Marché hypothécaire : une reprise se dessine, mais les acheteurs demeurent prudents
Après plusieurs mois d’incertitude, le marché immobilier canadien semble graduellement retrouver un certain équilibre. Les prix se stabilisent dans plusieurs régions et les ventes montrent quelques signes de reprise. Toutefois, les acheteurs continuent d’avancer avec prudence, freinés par les coûts élevés du logement et l’incertitude entourant les taux d’intérêt.
C’est le constat qui ressort d’une récente analyse de Morningstar DBRS sur l’évolution du marché hypothécaire canadien.
Le marché immobilier cesse de ralentir
Les dernières données montrent que le marché résidentiel semble avoir atteint un point d’équilibre après plusieurs périodes de ralentissement.
Dans plusieurs régions du pays, les prix des propriétés ne baissent plus de façon importante et les ventes commencent à reprendre doucement.
Cette stabilisation est particulièrement visible au Québec, dans les provinces atlantiques et dans certaines régions des Prairies canadiennes.
À l’inverse, certains grands marchés comme Toronto et Vancouver continuent de faire face à davantage de défis, notamment dans le secteur des copropriétés où plusieurs unités demeurent invendues ou vacantes.
Les acheteurs restent sur leurs gardes
Même si les conditions se sont légèrement améliorées au printemps, plusieurs ménages hésitent encore à acheter une propriété.
Les taux d’intérêt demeurent plus élevés qu’au cours des années ayant suivi la pandémie et le coût des propriétés continue de représenter un défi pour de nombreux acheteurs.
Cette prudence se reflète dans les statistiques nationales.
Selon les données de l’Association canadienne de l’immobilier (ACI), les ventes résidentielles de mai 2026 demeuraient inférieures à celles observées un an plus tôt. Toutefois, elles ont progressé par rapport au mois d’avril, une première hausse mensuelle depuis le début de l’année.
Cette amélioration laisse croire que certains acheteurs commencent graduellement à revenir sur le marché.
Les prix semblent se stabiliser
Après plusieurs mois de fluctuations, les prix des propriétés affichent désormais une plus grande stabilité.
Le prix moyen des propriétés vendues au Canada a légèrement augmenté au cours de la dernière année, tandis que les variations mensuelles demeurent relativement faibles.
Pour les acheteurs comme pour les vendeurs, cette situation apporte un peu plus de prévisibilité dans un marché qui a connu plusieurs changements rapides depuis quelques années.
Le véritable problème demeure le manque de logements
Malgré certains signes encourageants, plusieurs observateurs rappellent que le principal défi du marché immobilier canadien demeure l’offre insuffisante de logements.
Les mesures destinées à stimuler les achats peuvent aider temporairement le marché, mais elles ne règlent pas le problème fondamental : il n’y a toujours pas assez de logements pour répondre à la demande à long terme.
Tant que la construction résidentielle ne parviendra pas à combler ce déficit, les enjeux d’accessibilité risquent de persister dans plusieurs régions du pays.
Les banques constatent aussi le ralentissement
Le marché plus calme se reflète également dans les chiffres des institutions financières.
La croissance des prêts hypothécaires demeure modeste depuis le début de l’année. Les nouveaux financements progressent, mais à un rythme beaucoup plus lent que lors des années de forte activité immobilière.
Les spécialistes s’attendent toutefois à une légère amélioration au cours de la deuxième moitié de 2026.
La reprise devrait néanmoins demeurer graduelle plutôt qu’explosive.
Taux fixe ou taux variable?
Les habitudes des emprunteurs ont également beaucoup changé au cours des dernières années.
Lorsque les taux d’intérêt ont atteint leurs sommets en 2023, la grande majorité des acheteurs privilégiaient les prêts à taux fixe.
Avec la baisse graduelle des taux observée depuis, les prêts à taux variable ont regagné en popularité, même si plusieurs emprunteurs continuent de privilégier la sécurité offerte par les taux fixes.
Aujourd’hui, les deux options attirent une part importante du marché.
Les propriétaires continuent généralement de bien rembourser leurs prêts
Malgré les défis économiques, la situation demeure relativement stable du côté des remboursements hypothécaires.
Les retards de paiement ont légèrement augmenté, ce qui est normal dans un contexte de coûts de logement plus élevés. Toutefois, les niveaux observés demeurent relativement faibles selon les standards historiques.
Les institutions financières considèrent encore que la majorité des propriétaires disposent d’une marge de sécurité suffisante pour absorber une éventuelle baisse des prix ou une période économique plus difficile.
Les taux d’intérêt demeurent le principal point d’interrogation
Pour les prochains mois, l’attention du marché restera tournée vers la Banque du Canada.
La plupart des analystes s’attendent à une période de stabilité à court terme. Toutefois, l’évolution de l’économie, de l’inflation et des prix de l’énergie pourrait influencer les prochaines décisions.
Si l’économie ralentit davantage, de nouvelles baisses de taux pourraient être envisagées. À l’inverse, si l’inflation repart à la hausse, les autorités pourraient être forcées de maintenir des taux plus élevés pendant plus longtemps.
Une reprise graduelle plutôt qu’un retour au boom immobilier
Le marché immobilier canadien semble donc entrer dans une phase de stabilisation après plusieurs années particulièrement mouvementées.
Les ventes montrent des signes de reprise, les prix se stabilisent et les conditions de financement deviennent un peu plus prévisibles.
Cependant, les acheteurs demeurent prudents et les défis liés à l’accessibilité au logement restent bien présents.
Pour l’instant, les spécialistes s’attendent davantage à une reprise progressive qu’à un retour rapide aux marchés extrêmement actifs observés durant la pandémie.
Source : Analyse du marché hypothécaire canadien publiée par Morningstar DBRS, juin 2026.
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