Les prix baissent au Canada, mais le Québec suit sa propre trajectoire
Actualité immobilière27 July 20267 min de lecture

Les prix baissent au Canada, mais le Québec suit sa propre trajectoire

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Les prix baissent au Canada, mais le Québec suit sa propre trajectoire

27 July 20267 min de lecture

Le marché immobilier canadien donne parfois l’impression d’être en pleine correction. Pourtant, lorsqu’on regarde les provinces une par une, le portrait devient beaucoup plus nuancé.

Selon les données de CREA, le prix d’une propriété type a légèrement reculé à l’échelle nationale en juin. Mais dans plusieurs provinces, les prix continuent plutôt de monter, parfois même jusqu’à de nouveaux sommets.

En termes simples, la baisse nationale est surtout influencée par certains grands marchés, surtout l’Ontario et la Colombie-Britannique. Le Québec, lui, résiste beaucoup mieux.

Le prix national recule légèrement

En juin, le prix d’une propriété type au Canada a diminué de 0,3 %, soit environ 1 900 $, pour atteindre 665 600 $.

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Sur un an, cela représente une baisse de 3,6 %, soit environ 24 700 $ de moins.

Depuis le sommet de mars 2022, le prix national est en recul d’environ 20,9 %, ce qui représente une baisse d’environ 175 500 $.

À première vue, ces chiffres donnent l’impression d’une correction immobilière importante. Mais cette moyenne nationale cache de grandes différences entre les provinces.

La correction n’est pas partout

Le mot “correction” signifie généralement que les prix reculent après une période de forte hausse.

Mais selon les données de CREA, plusieurs provinces ne vivent pas vraiment cette correction de la même façon. Dans plusieurs marchés, les prix sont encore très près de leurs sommets historiques.

C’est notamment le cas de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard, du Québec et de la Saskatchewan.

Ces marchés montrent que le Canada immobilier n’est pas un seul marché. Il s’agit plutôt d’un ensemble de marchés régionaux qui peuvent évoluer dans des directions différentes.

L’Atlantique affiche de fortes hausses

En juin, certaines provinces de l’Atlantique ont connu des hausses importantes.

L’Île-du-Prince-Édouard a enregistré une hausse mensuelle de 7,5 %, soit environ 28 833 $ de plus en un mois.

La Nouvelle-Écosse a aussi progressé fortement, avec une hausse de 5,2 %, soit environ 23 026 $.

Terre-Neuve-et-Labrador a connu une hausse de 2,3 %, soit environ 8 100 $.

Ces hausses montrent que certains marchés demeurent très serrés, même pendant que le prix national recule légèrement.

Le Nouveau-Brunswick montre un premier signe de ralentissement

Le Nouveau-Brunswick a toutefois évolué dans l’autre direction en juin. Le prix d’une propriété type y a reculé de 1,8 %, soit environ 6 230 $.

Il s’agit de la plus forte baisse mensuelle parmi les provinces suivies dans les données.

Ce recul ne veut pas nécessairement dire que le marché du Nouveau-Brunswick entre dans une forte correction, mais il mérite d’être surveillé. Après plusieurs hausses rapides, certains marchés peuvent naturellement perdre un peu de vitesse.

Ontario et Colombie-Britannique tirent la moyenne vers le bas

Les deux marchés qui expliquent le plus la faiblesse nationale sont l’Ontario et la Colombie-Britannique.

En juin, le prix de référence a reculé de 0,5 % en Ontario, soit environ 3 600 $. En Colombie-Britannique, il a diminué de 0,2 %, soit environ 2 100 $.

Mais le plus important se voit lorsqu’on compare les prix actuels avec les sommets de 2022.

En Colombie-Britannique, les prix sont environ 15 % sous leur sommet. En Ontario, la baisse est encore plus marquée, avec un recul d’environ 25,2 % depuis le sommet de mars 2022.

Autrement dit, la correction canadienne est surtout concentrée dans les marchés les plus chers et les plus exposés à la hausse des taux.

Le Québec fait bande à part

Le Québec se retrouve dans une position différente. Selon les données mentionnées, le marché québécois est encore très près de son sommet historique.

Cela ne veut pas dire que le marché est facile pour les acheteurs. Les prix demeurent élevés, les paiements hypothécaires restent lourds et plusieurs ménages doivent encore faire des compromis.

