Les taux d’intérêt pourraient-ils remonter au Québec? Ce que les acheteurs immobiliers doivent savoir
Depuis plusieurs mois, de nombreux acheteurs espéraient voir les taux d’intérêt continuer de diminuer. Or, les plus récentes données économiques montrent que la situation pourrait être plus compliquée que prévu.
Même si l’économie canadienne a ralenti au début de l’année, plusieurs indicateurs demeurent plus solides qu’anticipé. Cette situation pourrait inciter la Banque du Canada à maintenir les taux d’intérêt à leur niveau actuel plus longtemps, et certains experts n’excluent même pas la possibilité d’une hausse en 2026 si l’inflation repart à la hausse.
Une économie qui envoie des signaux contradictoires
À première vue, les nouvelles économiques semblent préoccupantes. L’économie canadienne a reculé pendant deux trimestres consécutifs, ce qui correspond à ce qu’on appelle généralement une récession technique.
Cependant, la réalité est plus nuancée.
Malgré ce ralentissement, le marché de l’emploi continue de bien résister. Plusieurs entreprises embauchent encore et le nombre de personnes au travail demeure relativement élevé comparativement à ce qu’on observe habituellement lors d’une véritable récession.
Cette situation place la Banque du Canada dans une position délicate. D’un côté, une économie plus faible pourrait justifier une baisse des taux d’intérêt. De l’autre, un marché de l’emploi encore solide pourrait maintenir certaines pressions sur les prix.
Pourquoi cela influence-t-il les acheteurs immobiliers?
Les taux d’intérêt influencent directement le coût d’un prêt immobilier et, par conséquent, la capacité d’emprunt des ménages.
Lorsque les marchés croient que les taux vont baisser, les conditions de financement deviennent généralement plus favorables. À l’inverse, lorsqu’un retour de l’inflation est anticipé, les institutions financières deviennent plus prudentes et les coûts d’emprunt peuvent augmenter.
C’est exactement ce que l’on observe actuellement. Les attentes de nouvelles baisses de taux se sont considérablement calmées depuis quelques semaines.
Le marché immobilier de Montréal demeure prudent
Dans la région de Montréal, cette incertitude commence déjà à influencer le comportement des acheteurs.
Même si les propriétés continuent de se vendre, plusieurs ménages prennent davantage leur temps avant de s’engager. Les premiers acheteurs demeurent particulièrement sensibles aux variations des taux d’intérêt puisque leur budget est souvent plus serré.
Du côté des copropriétés, l’offre est plus abondante qu’au cours des dernières années, ce qui donne davantage de choix aux acheteurs. Cependant, les maisons unifamiliales situées dans les secteurs recherchés de Laval, de la Rive-Nord et de la Rive-Sud continuent d’attirer beaucoup d’intérêt.
Pour plusieurs familles, quelques dixièmes de point de pourcentage peuvent faire une grande différence. Une légère hausse du taux d’intérêt peut parfois réduire le montant qu’une banque est prête à financer de plusieurs dizaines de milliers de dollars.
Les hypothèques de trois ans gagnent en popularité
Face à l’incertitude actuelle, plusieurs emprunteurs hésitent à s’engager pour une longue période.
Les hypothèques de trois ans connaissent donc un regain de popularité. Elles permettent d’obtenir une certaine stabilité tout en laissant la porte ouverte à un renouvellement plus rapide si les taux diminuent dans les prochaines années.
Plusieurs acheteurs préfèrent actuellement cette approche plutôt que de s’engager pour cinq ans dans un contexte économique difficile à prévoir.
Que devraient faire les acheteurs?
Dans le contexte actuel, la meilleure stratégie demeure de bâtir son projet immobilier en fonction de son budget réel plutôt que de miser sur une éventuelle baisse des taux.
Personne ne peut prédire avec certitude ce que fera la Banque du Canada dans six mois ou dans un an.
Les acheteurs devraient s’assurer que leurs paiements demeurent confortables même si les taux restent élevés plus longtemps que prévu.
Il est également conseillé de conserver une marge de manœuvre financière afin de faire face aux imprévus liés à la propriété ou à l’évolution de la situation économique.
Des mois importants à venir
Les prochains mois seront déterminants pour l’économie canadienne.
L’évolution de l’inflation, du marché de l’emploi et des prix de l’énergie influencera directement les décisions de la Banque du Canada.
Pour les acheteurs du Grand Montréal, le message est simple : les baisses de taux qui semblaient probables en début d’année sont aujourd’hui beaucoup moins certaines.
Même si une hausse n’est pas imminente, elle ne peut plus être complètement écartée. Dans ce contexte, la prudence, une bonne planification financière et un budget réaliste demeurent les meilleurs alliés des futurs propriétaires.