Hypothèques au Canada : la Fed américaine pourrait faire grimper nos taux… même si notre économie ralentit
Actualité hypothécaire31 August 20268 min de lecture

Hypothèques au Canada : la Fed américaine pourrait faire grimper nos taux… même si notre économie ralentit

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Hypothèques au Canada : la Fed américaine pourrait faire grimper nos taux… même si notre économie ralentit

31 August 20268 min de lecture

Vous pensiez que les taux hypothécaires canadiens dépendaient surtout de la Banque du Canada? Mauvaise nouvelle : une partie de ce qui se décide à Washington peut aussi finir directement dans votre paiement hypothécaire.

Les marchés obligataires viennent d’en donner un nouvel exemple.

Après des commentaires préoccupés du président de la Réserve fédérale américaine sur l’inflation aux États-Unis, les rendements obligataires américains ont brusquement augmenté.

Et lorsque les taux obligataires américains montent, le Canada est rarement complètement épargné.

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Pour les acheteurs et propriétaires canadiens, cela crée un risque particulièrement frustrant : nos taux hypothécaires fixes pourraient rester élevés, même si notre propre économie aurait normalement besoin de conditions de financement plus avantageuses.

La Fed américaine vient de réveiller les marchés

Le président de la Réserve fédérale américaine, Kevin Warsh, a récemment qualifié l’inflation américaine de préoccupante.

Les investisseurs ont immédiatement réagi.

Le rendement des obligations américaines de cinq ans a bondi jusqu’à son niveau le plus élevé en environ deux ans et demi.

Les marchés ont également augmenté leurs attentes concernant une possible hausse du taux directeur américain en septembre.

Selon les données citées, la probabilité implicite d’une hausse atteignait environ 61 %.

En clair : les investisseurs commencent à croire que les États-Unis pourraient devoir maintenir des taux plus élevés — ou même les augmenter.

Pourquoi devriez-vous vous en soucier si votre hypothèque est au Canada?

Parce que les marchés financiers canadien et américain sont étroitement liés.

Lorsque les rendements obligataires américains augmentent fortement, les rendements canadiens ont souvent tendance à suivre au moins une partie du mouvement.

Et c’est particulièrement important pour les hypothèques à taux fixe.

Les taux fixes de cinq ans au Canada sont fortement influencés par le rendement des obligations canadiennes de cinq ans.

Si celui-ci monte, les banques et autres prêteurs peuvent rapidement augmenter leurs taux hypothécaires.

La Banque du Canada peut rester immobile… et votre taux fixe peut quand même monter

C’est probablement le point le plus important à comprendre.

Une hypothèque variable est directement influencée par le taux directeur de la Banque du Canada.

Un taux fixe fonctionne différemment.

Il dépend beaucoup davantage du marché obligataire.

Cela signifie que la Banque du Canada pourrait maintenir son taux directeur exactement au même niveau pendant plusieurs mois et que les taux hypothécaires fixes pourraient malgré tout augmenter.

Pourquoi?

Parce que les investisseurs mondiaux ne regardent pas uniquement Ottawa.

Ils regardent Washington, l’inflation américaine, la Réserve fédérale, les déficits, les tarifs et les risques économiques internationaux.

L’« effet Warsh » peut donc traverser la frontière

Lorsque la Réserve fédérale américaine adopte un ton plus sévère face à l’inflation, les marchés anticipent généralement des taux américains plus élevés.

Les obligations américaines deviennent alors plus rémunératrices.

Pour rester compétitives auprès des investisseurs, les obligations canadiennes peuvent elles aussi subir une pression à la hausse.

Et quelques jours ou semaines plus tard, cette pression peut finir dans les taux offerts aux Canadiens qui cherchent une hypothèque fixe.

C’est ainsi qu’une déclaration faite aux États-Unis peut indirectement coûter plus cher à un acheteur à Montréal, Laval, Québec ou ailleurs au pays.

Les taux hypothécaires canadiens ont déjà commencé à remonter

Le mouvement reste relativement modeste pour le moment.

Selon les données citées, les taux hypothécaires fixes médians au Canada ont augmenté d’environ 0,05 à 0,15 point de pourcentage au cours du dernier mois.

Ce n’est certainement pas une catastrophe.

Mais sur une hypothèque de plusieurs centaines de milliers de dollars, même une petite variation finit par coûter de l’argent.

Et surtout, la direction du mouvement mérite d’être surveillée.

Le chiffre à surveiller maintenant : l’obligation canadienne de cinq ans

Pour ceux qui magasinent un taux fixe, l’un des indicateurs les plus importants des prochaines semaines sera le rendement de l’obligation canadienne de cinq ans.

Si ce rendement monte fortement et dépasse ses récents niveaux, les prêteurs pourraient ajuster rapidement leurs offres.

Les meilleurs taux fixes actuels demeurent encore dans les environs de 4 % ou légèrement moins dans certains cas assurés.

Mais cette situation n’est pas garantie.

Une nouvelle hausse marquée des rendements obligataires pourrait refermer rapidement certaines des meilleures offres actuellement disponibles.

Et voici le paradoxe : l’économie canadienne pourrait justement avoir besoin de taux plus bas

La situation devient encore plus frustrante lorsqu’on regarde ce qui se passe au Canada.

Notre économie devrait traverser une période plus difficile alors que les tensions commerciales prennent de l’ampleur.

Une économie qui ralentit devrait normalement exercer une pression à la baisse sur les taux.

