Les jeunes Canadiens gagnent moins qu’il y a 50 ans… pendant que les revenus des 65 ans et plus explosent
Finances12 August 20265 min de lecture

Les jeunes Canadiens gagnent moins qu’il y a 50 ans… pendant que les revenus des 65 ans et plus explosent

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Les jeunes Canadiens gagnent moins qu’il y a 50 ans… pendant que les revenus des 65 ans et plus explosent

12 August 20265 min de lecture

C’est un constat qui risque de faire grincer des dents : malgré près d’un demi-siècle de croissance économique, de progrès technologiques et de hausse spectaculaire du prix des propriétés, les jeunes adultes canadiens gagnent aujourd’hui moins qu’il y a 50 ans une fois l’inflation prise en compte.

Et pendant que les nouvelles générations peinent à avancer, la situation est complètement différente chez les Canadiens plus âgés.

Les données montrent un écart générationnel de plus en plus difficile à ignorer.

Le revenu moyen n’avance pratiquement plus

En 2024, le revenu médian d’un travailleur canadien s’établissait à environ 46 300 $.

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Mais une fois l’inflation prise en compte, il n’avait pratiquement pas progressé par rapport à l’année précédente.

Autrement dit, même si le montant inscrit sur la paie peut être plus élevé, le pouvoir d’achat réel n’a presque pas bougé.

Et derrière cette moyenne se cache une réalité beaucoup plus inquiétante : les jeunes travailleurs perdent du terrain.

Les moins de 35 ans frappés de plein fouet

En seulement un an, le revenu réel des travailleurs âgés de 15 à 24 ans a reculé de 1,9 %.

Chez les 25 à 34 ans, la baisse atteint 2,4 %.

C’est particulièrement préoccupant puisque cette tranche d’âge correspond souvent aux années où l’on tente de devenir autonome financièrement, de quitter le domicile familial, d’acheter une première propriété ou de fonder une famille.

Pendant ce temps, les travailleurs plus âgés ont généralement connu une meilleure année :

  • 35 à 44 ans : +0,8 %
  • 45 à 54 ans : +2,0 %
  • 55 à 64 ans : +1,9 %
  • 65 ans et plus : +1,8 %

Le contraste est frappant : pendant que les jeunes voient leur pouvoir d’achat reculer, les groupes plus âgés continuent, eux, de gagner du terrain.

Depuis 2021, l’écart devient encore plus évident

Depuis 2021, le revenu médian réel de l’ensemble des Canadiens de 15 ans et plus a diminué d’environ 1,3 %.

Mais pour les jeunes adultes, la chute est beaucoup plus brutale.

  • 15 à 24 ans : -16,5 %
  • 25 à 34 ans : -6,9 %
  • 35 à 44 ans : -2,0 %

À l’opposé, les groupes plus âgés ont vu leurs revenus réels augmenter :

  • 45 à 54 ans : +4,6 %
  • 55 à 64 ans : +1,3 %
  • 65 ans et plus : +3,7 %

La fracture entre les générations devient donc de plus en plus difficile à expliquer uniquement par les fluctuations normales de l’économie.

Le chiffre qui choque : les jeunes gagnent moins qu’en 1976

C’est lorsqu’on remonte jusqu’aux années 1970 que la situation devient véritablement spectaculaire.

Depuis 1976, le revenu médian réel des Canadiens de 15 ans et plus n’a progressé que de 9,2 %.

Sur près de 50 ans, c’est extrêmement peu.

Mais pour les jeunes travailleurs, le résultat est encore pire.

Le revenu réel des Canadiens âgés de 15 à 24 ans est aujourd’hui environ 24 % plus faible qu’à la fin des années 1970.

Le sommet de leurs revenus remonte même à 1977.

Chez les 25 à 34 ans, le revenu réel est environ 7 % inférieur à celui de 1976.

Oui, cela signifie qu’un jeune adulte canadien peut aujourd’hui gagner moins, en pouvoir d’achat réel, qu’une personne du même âge il y a près d’un demi-siècle.

Pendant ce temps, les revenus des 65 ans et plus ont bondi de 135 %

La différence avec les générations plus âgées est spectaculaire.

Depuis 1976, les revenus réels ont progressé d’environ :

  • 5 % chez les 35 à 44 ans
  • 19 % chez les 45 à 54 ans
  • 27 % chez les 55 à 64 ans
  • 135 % chez les 65 ans et plus

En comparaison, l’ensemble de la population n’a enregistré qu’une progression d’environ 9,2 %.

Les revenus des personnes de 65 ans et plus ont donc augmenté à un rythme sans commune mesure avec celui observé chez les jeunes générations.

Et le logement rend la situation encore plus explosive

Le problème n’est évidemment pas que les personnes plus âgées aient amélioré leur situation financière. Une hausse de leur niveau de vie est une bonne nouvelle.

Le véritable problème se trouve de l’autre côté de l’équation.

Les jeunes adultes gagnent moins en termes réels qu’il y a plusieurs décennies, mais doivent aujourd’hui faire face à des coûts de logement beaucoup plus difficiles à absorber.

Autrefois, un jeune ménage pouvait commencer sa carrière avec un revenu réel relativement plus élevé tout en achetant une propriété à un prix beaucoup plus accessible.

Aujourd’hui, plusieurs jeunes doivent composer avec :

  • des prix de propriété beaucoup plus élevés;
  • des loyers importants;
  • des coûts d’emprunt élevés;
  • des dépenses courantes plus lourdes;
  • et un revenu réel qui, dans certains groupes d’âge, n’a même pas retrouvé son niveau d’il y a 50 ans.

Le rêve de devenir propriétaire recule de plus en plus

Pour beaucoup de jeunes Canadiens, acheter une première propriété ne se fait donc plus au début de la vie adulte.

Il faut souvent attendre plusieurs années supplémentaires, économiser beaucoup plus longtemps, recevoir de l’aide familiale ou atteindre une période de la carrière où le revenu est nettement plus élevé.

Cette réalité contribue directement à repousser plusieurs grandes étapes de la vie : l’achat d’une maison, le départ du domicile familial, la formation d’un ménage et parfois même la décision d’avoir des enfants.

Une fracture générationnelle qui pourrait devenir impossible à ignorer

Le Canada ne fait donc pas seulement face à un problème de coût du logement.

Il fait face à un problème beaucoup plus profond : les nouvelles générations doivent construire leur avenir avec un pouvoir d’achat inférieur à celui dont disposaient les jeunes adultes il y a plusieurs décennies.

Et lorsque les revenus stagnent pendant que le logement, les dettes et les dépenses courantes continuent de grimper, l’équation devient de plus en plus difficile.

Pour toute une génération, la question n’est peut-être plus seulement de savoir quand elle pourra atteindre le même niveau de vie que ses parents.

La question devient plutôt : pourra-t-elle réellement l’atteindre un jour?

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