Analyse RBC : le marché immobilier se redresse… mais le vrai retour à la normale pourrait prendre encore deux ans
Actualité immobilière21 August 20268 min de lecture

Analyse RBC : le marché immobilier se redresse… mais le vrai retour à la normale pourrait prendre encore deux ans

Actualité immobilière

Analyse RBC : le marché immobilier se redresse… mais le vrai retour à la normale pourrait prendre encore deux ans

21 August 20268 min de lecture

Le pire de la correction immobilière canadienne est peut-être derrière nous. Mais pour ceux qui espèrent un retour rapide à un marché dynamique, les nouvelles sont beaucoup moins encourageantes.

Selon une récente analyse de RBC, les ventes et les prix semblent enfin avoir touché leur creux dans plusieurs régions du pays.

Le marché recommence tranquillement à bouger.

Mais au rythme actuel, il pourrait encore falloir environ deux ans et demi avant que l’activité immobilière retrouve simplement sa moyenne historique.

Publicité
250 × 250

Autrement dit : le marché ne s’effondre plus… mais il est encore très loin d’un véritable boom.

Enfin un premier signal positif sur les prix

Les dernières données de l’Association canadienne de l’immobilier apportent quelques bonnes nouvelles.

En juillet, les ventes résidentielles ont augmenté de 0,5 % par rapport au mois précédent.

C’était un quatrième mois consécutif de progression.

Encore plus intéressant : le prix de référence national des propriétés a augmenté de 0,1 %.

C’est très peu.

Mais il s’agit de la première hausse mensuelle en plus d’un an et demi.

Après une longue période de recul, le marché semble donc enfin montrer des signes de stabilisation.

Mais attention : les ventes restent très faibles

Le problème apparaît lorsqu’on compare l’activité actuelle avec ce qui est considéré comme normal.

Sur une base annualisée, le rythme des ventes se situait autour de 457 500 transactions en juillet.

C’est encore environ 12 % sous la moyenne des dix dernières années.

Et selon RBC, si le marché continuait d’avancer au rythme observé récemment, il faudrait environ deux ans et demi pour simplement revenir à cette moyenne.

Nous ne sommes donc pas devant une reprise spectaculaire. Nous assistons plutôt aux premiers pas d’un marché qui tente lentement de se relever.

Pourquoi la reprise risque-t-elle d’être aussi lente?

Plusieurs éléments empêchent encore le marché de repartir rapidement.

D’abord, il n’y a pas de nouvelles baisses importantes des taux d’intérêt à l’horizon immédiat.

Ensuite, la croissance démographique a nettement ralenti.

À cela s’ajoute une économie encore incertaine, qui pousse plusieurs ménages à retarder leurs grandes décisions financières.

Un acheteur peut aimer une propriété et avoir une mise de fonds suffisante, mais il peut tout de même hésiter s’il craint pour son emploi ou s’il estime que son paiement hypothécaire est trop élevé.

Pour qu’un marché immobilier reparte vraiment, il ne suffit pas que les prix arrêtent de baisser. Les acheteurs doivent aussi retrouver confiance.

Le Canada immobilier commence à se renverser

Un changement particulièrement intéressant est en train de se produire entre les différentes régions du pays.

Pendant plusieurs années, certains marchés étaient en pleine surchauffe pendant que d’autres corrigeaient fortement.

Maintenant, ces extrêmes commencent à se rapprocher.

Les régions les plus faibles montrent des signes de reprise, tandis que plusieurs marchés qui étaient très solides commencent à ralentir.

Le Canada immobilier semble donc progressivement revenir vers une situation plus équilibrée.

L’Ontario, longtemps en difficulté, commence à rebondir

L’Ontario a été l’une des régions les plus durement frappées par la correction immobilière.

Les prix y ont reculé fortement et les ventes ont connu un important ralentissement.

Mais depuis quatre mois, la province contribue maintenant fortement à la remontée des ventes nationales.

Des marchés comme Toronto, Hamilton, Kitchener-Waterloo, London et Ottawa ont enregistré une hausse de l’activité.

Les prix ont même commencé à progresser dans certains secteurs, notamment à Toronto et Ottawa.

Le marché qui semblait le plus fragile commence donc tranquillement à reprendre vie.

Pendant ce temps, le Québec commence à perdre de la vitesse

Le contraste est particulièrement intéressant pour le Québec.

Alors que l’Ontario se stabilise après une forte correction, plusieurs marchés québécois qui avaient mieux résisté commencent maintenant à ralentir.

En juillet, les ventes ont diminué par rapport au mois précédent à Montréal et à Québec.

Les prix continuent de progresser, mais beaucoup moins rapidement qu’au début de l’année.

Selon l’analyse de RBC, les hausses annuelles de prix à Montréal et à Québec sont maintenant moins de la moitié de ce qu’elles étaient au début de 2026.

C’est un changement important.

Le marché québécois ne s’effondre pas.

Mais la période de croissance rapide semble clairement perdre de son élan.

Montréal : toujours des hausses de prix, mais beaucoup moins impressionnantes

Pour les acheteurs montréalais, ce ralentissement pourrait représenter un changement bienvenu.

