Immobilier au Québec : le marché montre des signes de stabilisation
Après plusieurs années de forte activité, le marché immobilier québécois semble entrer dans une nouvelle phase. Les prix demeurent élevés dans plusieurs régions, mais les acheteurs sont plus prudents, les inscriptions augmentent dans certains secteurs et les ventes ralentissent par endroits.
Selon un récent rapport immobilier, le Québec ne vit pas une chute généralisée des prix. On parle plutôt d’un marché qui commence à respirer un peu plus après une longue période de surchauffe.
En termes simples, les vendeurs ne perdent pas complètement leur avantage, mais les acheteurs ne sont plus toujours prêts à payer n’importe quel prix pour obtenir une propriété.
Les acheteurs calculent davantage
La grande différence avec les dernières années se trouve dans le comportement des acheteurs. Plusieurs ménages prennent plus de temps pour analyser leur budget avant de faire une offre.
Les taux hypothécaires, les taxes municipales, les assurances, les frais de condo, les coûts d’entretien et le coût de la vie obligent les acheteurs à être plus réalistes.
Dans plusieurs marchés, l’inventaire augmente. Cela signifie qu’il y a plus de propriétés à vendre qu’avant. Lorsque les acheteurs ont plus de choix, ils peuvent comparer davantage et éviter de se précipiter.
Les prix ne s’effondrent pas
À l’échelle du Québec, les prix continuent tout de même d’augmenter sur un an. Le prix agrégé d’une propriété a atteint 487 500 $, une hausse de 3,8 % comparativement à l’année précédente.
Le prix médian d’une maison unifamiliale se situe maintenant à 524 900 $, tandis que le prix d’un condo atteint environ 407 700 $.
Ces chiffres montrent que le marché reste solide. Par contre, la dynamique change. Une propriété trop chère ou mal positionnée peut maintenant rester plus longtemps sur le marché.
Les vendeurs doivent donc être plus prudents dans leur stratégie. Le prix demandé doit tenir compte de la réalité actuelle, et pas seulement des conditions très fortes des dernières années.
La région de Québec donne un premier signal de ralentissement
La Capitale-Nationale se démarque dans le rapport. Pour la première fois en plus de trois ans, le prix des propriétés y a reculé d’un trimestre à l’autre.
Au deuxième trimestre de 2026, le prix médian d’une maison unifamiliale détachée dans la région de Québec s’est établi à 497 800 $. C’est une baisse de 2,1 % par rapport au premier trimestre, où le prix était de 508 500 $.
Ce recul ne signifie pas que le marché de Québec est en difficulté majeure. Il indique plutôt que la région, qui avait longtemps résisté au ralentissement observé ailleurs, commence finalement à montrer des signes de modération.
Les acheteurs locaux semblent plus prudents, notamment en raison de l’incertitude économique, des décisions gouvernementales et du contexte politique à venir.
Le Grand Montréal reste actif, mais plus contrasté
Dans le Grand Montréal, le marché demeure plus vigoureux. Au deuxième trimestre de 2026, le prix agrégé a atteint 650 500 $, une hausse de 4,9 % sur un an.
La Rive-Nord et la Rive-Sud restent très actives dans plusieurs secteurs. Le manque de propriétés disponibles continue d’avantager les vendeurs, surtout pour les maisons bien situées et bien entretenues.
Sur l’île de Montréal, le portrait est plus nuancé. Le marché des maisons unifamiliales demeure relativement solide, mais le segment des condos est plus difficile dans certains quartiers.
Des secteurs comme Ville-Marie et Griffintown connaissent une accumulation plus importante de copropriétés à vendre, avec des transactions plus lentes. Cela donne plus de choix aux acheteurs, mais crée aussi plus de concurrence entre les vendeurs.
Les condos ne se comportent pas tous de la même façon
Le marché de la copropriété mérite une attention particulière. Dans certains secteurs, les condos restent recherchés parce qu’ils représentent encore une porte d’entrée vers la propriété.
Mais dans d’autres secteurs, l’offre est plus élevée et les acheteurs sont plus sélectifs. Ils regardent davantage les frais de condo, le fonds de prévoyance, l’état de l’immeuble, les travaux à venir et la qualité de la gestion.
Un condo bien situé, bien entretenu et avec des frais raisonnables peut encore attirer beaucoup d’intérêt. Un condo trop cher, avec des frais élevés ou des incertitudes dans l’immeuble, peut être plus difficile à vendre.
