Immobilier : TD assombrit ses prévisions alors que les coûts d’emprunt remontent
Le marché immobilier canadien pourrait être beaucoup plus faible que prévu cette année. La Banque TD vient de réduire ses prévisions et s’attend maintenant à une baisse de 5 % des ventes résidentielles en 2026.
À la mi-année, TD prévoyait encore une baisse de seulement 3 %.
La raison principale est simple : les coûts d’emprunt augmentent de nouveau et commencent déjà à refroidir les acheteurs.
Les ventes ont déjà recommencé à reculer
En août, les ventes de propriétés au Canada ont diminué de 0,7 % par rapport à juillet, mettant fin à plusieurs mois d’amélioration.
Le prix de référence national est resté pratiquement inchangé.
Pour TD, ce ralentissement pourrait être le début d’une période beaucoup plus difficile.
La banque ne prévoit plus de véritable rebond rapide des ventes, même en 2027.
Le problème vient surtout des taux fixes
Le taux directeur de la Banque du Canada demeure à 2,25 %, et TD s’attend à ce qu’il reste à ce niveau pendant encore un certain temps.
Mais cela ne signifie pas que les hypothèques deviennent moins chères.
Les taux fixes dépendent surtout du marché obligataire.
TD prévoit maintenant que le rendement des obligations canadiennes à cinq ans pourrait atteindre environ 3,6 %, alors qu’elle prévoyait encore environ 3 % il y a quelques mois.
Cette hausse pousse les taux hypothécaires fixes vers le haut et réduit directement le pouvoir d’achat des ménages.
Une petite hausse peut faire une énorme différence
Lorsqu’un taux hypothécaire augmente, l’acheteur ne paie pas seulement davantage d’intérêts.
Il peut aussi se qualifier pour un prêt moins élevé.
Un ménage qui pouvait auparavant envisager une propriété de 700 000 $ peut devoir réduire son budget, augmenter sa mise de fonds ou simplement attendre.
C’est exactement le type de pression qui peut faire baisser les ventes même si les prix ne chutent pas immédiatement.
Les prix pourraient rester presque immobiles
TD continue de prévoir des prix résidentiels globalement stables en 2026.
Et pour 2027, la banque ne s’attend qu’à une hausse inférieure à 2 %.
D’autres économistes sont encore plus prudents et estiment que les prix pourraient reculer légèrement dans les prochains mois.
Après des années de fortes hausses, le scénario dominant devient donc celui d’un marché beaucoup plus lent, avec peu de croissance des prix et des volumes de ventes faibles.
Les investisseurs et la spéculation ont disparu
Une autre différence majeure avec les années du boom immobilier est la quasi-disparition de la spéculation.
Les investisseurs sont beaucoup moins actifs et les acheteurs prennent davantage leur temps.
Sans forte baisse des taux, sans croissance démographique vigoureuse et sans retour massif des investisseurs, il existe peu de facteurs capables de provoquer une nouvelle flambée rapide des prix.
Le Québec devrait se stabiliser… mais sans véritable explosion
Pour le Québec, TD prévoit une stabilisation des ventes et des prix.
Mais les gains devraient rester très modestes, soit moins de 1 %.
La banque souligne aussi que les ménages québécois semblent devenir plus prudents, comme le montre la hausse du taux d’épargne.
Cette prudence reflète notamment une abordabilité toujours difficile et un contexte économique moins solide.
À Montréal, Laval et ailleurs au Québec, cela pourrait signifier un marché plus calme, avec davantage de temps pour négocier et moins de pression pour acheter rapidement.
Pour les vendeurs : il faudra être réaliste
Dans un marché où les ventes diminuent et où les acheteurs sont sensibles aux taux, une propriété affichée trop cher peut rapidement rester longtemps sur le marché.
Les vendeurs pourraient devoir accepter davantage de négociation ou réviser leur prix.
Le marché n’est pas nécessairement en chute, mais il pardonnera beaucoup moins les prix trop ambitieux.
Pour les acheteurs : plus de pouvoir, mais un financement plus coûteux
La bonne nouvelle pour les acheteurs est qu’un marché plus lent signifie généralement moins de compétition.
La mauvaise nouvelle est que les taux fixes plus élevés peuvent annuler une partie de l’avantage obtenu sur le prix.
Une maison négociée 20 000 $ moins cher peut tout de même coûter davantage chaque mois si le taux hypothécaire augmente suffisamment.
Le vrai calcul ne doit donc plus porter uniquement sur le prix de la propriété, mais sur le coût total du financement.
Le message de TD est clair
Le marché immobilier canadien ne semble pas se diriger vers un nouveau boom.
TD prévoit maintenant 5 % moins de ventes cette année, des prix essentiellement stables et une reprise très limitée en 2027.
Pour les acheteurs, les coûts d’emprunt restent le principal obstacle. Pour les vendeurs, le temps des hausses faciles et des offres multiples généralisées semble loin derrière.
Si les taux fixes continuent de monter, le marché immobilier pourrait rester bloqué plus longtemps que prévu — avec des acheteurs prudents, des vendeurs plus flexibles et des prix qui avancent à peine.