Mais contrairement à l’Ontario et à la Colombie-Britannique, le Québec n’a pas connu une forte baisse généralisée des prix.

Dans plusieurs secteurs de Montréal, Laval, Longueuil, la Rive-Nord, la Rive-Sud, Québec, Sherbrooke et Trois-Rivières, la demande demeure présente, surtout pour les propriétés bien situées et bien entretenues.

Pourquoi le Québec résiste mieux?

Plusieurs raisons peuvent expliquer la résistance du marché québécois.

D’abord, les prix de départ étaient généralement moins élevés qu’à Toronto ou Vancouver. Les hausses ont été importantes au Québec, mais elles n’ont pas atteint les mêmes niveaux extrêmes que dans certains marchés de l’Ontario ou de la Colombie-Britannique.

Ensuite, l’offre demeure limitée dans plusieurs secteurs. Quand il n’y a pas assez de propriétés disponibles pour répondre à la demande, les prix ont tendance à mieux tenir.

Finalement, le marché québécois est davantage soutenu par des acheteurs locaux qui cherchent une résidence principale, plutôt que seulement par une forte spéculation.

La moyenne canadienne peut être trompeuse

Quand on dit que les prix baissent au Canada, il faut toujours demander : où exactement?

Une moyenne nationale peut donner une impression générale, mais elle peut aussi cacher des réalités très différentes.

Si les prix baissent fortement en Ontario, cela peut faire reculer la moyenne canadienne, même si les prix montent ailleurs.

Pour un acheteur québécois, la donnée nationale est donc utile, mais elle ne remplace jamais une analyse locale.

Ce que cela signifie pour les acheteurs au Québec

Pour les acheteurs québécois, il serait risqué de supposer qu’une forte baisse nationale va automatiquement se traduire par de grosses aubaines au Québec.

Dans plusieurs secteurs, les bonnes propriétés demeurent recherchées. Les acheteurs ont parfois un peu plus de choix qu’avant, mais ils doivent encore bien préparer leur dossier.

Avant d’acheter, il faut regarder le coût total de propriété :

  • le paiement hypothécaire;
  • les taxes municipales;
  • les taxes scolaires;
  • l’assurance habitation;
  • les frais de condo, s’il y a lieu;
  • le chauffage et l’électricité;
  • l’entretien;
  • les réparations possibles;
  • une marge pour les imprévus.

Le bon réflexe n’est pas d’attendre une baisse nationale. C’est de vérifier si une propriété précise est bien positionnée dans son marché local.

Ce que cela signifie pour les vendeurs

Pour les vendeurs québécois, la résistance du marché est encourageante. Elle montre que la demande demeure solide dans plusieurs secteurs.

Mais cela ne veut pas dire qu’il faut afficher à n’importe quel prix. Les acheteurs sont plus prudents qu’avant et comparent davantage.

Une propriété bien entretenue, bien présentée et bien évaluée peut encore attirer de l’intérêt. Par contre, une propriété trop chère peut rester plus longtemps sur le marché, surtout si l’inventaire augmente dans le secteur.

Les condos doivent être analysés avec attention

Le marché des condos peut être différent de celui des maisons unifamiliales.

Dans certains secteurs, les condos restent recherchés parce qu’ils représentent une porte d’entrée plus abordable vers la propriété. Dans d’autres secteurs, l’offre augmente et les acheteurs deviennent plus sélectifs.

Au Québec, les acheteurs de condos devraient porter une attention particulière aux frais de condo, au fonds de prévoyance, aux travaux à venir et à la qualité de la gestion de l’immeuble.

Ce qu’il faut retenir

Selon les données de CREA, le prix d’une propriété type au Canada a légèrement reculé en juin, et il demeure bien sous son sommet de 2022 à l’échelle nationale.

Mais cette baisse nationale ne raconte pas toute l’histoire. Plusieurs provinces sont encore près de leurs sommets, et certaines ont même connu de fortes hausses récentes.

Le Québec fait partie des marchés qui résistent mieux. Les prix y demeurent solides, soutenus par une offre limitée et une demande encore présente.

La grande leçon est simple : il n’existe pas un seul marché immobilier canadien. Il existe plusieurs marchés locaux. Pour acheter ou vendre intelligemment, il faut regarder les chiffres de sa région, de sa ville et même de son quartier.

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