Gatineau : une hausse modérée, mais des condos plus faibles
Dans la région de Gatineau, le prix agrégé a augmenté de 2,4 % sur un an pour atteindre 476 500 $.
La maison unifamiliale continue de progresser légèrement, avec un prix médian de 599 300 $, en hausse de 2,8 %.
Le marché des condos est toutefois plus faible. Le prix médian des copropriétés a reculé de 4,7 %, pour s’établir à 318 900 $.
Cette différence montre que tous les types de propriétés ne réagissent pas de la même manière. Les maisons peuvent rester solides pendant que les condos ralentissent.
Sherbrooke : une bonne croissance annuelle, mais un trimestre plus calme
À Sherbrooke, le prix agrégé a atteint 413 500 $ au deuxième trimestre de 2026, une hausse annuelle de 5,7 %.
Les maisons unifamiliales ont aussi progressé, avec un prix médian de 461 400 $, en hausse de 5,9 % sur un an.
Par contre, le marché a reculé de 2,3 % par rapport au trimestre précédent. Cette baisse trimestrielle peut refléter une prudence plus grande des acheteurs, notamment face au coût de la vie et à l’incertitude économique.
Le marché sherbrookois demeure solide, mais il semble se diriger vers un meilleur équilibre.
Trois-Rivières : un marché stable et sans surchauffe
La région de Trois-Rivières continue d’afficher une progression stable. Le prix agrégé a atteint 401 300 $, en hausse de 4,5 % sur un an.
Le prix médian des maisons unifamiliales s’est établi à 448 600 $, une hausse de 5,5 %.
Contrairement à d’autres régions, Trois-Rivières a aussi affiché une légère croissance par rapport au trimestre précédent. Le marché demeure actif, mais sans les signes de surchauffe extrême observés ailleurs dans les dernières années.
Les taux d’intérêt restent le grand facteur à surveiller
La suite du marché immobilier dépendra beaucoup des taux d’intérêt. Si les taux demeurent stables, les acheteurs pourront mieux planifier leurs paiements. Si les taux augmentent, certains ménages pourraient retarder leur projet d’achat.
À l’inverse, si les taux baissent, certains acheteurs pourraient revenir plus activement sur le marché.
Mais les taux ne sont pas le seul facteur. L’emploi, l’inflation, la confiance des consommateurs, les élections, les décisions gouvernementales et les relations commerciales peuvent aussi influencer le marché immobilier québécois.
Ce que cela signifie pour les acheteurs
Pour les acheteurs, un marché plus stable peut être une bonne nouvelle. Il peut y avoir plus de choix, moins de pression et plus de temps pour réfléchir.
Mais cela ne veut pas dire qu’il faut acheter sans préparation. Les prix restent élevés dans plusieurs régions, et le coût total d’une propriété doit être bien calculé.
Avant d’acheter, il faut regarder :
- le paiement hypothécaire;
- les taxes municipales;
- les taxes scolaires;
- l’assurance habitation;
- les frais de condo, s’il y a lieu;
- l’entretien et les réparations;
- les frais de déménagement;
- une marge pour les imprévus.
Ce que cela signifie pour les vendeurs
Pour les vendeurs, la période où presque tout se vendait rapidement à n’importe quel prix semble moins présente dans plusieurs secteurs.
Une propriété bien préparée, bien présentée et bien évaluée peut encore se vendre avantageusement. Par contre, un prix trop élevé peut repousser les acheteurs, surtout si l’inventaire augmente dans le secteur.
Dans un marché qui se stabilise, la stratégie devient très importante. Le vendeur doit regarder les comparables récents, l’état de sa propriété et la concurrence directe.
Ce qu’il faut retenir
Le marché immobilier québécois montre des signes de stabilisation. Les prix ne baissent pas partout, mais les acheteurs sont plus prudents et l’inventaire augmente dans plusieurs marchés.
La région de Québec envoie un signal important avec un recul trimestriel du prix des maisons unifamiliales. Le Grand Montréal reste actif, mais le marché des condos montre des signes d’engorgement dans certains secteurs.
Pour les acheteurs, cette nouvelle phase peut offrir un peu plus de marge de manœuvre. Pour les vendeurs, elle demande plus de réalisme. Le Québec n’est pas en chute immobilière, mais il semble sortir progressivement de la frénésie des dernières années.