Pendant plusieurs mois, la demande est restée solide et les prix ont continué d’augmenter malgré les difficultés observées ailleurs au Canada.

Maintenant, la progression commence à se calmer.

Cela pourrait éventuellement réduire la pression sur les acheteurs et donner davantage de temps pour comparer, négocier et réfléchir avant de déposer une offre.

Mais une croissance plus lente ne signifie pas automatiquement une baisse des prix.

Pour l’instant, les valeurs immobilières continuent d’augmenter dans plusieurs secteurs du Québec.

Québec aussi commence à montrer des signes de fatigue

La région de Québec a connu une croissance particulièrement forte au cours des derniers mois.

Mais là aussi, la dynamique commence à changer.

Les ventes ont reculé en juillet et la croissance annuelle des prix ralentit.

Après une période où Québec figurait parmi les marchés les plus dynamiques du pays, la hausse semble maintenant manquer de souffle.

Cela pourrait être le début d’un retour vers un marché plus équilibré — ou simplement une pause après plusieurs mois de forte progression.

Pourquoi l’Ontario pourrait reprendre plus rapidement

RBC estime que l’Ontario pourrait continuer de s’améliorer graduellement.

Une partie importante de la correction des prix y a déjà eu lieu.

L’abordabilité reste difficile, mais elle s’est améliorée par rapport aux sommets.

Si le marché de l’emploi tient bon et que la confiance revient, une partie des acheteurs qui attendent depuis plusieurs mois pourrait finalement revenir.

C’est ce qu’on appelle la demande accumulée : des ménages qui veulent acheter, mais qui repoussent leur décision en attendant de meilleures conditions.

Le Québec pourrait connaître le phénomène inverse

Dans les marchés qui ont mieux résisté à la correction, le problème est différent.

Les prix élevés finissent eux-mêmes par freiner la demande.

Lorsque les propriétés augmentent plus rapidement que les revenus, de moins en moins de ménages peuvent se qualifier pour une hypothèque suffisante.

Et avec une immigration plus faible qu’au cours des dernières années, une partie du soutien démographique au marché pourrait également diminuer.

Les régions qui semblaient presque invincibles pourraient donc être celles qui ralentiront le plus dans la prochaine phase du cycle.

Pour les acheteurs, un marché lent peut être une bonne nouvelle

Une reprise graduelle n’est pas nécessairement une mauvaise chose.

Un marché qui repart trop rapidement peut faire revenir la surenchère, les offres précipitées et les augmentations rapides de prix.

Un marché plus lent donne généralement aux acheteurs davantage de temps pour :

  • visiter plusieurs propriétés;
  • comparer les prix;
  • faire une inspection;
  • négocier certaines conditions;
  • et éviter les décisions prises sous pression.

Après plusieurs années de marchés extrêmes, un retour lent vers la normale pourrait finalement être beaucoup plus sain.

Pour les vendeurs, les attentes devront probablement changer

Le même ralentissement signifie toutefois que vendre une propriété pourrait demander davantage de préparation.

Une maison affichée trop cher risque de rester plus longtemps sur le marché.

Les acheteurs peuvent devenir plus sélectifs.

Et lorsque l’inventaire augmente, ils ont davantage d’options.

Dans un marché en transition, le prix demandé devient beaucoup plus important que dans une période de surchauffe.

Le creux semble peut-être atteint… mais personne ne prévoit une explosion des ventes

Les économistes deviennent plus confiants sur un point : dans les marchés les plus touchés, les prix et les volumes semblent avoir atteint ou approché leur plancher.

C’est une étape importante.

Mais il manque encore un véritable moteur pour provoquer une remontée spectaculaire.

Pas de forte baisse des taux.

Pas de nouvelle explosion démographique.

Pas de boom économique évident.

Le scénario le plus probable ressemble donc davantage à une longue remontée qu’à un décollage.

Analyse RBC : le retour à la normale pourrait être beaucoup plus long qu’espéré

Le marché immobilier canadien commence enfin à donner quelques signes encourageants.

Les ventes progressent légèrement.

Les prix nationaux ont cessé de reculer.

L’Ontario montre des signes de reprise.

Et les marchés autrefois surchauffés commencent à se calmer.

Mais la réalité reste difficile à ignorer : l’activité nationale demeure environ 12 % sous sa moyenne des dix dernières années.

Au rythme actuel, revenir à une activité normale pourrait encore prendre environ deux ans et demi.

Pour le Québec, la situation mérite une attention particulière : Montréal et Québec restent solides, mais leur rythme de croissance ralentit nettement.

Après des années de bouleversements, le marché immobilier canadien semble enfin tourner la page de la correction. Mais la prochaine page risque de s’écrire beaucoup plus lentement que plusieurs acheteurs et vendeurs l’espéraient.

Partager : Facebook X LinkedIn WhatsApp Courriel

Inscrivez-vous à notre infolettre

Un résumé des dernières nouvelles immobilières et hypothécaires du Québec, envoyé trois fois par semaine.

Publicité
250 × 250