne reviennent toujours pas en nombre suffisant malgré la correction.
RBC estime que de nouvelles baisses de prix pourraient être nécessaires pour ramener davantage d’acheteurs sur le marché.
Avec des propriétés à vendre encore proches d’un sommet de dix ans, la pression pourrait se poursuivre jusqu’en 2027.
Calgary résiste mieux… sauf pour les condos
Calgary présente un portrait beaucoup plus stable.
Les ventes restent solides sur une base historique et l’équilibre entre l’offre et la demande demeure relativement sain.
Mais le type de propriété fait une énorme différence.
Les ventes de maisons unifamiliales ont progressé de 4,4 % sur un an, tandis que celles des condos ont chuté de 14,3 %.
Les prix des condos ont également reculé de 8,3 %.
Même dans un marché globalement équilibré, certains segments peuvent donc être beaucoup plus fragiles que d’autres.
Quel impact sur les hypothèques?
La hausse récente des coûts d’emprunt complique encore davantage la situation.
Dans les marchés faibles comme Toronto et Vancouver, des taux hypothécaires élevés limitent le nombre d’acheteurs capables de profiter de la baisse des prix.
À Montréal, ils pourraient accentuer la prudence alors que l’inventaire augmente déjà.
Une propriété moins chère ne devient pas automatiquement abordable si son financement reste coûteux.
La conclusion : il n’existe plus un seul marché canadien
Toronto ralentit, Vancouver corrige, Montréal se rééquilibre et Calgary résiste davantage.
Pour les acheteurs et vendeurs, les moyennes nationales deviennent donc de moins en moins utiles.
Le résultat dépend désormais énormément de la ville, du quartier et même du type de propriété.
RBC s’attend à ce qu’une partie de la demande retenue revienne si l’abordabilité s’améliore, mais prévient que la reprise sera probablement chaotique et très inégale.
Pour l’immobilier canadien, le prochain chapitre ne sera donc probablement pas une grande reprise nationale, mais une série de marchés locaux avançant à des vitesses complètement différentes.