Économie canadienne : la croissance pourrait être coupée de moitié… et le marché immobilier risque de recevoir le choc
Actualité immobilière•24 September 2026•8 min de lecture

Économie canadienne : la croissance pourrait être coupée de moitié… et le marché immobilier risque de recevoir le choc

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Économie canadienne : la croissance pourrait être coupée de moitié… et le marché immobilier risque de recevoir le choc

24 September 2026•8 min de lecture

Un nouveau nuage noir se forme au-dessus de l’économie canadienne. La Banque du Canada prévient que les nouveaux tarifs américains pourraient réduire de moitié la croissance économique au quatrième trimestre, au moment même où les prix élevés de l’énergie compliquent sérieusement la lutte contre l’inflation.

Pour le marché immobilier, la combinaison est préoccupante : moins de croissance peut refroidir les ventes et fragiliser l’emploi, tandis qu’une inflation persistante peut garder le financement hypothécaire coûteux.

Autrement dit : les acheteurs pourraient perdre confiance sans nécessairement obtenir rapidement le soulagement financier qu’ils espéraient.

La croissance pourrait tomber sous 1 %

Le gouverneur de la Banque du Canada a lancé un avertissement sérieux concernant les dernières tensions commerciales avec les États-Unis.

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Si les nouveaux tarifs restent en place, la croissance canadienne pourrait être réduite environ de moitié au quatrième trimestre et tomber sous la barre de 1 %.

Ce serait un important changement de direction après un deuxième trimestre beaucoup plus encourageant.

L’économie avait alors progressé à un rythme annualisé de 3,3 %, légèrement supérieur aux attentes.

Le Canada avait pourtant commencé à reprendre son souffle

Les chiffres du deuxième trimestre avaient donné plusieurs raisons d’être optimiste.

Les exportations canadiennes hors énergie avaient augmenté à un rythme annualisé de 14,5 %, tandis que les investissements des entreprises avaient progressé de 8,8 %.

Plusieurs entreprises avaient aussi réussi à modifier leurs chaînes d’approvisionnement et à développer davantage leurs relations commerciales à l’extérieur des États-Unis.

Mais la nouvelle escalade des tensions vient remettre une partie de ces progrès en question.

Les entreprises pourraient recommencer à freiner

Le véritable problème d’une guerre commerciale n’est pas seulement le montant des tarifs.

C’est l’incertitude qu’elle crée.

Une entreprise qui ne sait pas quelles marchandises seront frappées dans quelques mois peut décider de reporter une expansion, un achat d’équipement ou des embauches.

Lorsque plusieurs entreprises choisissent simultanément d’attendre, l’économie peut ralentir rapidement.

Moins d’embauches peut rapidement refroidir l’immobilier

La décision d’acheter une propriété dépend énormément de la confiance dans l’emploi et les revenus futurs.

Un ménage peut avoir la mise de fonds nécessaire et être admissible à une hypothèque, mais hésiter à acheter une maison de 600 000 $ s’il craint une perte d’emploi.

Lorsqu’une économie devient plus incertaine, l’achat immobilier est souvent l’un des premiers grands projets à être reportés.

Un ralentissement des embauches pourrait donc rapidement se traduire par moins de ventes et davantage de prudence chez les acheteurs.

Et le marché immobilier manque déjà d’élan

Cette nouvelle menace arrive à un moment où le marché canadien montre déjà plusieurs signes de faiblesse.

Les ventes restent modestes dans plusieurs régions, davantage de propriétés sont disponibles et les investisseurs sont beaucoup moins présents qu’auparavant.

Dans plusieurs marchés, les acheteurs ont aussi retrouvé suffisamment de pouvoir pour prendre leur temps et négocier.

Un nouveau ralentissement économique pourrait accentuer cette tendance.

Pour les vendeurs, la pression pourrait augmenter

Si moins d’acheteurs passent à l’action, les propriétés restent généralement plus longtemps sur le marché.

Les vendeurs doivent alors rivaliser avec davantage d’inscriptions, et certains peuvent être forcés de revoir leur prix.

Dans les secteurs où l’inventaire augmente déjà, une baisse de confiance économique pourrait transférer encore davantage de pouvoir vers les acheteurs.

Le pétrole complique tout

Pendant que les tarifs menacent de ralentir l’économie, le conflit au Moyen-Orient pousse les prix de l’énergie dans la direction opposée.

Le pétrole demeure coûteux, tandis que les perturbations de l’approvisionnement et du raffinage maintiennent les prix de l’essence et du diesel élevés.

La Banque du Canada estime que si le pétrole mondial reste près de 100 $ US le baril, l’inflation canadienne pourrait encore augmenter à court terme.

C’est une situation particulièrement difficile : une économie plus faible, mais des prix qui restent sous pression.

L’inflation reste autour de 3 %

Depuis plusieurs mois, l’inflation canadienne tourne autour de 3 %, alors que la cible de la Banque du Canada demeure 2 %.

