De plus en plus d’acheteurs choisissent un courtier hypothécaire plutôt qu’une banque traditionnelle
Obtenir une hypothèque est devenu plus compliqué qu’avant. Les acheteurs doivent comparer les taux, les types de prêts, les prêteurs, les conditions, les pénalités et les règles d’admissibilité.
Dans ce contexte, de plus en plus de Canadiens se tournent vers les courtiers hypothécaires pour les accompagner dans leurs démarches.
Selon un récent rapport de Professionnels hypothécaires du Canada, aussi appelé PHC, la part des emprunteurs qui utilisent un courtier hypothécaire a atteint 38 % en 2025. Il s’agit du niveau le plus élevé en cinq ans.
Les premiers acheteurs utilisent encore plus les courtiers
Le recours aux courtiers est encore plus élevé chez les acheteurs récents d’une première propriété.
Selon le rapport de PHC, 48 % de ces acheteurs ont utilisé un courtier hypothécaire. C’est presque un acheteur sur deux.
Ce n’est pas surprenant. Acheter une première propriété est souvent l’une des plus grandes décisions financières d’une vie. Les premiers acheteurs doivent comprendre la mise de fonds, l’assurance hypothécaire, les taux fixes ou variables, les documents à fournir, les frais de notaire, la taxe de bienvenue et les règles de qualification.
Pour plusieurs, le courtier devient donc plus qu’une personne qui cherche un taux. Il devient un guide dans un processus qui peut sembler lourd et stressant.
Le Québec se démarque
Le Québec se distingue dans les résultats. Selon le rapport, 44 % des emprunteurs québécois ont eu recours à un courtier hypothécaire, une hausse de 14 points de pourcentage.
Cela montre que les acheteurs québécois cherchent de plus en plus à comparer leurs options au lieu de se limiter automatiquement à leur banque habituelle.
Dans un marché où les prix demeurent élevés à Montréal, Laval, Longueuil, sur la Rive-Nord, sur la Rive-Sud et dans la région de Québec, chaque détail compte. Une meilleure structure de prêt, un bon produit hypothécaire ou une stratégie adaptée au budget peut faire une grande différence.
Les acheteurs veulent encore un bon taux, mais pas seulement
Le taux demeure important. Selon PHC, 54 % des clients qui utilisent un courtier disent le faire pour obtenir un taux concurrentiel.
Mais le taux n’est plus la seule raison. Les emprunteurs veulent aussi comprendre leurs options et éviter les mauvaises décisions.
Le rapport indique que :
- 33 % veulent obtenir plusieurs soumissions;
- près du tiers cherchent de l’aide pour comprendre les options hypothécaires;
- 26 % apprécient les recommandations sur le choix du prêteur;
- 25 % veulent de l’aide avec les documents.
En termes simples, les emprunteurs veulent un bon taux, mais ils veulent aussi savoir si le produit choisi est vraiment adapté à leur situation.
Un bon taux ne veut pas toujours dire le meilleur choix
Le taux affiché attire souvent l’attention, mais il ne dit pas tout.
Deux hypothèques peuvent avoir des taux semblables, mais des conditions très différentes. Certaines offrent plus de flexibilité. D’autres ont des pénalités plus élevées si le propriétaire vend ou refinance avant la fin du terme.
Un prêt peut aussi être moins intéressant si les frais, les restrictions ou les conditions ne conviennent pas au projet de l’acheteur.
C’est pourquoi l’accompagnement devient important. Le bon produit hypothécaire n’est pas toujours celui qui affiche le taux le plus bas. C’est celui qui correspond le mieux au budget, aux projets et au niveau de risque du ménage.
Les premiers acheteurs ont surtout besoin d’explications
Chez les acheteurs récents d’une première propriété, le besoin d’accompagnement est encore plus visible.
Selon PHC, 40 % de ces acheteurs ont consulté un courtier pour mieux comprendre leurs options et les étapes du processus hypothécaire.
C’est logique. Plusieurs premiers acheteurs découvrent en même temps les règles de financement, les outils d’épargne, les frais de transaction et les limites de leur capacité d’achat.
Une bonne explication peut éviter de mauvaises surprises, surtout lorsque le budget est serré.
Les courtiers gardent une forte fidélité
Le rapport montre aussi que les clients des courtiers sont généralement satisfaits de leur expérience.
Selon PHC, 83 % des clients recommanderaient leur courtier à un ami ou à un membre de leur famille. C’est un sommet en cinq ans.
De plus, 72 % des personnes qui ont obtenu leur hypothèque actuelle par l’intermédiaire d’un courtier prévoient retourner vers un courtier pour leur prochaine hypothèque.
