Plusieurs premiers acheteurs récents regrettent la taille de leur hypothèque
Actualité hypothécaire30 June 20266 min de lecture

Plusieurs premiers acheteurs récents regrettent la taille de leur hypothèque

Actualité hypothécaire

Plusieurs premiers acheteurs récents regrettent la taille de leur hypothèque

30 June 20266 min de lecture

Plusieurs Canadiens qui ont acheté leur première propriété dans les dernières années ressentent maintenant une pression financière importante. Selon une étude de Mortgage Professionals Canada, 37 % des premiers acheteurs récents regrettent la taille de l’hypothèque qu’ils ont prise.

Le contexte est simple : beaucoup de ménages ont acheté pendant la période où les taux d’intérêt étaient très bas. À ce moment-là, les paiements semblaient plus faciles à gérer. Mais plusieurs de ces prêts hypothécaires arrivent maintenant au renouvellement, et les nouveaux taux sont souvent plus élevés.

Résultat : le paiement mensuel peut augmenter, parfois de façon importante.

Le renouvellement hypothécaire inquiète beaucoup de propriétaires

Selon l’étude de Mortgage Professionals Canada, environ deux premiers acheteurs récents sur trois sont inquiets à l’idée de renouveler leur hypothèque à un taux plus élevé.

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Parmi ceux qui ont acheté dans les cinq dernières années, 53 % disent qu’ils ont déjà de la difficulté avec leurs paiements ou qu’ils en auraient si leur paiement augmentait de moins de 15 %.

C’est une donnée importante. Cela veut dire que plusieurs ménages ont peu de marge dans leur budget. Une hausse de quelques centaines de dollars par mois peut suffire à créer un stress financier.

Pourquoi les acheteurs récents sont plus vulnérables?

Les acheteurs récents ont souvent acheté dans un marché où les prix étaient élevés. Dans plusieurs régions du Canada, incluant le Québec, les maisons et les condos sont devenus beaucoup plus chers depuis quelques années.

À Montréal, Laval, Longueuil, sur la Rive-Nord et sur la Rive-Sud, plusieurs premiers acheteurs ont dû emprunter davantage pour accéder à la propriété. Même un condo ou une petite maison peut représenter un engagement financier important.

Quand les taux étaient bas, certains acheteurs pouvaient se permettre un prêt plus élevé. Mais lorsque le taux augmente au renouvellement, le même montant emprunté devient plus coûteux chaque mois.

En résumé, ce n’est pas seulement le taux qui pose problème. C’est la combinaison entre un prix d’achat élevé, une grosse hypothèque, le coût de la vie et une hausse possible du paiement mensuel.

Les nouveaux arrivants ressentent aussi une forte pression

L’étude montre que les nouveaux arrivants au Canada sont aussi très touchés par cette réalité.

Chez ces propriétaires, 67 % disent qu’ils ont déjà de la difficulté avec leurs paiements ou qu’ils en auraient avant même une hausse de 15 %.

Pour plusieurs nouveaux arrivants, devenir propriétaire représente un objectif important. Mais certains ont acheté récemment, à des prix élevés, avec moins de temps pour bâtir une grande marge de sécurité financière au Canada.

Une hausse de 15 % peut changer un budget

Une augmentation de 15 % du paiement hypothécaire peut sembler abstraite. Mais dans la vie réelle, cela peut représenter une somme importante.

Par exemple, un paiement de 2 400 $ par mois qui augmente de 15 % passerait à environ 2 760 $ par mois. Cela représente 360 $ de plus chaque mois, ou plus de 4 300 $ par année.

Pour une famille qui doit déjà payer l’épicerie, l’essence, les assurances, les taxes, les frais de condo, les services et les dettes personnelles, cette hausse peut être difficile à absorber.

Plus de propriétaires louent une partie de leur maison

Pour alléger la pression financière, certains propriétaires cherchent de nouvelles sources de revenus.

Selon l’étude, plus du tiers des Canadiens disent devoir louer une partie de leur maison pour pouvoir se permettre de rester propriétaires. En 2021, cette proportion était d’environ un quart.

Chez les premiers acheteurs des cinq dernières années, 29 % ont déjà loué une partie de leur propriété ou prévoient le faire. Chez les nouveaux arrivants, cette proportion grimpe à 53 %.

Au Québec, cela peut vouloir dire louer un logement au sous-sol, une chambre, une partie d’un duplex ou une unité secondaire, lorsque les règles municipales et les caractéristiques de la propriété le permettent.

L’immobilier garde quand même son attrait

Malgré les inquiétudes, la propriété demeure un objectif important pour beaucoup de Canadiens.

L’étude indique que seulement 32 % des non-propriétaires pensent ne jamais devenir propriétaires. C’est beaucoup moins qu’en 2023, où cette proportion était de 51 %.

De plus, environ trois répondants sur quatre considèrent encore l’immobilier canadien comme un bon investissement à long terme. Une proportion semblable voit l’hypothèque comme une “bonne dette”, parce qu’elle sert à acheter un actif qui peut prendre de la valeur avec le temps.

Autrement dit, les gens croient encore à la propriété. Mais ils savent aussi que le chemin pour y arriver est devenu plus difficile.

Ce que les propriétaires devraient faire avant le renouvellement

Le renouvellement hypothécaire ne devrait pas être traité comme une simple formalité. C’est un moment important pour revoir son budget et comparer ses options.

Avant de renouveler, il est utile de :

  • vérifier la date exacte du renouvellement;
  • calculer le paiement possible avec un taux plus élevé;
  • regarder si le budget peut absorber une hausse;
  • réduire certaines dettes si possible;
  • éviter de prendre de nouveaux gros engagements financiers;
  • comparer les options offertes par différents prêteurs;
  • demander conseil avant de signer.

Plus un propriétaire commence tôt, plus il a de temps pour ajuster son budget et explorer les solutions disponibles.

Ce que les futurs acheteurs devraient retenir

Pour les futurs acheteurs, cette étude rappelle une règle importante : il ne faut pas acheter seulement en fonction du paiement d’aujourd’hui. Il faut aussi se demander si le paiement serait encore confortable si les taux augmentaient au renouvellement.

Il faut aussi prévoir les autres coûts de propriété :

  • les taxes municipales;
  • les taxes scolaires;
  • les assurances;
  • les frais de condo, s’il y a lieu;
  • l’entretien;
  • les réparations imprévues;
  • les frais de déménagement et d’installation.

Un achat immobilier doit laisser une marge de sécurité. Une propriété peut être un bon investissement, mais elle ne devrait pas mettre tout le budget familial sous pression.

Ce qu’il faut retenir

L’étude de Mortgage Professionals Canada montre que plusieurs premiers acheteurs récents ressentent maintenant le poids de leur hypothèque. Beaucoup ont acheté à des prix élevés, avec des taux plus bas, et doivent maintenant se préparer à des renouvellements plus coûteux.

Le fait que 37 % des premiers acheteurs récents regrettent la taille de leur hypothèque montre que la prudence est essentielle. Acheter une propriété demeure un objectif important, mais le paiement doit rester réaliste aujourd’hui et demain.

Pour les propriétaires québécois qui doivent renouveler bientôt, le meilleur réflexe est simple : ne pas attendre la dernière minute, calculer différents scénarios et garder une marge de sécurité dans le budget.

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