Hypothèques : le Québec reste fidèle aux taux fixes pendant que le Canada retourne vers le variable
Alors qu’une partie du Canada recommence tranquillement à se tourner vers les hypothèques à taux variable, la tendance semble très différente au Québec, où plusieurs propriétaires préfèrent encore la stabilité des taux fixes.
Avec les renouvellements hypothécaires qui se multiplient partout au pays et les inquiétudes entourant l’économie, de nombreux Québécois choisissent la prudence plutôt que le risque.
Plusieurs propriétaires ayant vu les paiements exploser chez des proches ou des amis ayant choisi un taux variable préfèrent aujourd’hui éviter les mauvaises surprises.
Le Canada revient vers le variable… mais pas le Québec
À l’échelle canadienne, les prêts hypothécaires à taux variable gagnent à nouveau en popularité depuis quelques mois.
La baisse graduelle des taux variables et l’espoir de futures réductions des taux d’intérêt poussent plusieurs emprunteurs ailleurs au pays à éviter les engagements fixes à long terme.
De nombreux Canadiens préfèrent maintenant des hypothèques plus flexibles afin de pouvoir profiter plus rapidement d’une éventuelle baisse des taux.
Au Québec, toutefois, la réalité semble différente.
Même si plusieurs propriétaires espèrent eux aussi voir les taux diminuer dans les prochaines années, la majorité continue de privilégier les taux fixes, surtout pour des termes plus courts comme trois ou quatre ans.
Le traditionnel terme fixe de cinq ans perd toutefois en popularité, plusieurs consommateurs ne voulant plus s’engager aussi longtemps dans le contexte actuel.
La peur des hausses soudaines reste présente
Les fortes augmentations vécues par plusieurs détenteurs de prêts variables au cours des dernières années ont laissé des traces importantes.
Dans certains cas, les paiements mensuels ont presque doublé depuis la pandémie, créant beaucoup d’inquiétude chez les propriétaires qui arrivent maintenant au renouvellement de leur hypothèque.
Les tensions géopolitiques, les prix élevés de l’essence, l’inflation et les craintes liées à l’emploi contribuent également à renforcer ce besoin de stabilité financière.
Même des emprunteurs historiquement favorables aux taux variables changent maintenant leur stratégie et choisissent des paiements fixes plus prévisibles.
Le Québec résiste mieux que d’autres provinces
Malgré les inquiétudes entourant les renouvellements hypothécaires, le Québec semble actuellement mieux s’en sortir que certaines autres régions du Canada.
Les ménages québécois sont généralement moins endettés et les prix des propriétés ont augmenté de façon moins extrême qu’à Toronto ou Vancouver durant la pandémie.
Les retards de paiement hypothécaires demeurent également relativement faibles dans la province.
Autre différence importante : plusieurs propriétaires québécois avaient déjà opté pour des termes hypothécaires plus courts au cours des dernières années, ce qui a permis d’absorber progressivement une partie du choc des renouvellements.
Des augmentations de paiements malgré tout
À travers le Canada, environ 60 % des prêts hypothécaires devront être renouvelés d’ici 2026.
Pour plusieurs propriétaires ayant signé leur hypothèque durant la période des très bas taux d’intérêt, les versements pourraient augmenter de 15 % à 20 % lors du renouvellement.
Même si le Québec semble mieux préparé que certains grands marchés canadiens, plusieurs ménages devront tout de même ajuster leur budget afin d’absorber des mensualités plus élevées au cours des prochaines années.