Refinancer sa maison n'est pas toujours la solution : quand il faut regarder la situation dans son ensemble
Actualité hypothécaire19 June 20265 min de lecture

Refinancer sa maison n’est pas toujours la solution : quand il faut regarder la situation dans son ensemble

Actualité hypothécaire

Refinancer sa maison n’est pas toujours la solution : quand il faut regarder la situation dans son ensemble

19 June 20265 min de lecture

Pendant plusieurs années, de nombreux propriétaires québécois ont utilisé la valeur croissante de leur propriété comme un outil financier. Lorsque les dépenses augmentaient ou que les dettes s’accumulaient, il suffisait souvent de refinancer l’hypothèque pour retrouver un peu de marge de manœuvre.

Aujourd’hui, cette stratégie n’est plus aussi simple.

Avec des taux d’intérêt plus élevés, des renouvellements hypothécaires plus coûteux et un marché immobilier qui s’est stabilisé dans plusieurs régions, certains propriétaires découvrent qu’un nouveau prêt ne règle pas nécessairement leurs problèmes financiers.

Le refinancement a longtemps été une solution facile

Durant les années où les prix des propriétés augmentaient rapidement, plusieurs ménages ont vu leur valeur nette grimper sans effort.

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Cette situation permettait souvent :

  • de consolider des dettes de cartes de crédit;
  • de rembourser une marge de crédit;
  • de financer des rénovations;
  • de réduire temporairement les paiements mensuels.

Tant que la valeur des propriétés continuait de progresser, les propriétaires avaient généralement accès à plusieurs options de financement.

Mais le contexte a changé.

La valeur nette n’est plus illimitée

Dans plusieurs marchés, les prix ont cessé d’augmenter au rythme observé pendant la pandémie.

Pendant ce temps, les coûts de la vie ont fortement augmenté.

Les paiements hypothécaires, les taxes municipales, les assurances, l’épicerie et les taux d’intérêt exercent aujourd’hui une pression importante sur le budget de nombreux ménages.

Résultat : plusieurs propriétaires constatent que la marge financière qu’ils croyaient posséder est beaucoup plus petite qu’auparavant.

Lorsque la valeur nette diminue ou cesse d’augmenter, refinancer devient souvent plus difficile.

Les problèmes financiers commencent rarement par l’hypothèque

Contrairement à ce que plusieurs croient, les difficultés financières ne débutent généralement pas avec le paiement hypothécaire.

Elles apparaissent souvent beaucoup plus tôt.

Une carte de crédit qui se remplit graduellement. Une marge de crédit utilisée de plus en plus fréquemment. Une facture imprévue. Un véhicule plus coûteux. Une hausse des dépenses courantes.

Pris individuellement, ces éléments semblent parfois mineurs.

Mais lorsqu’ils s’accumulent sur plusieurs années, ils peuvent finir par fragiliser l’ensemble de la situation financière.

Très souvent, les propriétaires continuent de payer leur hypothèque à temps alors que le reste de leurs finances se détériore discrètement.

Le refinancement peut reporter le problème sans le résoudre

Lorsqu’un ménage commence à éprouver des difficultés financières, le refinancement apparaît souvent comme la solution la plus évidente.

Dans certains cas, cette stratégie est effectivement appropriée.

Elle peut permettre de restructurer les finances, de réduire les paiements mensuels et de retrouver une certaine stabilité.

Cependant, lorsque les problèmes proviennent d’un endettement excessif ou d’un budget devenu insoutenable, un nouveau prêt risque simplement de repousser l’échéance.

Ajouter une dette à une autre dette ne règle pas toujours la situation de fond.

Les prêts privés peuvent aider… temporairement

Au Québec, certains propriétaires se tournent vers des prêteurs privés lorsqu’ils ne sont plus admissibles aux produits traditionnels offerts par les grandes institutions financières.

Ces solutions peuvent être utiles dans certaines circonstances.

Elles permettent souvent d’obtenir du temps supplémentaire pour réorganiser ses finances ou traverser une période difficile.

Mais les spécialistes rappellent qu’un prêt privé doit généralement être considéré comme une solution temporaire et non comme une stratégie à long terme.

Si les revenus n’augmentent pas, si les dettes ne diminuent pas ou si les dépenses demeurent trop élevées, les mêmes problèmes risquent de réapparaître quelques mois plus tard.

Quand conserver la maison devient plus coûteux que la vendre

Pour plusieurs familles, la maison représente bien plus qu’un simple investissement.

Elle est associée à la stabilité, aux souvenirs et à la sécurité.

C’est pourquoi l’idée de vendre est souvent difficile à envisager.

Toutefois, dans certaines situations, s’accrocher à une propriété coûte que coûte peut entraîner davantage de stress financier.

Lorsque les dettes augmentent continuellement, que les refinancements deviennent impossibles et que les paiements deviennent difficiles à assumer, il peut être pertinent d’évaluer toutes les options disponibles.

Parfois, vendre permet de protéger le capital accumulé et d’éviter que la situation ne se détériore davantage.

Le marché québécois entre dans une nouvelle phase

Avec le ralentissement de la croissance démographique, la stabilisation des prix dans plusieurs secteurs et les renouvellements hypothécaires à des taux plus élevés, plusieurs propriétaires québécois devront réévaluer leur situation financière au cours des prochaines années.

Les stratégies qui fonctionnaient il y a cinq ans ne sont pas nécessairement adaptées au contexte actuel.

C’est pourquoi les experts recommandent d’analyser l’ensemble de la situation financière plutôt que de se concentrer uniquement sur l’hypothèque.

Prendre du recul avant de prendre une décision

Chaque situation est différente.

Pour certains ménages, un refinancement demeurera la meilleure solution. Pour d’autres, une restructuration plus complète des finances sera nécessaire.

L’important est de prendre une décision basée sur la réalité actuelle plutôt que sur l’espoir d’une future hausse des prix immobiliers.

Dans un marché plus équilibré et plus prudent qu’au cours des dernières années, la meilleure stratégie consiste souvent à regarder au-delà du simple taux hypothécaire et à se poser une question fondamentale :

Cette décision améliore-t-elle réellement ma situation financière à long terme?

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