Les consommateurs dépensent moins.

Les entreprises investissent moins.

La demande diminue.

Et cela contribue généralement à calmer l’inflation.

En théorie, le Canada pourrait donc avoir besoin de taux plus bas exactement au moment où les États-Unis poussent les marchés obligataires dans la direction opposée.

La guerre commerciale complique encore davantage le portrait

Les nouvelles tensions commerciales ajoutent une autre couche d’incertitude.

Les tarifs peuvent faire augmenter le prix de certains produits importés, ce qui crée une pression inflationniste.

Mais ils peuvent également ralentir l’économie, réduire les exportations et affaiblir les investissements.

Le Canada pourrait donc connaître simultanément :

  • des prix plus élevés pour certains produits;
  • une croissance économique plus faible;
  • des entreprises plus prudentes;
  • et des taux obligataires influencés par les États-Unis.

Pas exactement la combinaison idéale pour ceux qui espèrent une chute rapide des taux hypothécaires.

Une économie canadienne plus faible pourrait toutefois limiter les dégâts

Il existe malgré tout un élément qui pourrait empêcher les taux canadiens de suivre complètement les États-Unis.

Si la croissance économique canadienne ralentit fortement, la demande intérieure pourrait devenir suffisamment faible pour absorber une partie des pressions inflationnistes liées aux tarifs.

Dans ce scénario, la Banque du Canada aurait moins de raisons d’augmenter son taux directeur.

Les marchés pourraient également reconnaître que les conditions économiques canadiennes sont différentes de celles des États-Unis.

Les taux canadiens pourraient donc monter moins que les taux américains.

Mais cela ne signifie pas qu’ils seraient complètement protégés.

Taux variable et taux fixe : deux histoires complètement différentes

Pour les emprunteurs, il devient particulièrement important de distinguer les deux.

Avec une hypothèque variable : ce sont surtout les décisions de la Banque du Canada qui comptent.

Avec une hypothèque fixe : les marchés obligataires deviennent beaucoup plus importants, et les États-Unis peuvent avoir une influence considérable.

C’est pourquoi entendre que « la Banque du Canada ne devrait pas monter son taux » ne suffit pas pour conclure que les taux fixes vont rester bas.

Un acheteur qui attend pourrait donc avoir une mauvaise surprise

Imaginez un acheteur qui trouve actuellement un taux fixe intéressant autour de 4 %.

Il décide d’attendre quelques mois parce qu’il pense que l’économie canadienne ralentira et que les taux vont nécessairement diminuer.

Mais entre-temps, l’inflation américaine reste élevée.

La Fed devient plus agressive.

Les rendements obligataires américains montent.

Les obligations canadiennes suivent.

Et le taux hypothécaire canadien qu’il espérait voir à 3,8 % se retrouve plutôt à 4,2 %.

C’est précisément le risque actuel.

Pour les renouvellements, le danger est le même

Un propriétaire qui doit renouveler prochainement pourrait lui aussi être tenté d’attendre le plus longtemps possible dans l’espoir d’un meilleur taux.

Cette stratégie peut fonctionner.

Mais elle comporte maintenant un risque plus important qu’il y a quelques mois.

Si les rendements obligataires poursuivent leur hausse, certaines offres fixes pourraient devenir moins intéressantes avant même que la Banque du Canada ne change quoi que ce soit.

Une garantie de taux obtenue suffisamment tôt peut donc devenir particulièrement utile pour certains emprunteurs.

Le Canada ne contrôle pas entièrement le prix de son propre argent

C’est probablement la grande leçon de cette situation.

Nous aimons penser que les taux hypothécaires canadiens sont déterminés uniquement par :

  • l’économie canadienne;
  • l’inflation canadienne;
  • et la Banque du Canada.

La réalité est beaucoup plus complexe.

Le Canada évolue dans un immense marché financier nord-américain.

Lorsque les États-Unis éternuent, nos obligations peuvent attraper un rhume — et nos hypothèques avec elles.

Le vrai risque : des taux canadiens plus élevés que notre économie ne le justifierait

Voilà pourquoi les prochains mouvements américains seront particulièrement importants.

Si l’inflation reste trop élevée aux États-Unis et que la Réserve fédérale doit maintenir une politique plus restrictive, les rendements américains pourraient continuer de grimper.

Une partie de cette hausse pourrait traverser la frontière.

Et cela pourrait maintenir les taux fixes canadiens plus élevés qu’ils ne le seraient uniquement en fonction de notre propre économie.

Hypothèques : la prochaine mauvaise surprise pourrait venir de Washington, pas d’Ottawa

Pour le moment, la hausse des taux fixes canadiens reste modeste.

Il n’y a donc aucune raison de paniquer.

Mais le signal mérite d’être pris au sérieux.

Les rendements américains montent.

Les marchés commencent à envisager une Fed plus agressive.

Et les taux fixes canadiens ont déjà légèrement réagi.

Le grand danger pour les emprunteurs est maintenant de croire qu’une économie canadienne plus faible garantit automatiquement des hypothèques moins chères.

Ce n’est pas nécessairement vrai.

Si les taux américains continuent de monter, le Canada pourrait être entraîné partiellement dans leur sillage.

Et la prochaine hausse de votre taux hypothécaire pourrait alors commencer non pas à la Banque du Canada… mais quelques centaines de kilomètres plus au sud, à la Réserve fédérale américaine.

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