Cette fidélité montre que l’accompagnement peut avoir une grande valeur, surtout dans un marché où les décisions hypothécaires sont plus complexes qu’avant.
Le taux fixe reste dominant
Selon le rapport, le taux fixe demeure le choix le plus courant. En 2025, 70 % des emprunteurs avaient un prêt hypothécaire à taux fixe.
Le taux fixe plaît à plusieurs ménages parce qu’il offre une certaine stabilité. Le paiement est plus prévisible pendant la durée du terme.
La part des prêts à taux variable a toutefois augmenté à 26 %, une première remontée en trois ans.
Un taux variable peut être intéressant pour certains profils, mais il vient aussi avec plus d’incertitude. Le paiement ou le coût d’intérêt peut changer si les taux bougent.
Les courtiers ne travaillent pas seulement avec des prêteurs alternatifs
Certains pensent qu’un courtier hypothécaire sert surtout à trouver un prêteur non bancaire. Ce n’est pas toujours le cas.
Selon PHC, 56 % des emprunteurs ayant utilisé un courtier ont obtenu leur hypothèque auprès d’une grande banque en 2025.
Les prêteurs non bancaires et les petites banques représentaient 19 %, tandis que les sociétés de placement hypothécaire comptaient pour 11 %.
Le courtier peut donc servir à comparer plusieurs types de prêteurs, y compris les grandes banques.
Les outils d’épargne sont encore mal connus
Le rapport montre aussi que plusieurs non-propriétaires connaissent mal les outils qui peuvent aider à accumuler une mise de fonds.
Parmi les personnes qui ne sont pas propriétaires :
- 55 % connaissent le CELI;
- 53 % connaissent le CELIAPP;
- 43 % connaissent le RAP;
- une personne sur cinq ne connaît aucune de ces trois options.
Ces outils peuvent pourtant jouer un rôle important pour les premiers acheteurs.
Le CELI permet d’épargner à l’abri de l’impôt. Le CELIAPP est conçu spécifiquement pour aider à acheter une première propriété. Le RAP permet d’utiliser une partie de ses REER pour l’achat d’une première maison, selon certaines conditions.
Les acheteurs qui prévoient acheter bientôt sont mieux préparés
Les personnes qui prévoient acheter dans les deux prochaines années semblent mieux connaître ces outils.
Selon PHC, parmi les non-propriétaires qui visent un achat prochainement :
- 67 % utilisent ou prévoient utiliser un CELI;
- 57 % utilisent ou prévoient utiliser le RAP;
- 48 % utilisent ou prévoient utiliser un CELIAPP.
Cela montre que la préparation financière commence souvent bien avant la visite d’une propriété.
Pourquoi cette tendance est importante au Québec?
Au Québec, plusieurs acheteurs font face à un marché encore exigeant. Les prix ont moins reculé que dans certains autres marchés canadiens, et l’abordabilité reste difficile dans plusieurs régions.
Un acheteur doit donc bien comprendre sa capacité réelle, pas seulement le montant maximal que la banque pourrait accepter de prêter.
Avant d’acheter, il faut tenir compte de :
- la mise de fonds;
- le paiement hypothécaire;
- les taxes municipales;
- les taxes scolaires;
- l’assurance habitation;
- les frais de condo, s’il y a lieu;
- les frais de notaire;
- la taxe de bienvenue;
- les coûts d’entretien;
- une marge pour les imprévus.
Dans ce contexte, obtenir de bons conseils peut aider à éviter un achat trop lourd pour le budget.
Le rôle du courtier dans un marché plus complexe
Le rôle du courtier hypothécaire a évolué. Il ne s’agit plus seulement de magasiner un taux.
Un courtier peut aider à comparer les options, comprendre les conditions, préparer le dossier, choisir le bon type de prêt et éviter certaines erreurs.
Il peut aussi expliquer les différences entre les prêteurs, les termes, les pénalités, les taux fixes, les taux variables et les stratégies de renouvellement.
Pour un acheteur qui ne travaille pas dans le domaine financier, cette aide peut rendre le processus beaucoup plus clair.
Ce qu’il faut retenir
Selon le rapport de PHC, 38 % des emprunteurs canadiens ont utilisé un courtier hypothécaire en 2025, le niveau le plus élevé en cinq ans.
Chez les acheteurs récents d’une première propriété, cette proportion atteint 48 %. Au Québec, elle atteint 44 %, avec une forte progression par rapport à l’année précédente.
Le taux demeure important, mais les emprunteurs recherchent de plus en plus des conseils, de l’accompagnement et une meilleure compréhension de leurs options.
Dans un marché où les hypothèques sont plus complexes et où l’abordabilité reste difficile, surtout pour les premiers acheteurs, bien choisir son financement peut être aussi important que bien choisir sa propriété.