Le risque vient surtout de la possibilité que les coûts élevés de l’énergie se propagent au transport, aux aliments, aux matériaux et à d’autres biens et services.

Plus ce choc énergétique dure, plus il devient difficile de le considérer comme temporaire.

Le scénario le plus difficile pour les hypothèques

Pour les propriétaires, le scénario le plus inconfortable serait un ralentissement économique accompagné d’une inflation toujours élevée.

Dans ce cas, le marché immobilier pourrait perdre de la vigueur sans que le coût du financement s’améliore rapidement.

Les ménages subiraient alors une économie plus fragile tout en continuant à composer avec des paiements hypothécaires élevés.

Les coûts fixes pourraient aussi rester sous pression

Les hypothèques à taux fixe sont davantage influencées par les marchés obligataires que par les décisions immédiates de la Banque du Canada.

Lorsque les investisseurs s’inquiètent de l’inflation, les rendements obligataires peuvent monter, ce qui augmente les coûts de financement des prêteurs.

C’est pourquoi les taux fixes peuvent rester élevés même si l’économie canadienne ralentit.

Le conflit au Moyen-Orient devient donc un enjeu immobilier

Un conflit situé à des milliers de kilomètres peut sembler très loin d’un propriétaire québécois.

Mais la chaîne est simple : énergie plus chère, coûts d’entreprise plus élevés, inflation plus persistante, financement plus coûteux.

La facture peut donc finir par se retrouver directement dans le budget d’un acheteur ou d’un propriétaire.

Les tarifs pourraient aussi augmenter les coûts de construction

Les tensions commerciales peuvent également rendre certains matériaux et équipements plus chers.

Même si la Banque du Canada estime que l’effet global des contre-tarifs canadiens devrait rester limité, certains promoteurs peuvent voir leurs coûts augmenter.

Des projets pourraient alors être retardés, réduits ou devenir plus coûteux à réaliser.

Un autre paradoxe pour le logement

Une économie plus faible peut réduire la demande à court terme.

Mais si les coûts de construction ralentissent aussi la création de nouveaux logements, l’offre future peut devenir encore plus serrée.

Le Canada risque donc de faire face à une demande plus fragile aujourd’hui, tout en continuant à manquer de logements demain.

Le Québec n’est pas à l’abri

Le marché québécois a jusqu’ici mieux résisté que plusieurs régions de l’Ontario et de la Colombie-Britannique.

Mais le Québec dépend lui aussi du commerce avec les États-Unis, de la confiance des entreprises et du coût du crédit.

Si les embauches ralentissent et que les entreprises deviennent plus prudentes, Montréal, Laval et les autres marchés québécois pourraient eux aussi ressentir une baisse de la demande.

L’emploi sera probablement le chiffre à surveiller

Pour le marché immobilier, l’évolution de l’emploi sera déterminante.

Une personne qui se sent en sécurité financièrement peut profiter d’un marché plus calme pour acheter.

Une personne qui craint pour son revenu peut reporter son projet même si les prix deviennent plus négociables.

Une propriété plus abordable ne suffit pas si l’acheteur ne se sent pas assez en confiance pour s’endetter pendant 25 ou 30 ans.

Pour les acheteurs : plus de choix, mais pas nécessairement plus d’abordabilité

Un ralentissement économique peut créer moins de surenchère et davantage de négociation.

Mais une maison légèrement moins chère n’est pas automatiquement plus abordable si le financement reste coûteux.

Le véritable coût d’une propriété dépend toujours du prix d’achat et du coût de l’hypothèque.

Pour les vendeurs : l’automne pourrait devenir plus difficile

Si la confiance des acheteurs se détériore pendant que l’inventaire augmente, afficher trop cher peut devenir risqué.

Les délais de vente peuvent s’allonger et les réductions de prix devenir plus fréquentes.

Dans un climat économique incertain, une stratégie de prix réaliste devient encore plus importante.

La Banque du Canada ne peut pas régler la source du problème

La banque centrale ne peut pas mettre fin à une guerre commerciale ou faire baisser directement le prix mondial du pétrole.

Elle peut seulement tenter d’empêcher ces chocs de provoquer une inflation durable.

C’est ce qui rend les prochains mois particulièrement difficiles à prévoir pour les ménages.

Le marché immobilier pourrait se retrouver au centre de la tempête

L’immobilier dépend énormément de trois choses : l’emploi, la confiance et le coût du financement.

Or, les trois deviennent plus incertains.

Si la croissance tombe sous 1 % au quatrième trimestre, les acheteurs pourraient devenir encore plus prudents à l’approche de 2027.

Le scénario le plus difficile serait donc de voir l’économie ralentir fortement sans que le financement immobilier devienne beaucoup plus abordable.

Dans ce cas, le marché canadien pourrait entrer dans une nouvelle période de faibles ventes, de négociations plus difficiles pour les vendeurs et d’attentisme chez les acheteurs.

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