Hausse de taux en décembre? Les marchés voient 70 % de chances, mais plusieurs emprunteurs choisissent encore le variable
Actualité hypothécaire3 August 20267 min de lecture

Hausse de taux en décembre? Les marchés voient 70 % de chances, mais plusieurs emprunteurs choisissent encore le variable

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Hausse de taux en décembre? Les marchés voient 70 % de chances, mais plusieurs emprunteurs choisissent encore le variable

3 August 20267 min de lecture

Le débat sur les taux d’intérêt revient en force. Selon les marchés financiers, il y aurait maintenant environ 70 % de chances que la Banque du Canada augmente son taux directeur d’ici décembre.

Ce chiffre attire l’attention, surtout parce que plusieurs emprunteurs continuent malgré tout de choisir une hypothèque à taux variable.

En termes simples, beaucoup de ménages semblent parier que les taux resteront stables ou qu’ils ne monteront pas assez pour leur faire regretter leur choix.

Une économie canadienne plus forte que prévu

Les plus récentes données de Statistique Canada montrent que l’économie canadienne a rebondi au printemps.

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La croissance du deuxième trimestre pourrait atteindre environ 3,4 % sur une base annualisée, ce qui est plus élevé que la prévision de la Banque du Canada.

Normalement, une économie plus forte peut réduire les chances de baisse de taux. Elle peut même rouvrir la porte à une hausse si l’inflation recommence à inquiéter.

Pourquoi certains économistes restent prudents

Même si la croissance semble meilleure, certains observateurs croient que cette reprise pourrait être temporaire.

Une partie de l’activité économique pourrait venir de facteurs ponctuels, comme la production dans le secteur de l’énergie, les emplois liés au recensement ou certains événements temporaires.

À cela s’ajoutent les nouvelles menaces de tarifs américains sur certains produits canadiens. Si ces tensions commerciales s’aggravent, elles pourraient ralentir l’économie plus tard dans l’année.

C’est pourquoi plusieurs économistes s’attendent encore à ce que la Banque du Canada garde son taux stable pendant un certain temps.

Les marchés, eux, voient un risque de hausse

Les marchés financiers ne regardent pas seulement la situation actuelle. Ils essaient aussi d’anticiper ce que la Banque du Canada pourrait faire dans les prochains mois.

Et pour l’instant, ils semblent croire que le risque de hausse est réel.

La possibilité d’une première hausse d’ici décembre est maintenant évaluée à environ 70 % par les marchés.

Ce n’est pas une certitude. Mais ce n’est plus un scénario marginal non plus.

Pourquoi autant d’emprunteurs choisissent encore le taux variable?

Malgré ce risque, plusieurs emprunteurs continuent de choisir une hypothèque à taux variable.

La raison principale est simple : le taux variable peut être moins coûteux au départ que le taux fixe.

Pour un acheteur ou un propriétaire qui renouvelle son hypothèque, cette différence peut être très attirante, surtout lorsque le budget est déjà serré.

Le taux variable offre aussi plus de flexibilité. Il est généralement moins coûteux à briser qu’un prêt à taux fixe, et il peut parfois être converti en taux fixe plus tard.

Le pari peut toutefois devenir risqué

Le danger, c’est que le taux variable n’offre pas la même tranquillité d’esprit qu’un taux fixe.

Si la Banque du Canada augmente son taux directeur, les paiements ou les coûts d’intérêt liés à plusieurs prêts variables peuvent augmenter.

Pour un ménage avec une bonne marge financière, cette variation peut être gérable. Pour un ménage déjà serré, elle peut devenir beaucoup plus stressante.

C’est pourquoi choisir le variable uniquement parce qu’il est moins cher aujourd’hui peut être risqué si le budget ne peut pas absorber une hausse.

Le taux fixe n’est pas parfait non plus

Le taux fixe offre plus de stabilité. Le paiement est connu pour la durée du terme, ce qui facilite la planification du budget.

Mais il peut aussi coûter plus cher au départ. De plus, les pénalités peuvent être importantes si le propriétaire vend, refinance ou brise son hypothèque avant la fin du terme.

Le choix entre fixe et variable n’est donc pas une simple question de taux. C’est une question de stabilité, de risque, de flexibilité et de budget.

Une option intermédiaire : l’hypothèque hybride

Certains emprunteurs peuvent aussi regarder une solution hybride, qui combine une partie fixe et une partie variable.

