La grande vague de renouvellements hypothécaires ralentit, mais la pression financière demeure forte
Le marché hypothécaire canadien semble avoir atteint un point tournant après une année 2025 dominée par les renouvellements de prêts immobiliers. Même si le volume de renouvellements devrait commencer à diminuer progressivement en 2026, plusieurs ménages continuent de subir une importante pression financière liée à la hausse des taux d’intérêt.
Selon les plus récentes données publiées sur l’industrie hypothécaire résidentielle au Canada, un très grand nombre de propriétaires ayant contracté des hypothèques à taux extrêmement bas au début des années 2020 arrivent maintenant à échéance et doivent renouveler à des conditions beaucoup moins avantageuses.
Pour plusieurs emprunteurs, le choc de paiement est important. Les mensualités augmentent considérablement au moment du renouvellement, ce qui oblige de nombreux ménages à revoir leur budget, prolonger leur amortissement ou modifier leur stratégie financière.
Des propriétaires plus vulnérables qu’auparavant
Même si le système hypothécaire canadien demeure globalement stable, certains marchés montrent des signes croissants de stress financier.
Les retards de paiement hypothécaires de plus de 90 jours restent relativement faibles comparativement aux normes historiques, mais ils ont tout de même augmenté à travers le pays durant la dernière année.
Au quatrième trimestre de 2025, le taux national de délinquance hypothécaire est passé à 0,24 %, comparativement à 0,21 % un an plus tôt.
Les hausses les plus marquées ont été observées en Ontario, particulièrement dans la région de Toronto, où les retards de paiement ont bondi de façon importante sur une base annuelle.
Les dettes non hypothécaires affichent également une augmentation, même si leur progression semble ralentir. Cette situation suggère que plusieurs ménages réussissent encore à gérer leurs finances, mais que la pression liée aux coûts d’habitation continue de s’intensifier dans certains grands centres urbains.
Une dette hypothécaire toujours en croissance
La dette hypothécaire résidentielle au Canada a dépassé les 2,4 billions de dollars à la fin de 2025, en hausse de 4,8 % par rapport à l’année précédente.
Cette croissance survient dans un contexte où plusieurs propriétaires doivent maintenant composer avec des coûts d’emprunt beaucoup plus élevés qu’au moment où ils ont acheté leur propriété.
Pour les professionnels hypothécaires, cette période représente autant une augmentation de l’activité de renouvellement qu’un défi important d’accompagnement financier auprès des clients.
Les emprunteurs changent de stratégie
Face à l’incertitude entourant l’évolution future des taux d’intérêt, de nombreux Canadiens semblent modifier leur approche en matière de financement hypothécaire.
Une proportion croissante d’emprunteurs se tourne vers des termes plus courts ainsi que vers des produits à taux variables, préférant conserver davantage de flexibilité plutôt que de verrouiller un taux fixe élevé pour plusieurs années.
Cette tendance reflète l’espoir de plusieurs consommateurs de voir les taux d’intérêt diminuer éventuellement dans les prochaines années.
Hausse du recours à l’assurance hypothécaire
Le rapport souligne également une augmentation importante des prêts assurés au Canada, notamment à la suite de certains changements réglementaires ayant facilité l’accès à l’assurance hypothécaire.
Cette évolution a permis à un plus grand nombre d’acheteurs d’accéder au marché immobilier, mais elle modifie également le profil de risque global des nouveaux prêts accordés.
Une situation à surveiller en 2026
Même si la vague massive de renouvellements hypothécaires semble maintenant atteindre son sommet, plusieurs experts estiment que les effets financiers se feront encore sentir pendant plusieurs années.
Avec des taux d’intérêt toujours élevés, un coût de la vie important et une accessibilité immobilière qui demeure difficile dans plusieurs régions du pays, la pression sur certains propriétaires pourrait continuer d’augmenter graduellement au cours de 2026 et au-delà.