Cette option peut offrir un certain équilibre. Une partie du prêt reste protégée contre les hausses de taux, tandis qu’une autre partie peut profiter d’une éventuelle stabilité ou baisse.

Ce n’est pas nécessairement la meilleure solution pour tout le monde, mais elle peut convenir aux personnes qui ne veulent pas mettre tout leur risque du même côté.

Pourquoi cela compte au Québec?

Au Québec, les prix des propriétés ont mieux résisté que dans certains autres marchés canadiens. Cela signifie que plusieurs acheteurs n’ont pas vraiment profité d’une forte baisse des prix.

À Montréal, Laval, Longueuil, sur la Rive-Nord, sur la Rive-Sud et dans la région de Québec, les paiements hypothécaires demeurent élevés pour plusieurs ménages.

Dans ce contexte, la tentation de choisir un taux variable plus bas au départ est facile à comprendre.

Mais il faut regarder plus loin que le paiement du premier mois. Il faut se demander si le budget peut tenir si les taux montent.

Les propriétaires qui renouvellent sont particulièrement exposés

Les propriétaires qui renouvellent leur hypothèque doivent être prudents. Plusieurs ont obtenu leur prêt pendant une période où les taux étaient beaucoup plus bas.

Même sans hausse supplémentaire, le nouveau paiement peut déjà être plus lourd qu’avant.

Si une hausse de taux s’ajoute plus tard, la pression peut augmenter encore.

C’est pourquoi il est important de préparer son renouvellement plusieurs mois à l’avance, de comparer les options et de ne pas attendre la dernière minute.

Le vrai test : la marge de sécurité

La bonne question n’est pas seulement : “Quel taux est le plus bas aujourd’hui?”

La vraie question est plutôt : “Est-ce que mon budget peut survivre si les taux montent?”

Avant de choisir une hypothèque, il faut calculer :

  • le paiement hypothécaire actuel ou prévu;
  • les taxes municipales;
  • les taxes scolaires;
  • l’assurance habitation;
  • les frais de condo, s’il y a lieu;
  • le chauffage et l’électricité;
  • les dettes personnelles;
  • les dépenses familiales essentielles;
  • une réserve pour les imprévus.

Si le budget est déjà trop serré, le taux variable peut devenir une source de stress importante.

Les taux fixes pourraient aussi devenir moins avantageux

Le marché des taux fixes dépend beaucoup des marchés obligataires. Si les rendements obligataires continuent de monter, les prêteurs pourraient ajuster leurs offres fixes.

Autrement dit, attendre trop longtemps en espérant une meilleure offre peut parfois produire l’effet inverse.

Dans un marché instable, les conditions peuvent changer rapidement. Une offre intéressante aujourd’hui peut disparaître quelques jours plus tard.

Ce que les acheteurs devraient retenir

Pour les acheteurs, le message est clair : il ne faut pas choisir une hypothèque uniquement en fonction du taux le plus bas affiché.

Un taux variable peut être intéressant si le ménage comprend le risque et possède une bonne marge financière.

Un taux fixe peut être plus rassurant si la priorité est de stabiliser les paiements.

Le bon choix dépend du revenu, des dépenses, des projets futurs, de la tolérance au risque et de la capacité à absorber une mauvaise surprise.

Ce que les vendeurs devraient surveiller

Pour les vendeurs, le risque de hausse de taux peut aussi influencer le marché.

Si les acheteurs craignent une hausse, certains pourraient vouloir agir plus rapidement. D’autres pourraient au contraire devenir plus prudents et réduire leur budget.

Une propriété bien positionnée, bien entretenue et bien évaluée demeure donc essentielle. Dans un marché où les taux peuvent bouger, les acheteurs calculent chaque dollar.

Ce qu’il faut retenir

Les marchés financiers évaluent maintenant à environ 70 % la probabilité d’une hausse du taux directeur de la Banque du Canada d’ici décembre.

En même temps, plusieurs emprunteurs continuent de choisir des hypothèques à taux variable, attirés par des paiements initiaux plus bas et plus de flexibilité.

Ce choix peut être logique pour certains ménages, mais il peut être dangereux pour ceux qui n’ont presque aucune marge de sécurité.

Dans le marché actuel, la décision hypothécaire ne devrait pas reposer sur l’espoir que les taux resteront favorables. Elle devrait reposer sur une analyse réaliste du budget, du risque et de la capacité à tenir le coup si le scénario change.

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