Plus de propriétés à vendre au Québec : les acheteurs reprennent un peu de pouvoir
Le marché immobilier québécois change tranquillement de rythme. Les ventes ralentissent, mais le nombre de propriétés disponibles augmente. Pour les acheteurs, cela peut vouloir dire plus de choix et un peu moins de pression. Pour les vendeurs, cela signifie qu’il faut être plus réaliste.
Selon le plus récent rapport de l’APCIQ, les ventes résidentielles ont diminué de 5 % au Québec au deuxième trimestre de l’année, soit pendant les mois d’avril, mai et juin.
En même temps, le nombre de propriétés à vendre a fortement augmenté. Les inscriptions en vigueur ont grimpé de 14 %, pour atteindre 41 466 propriétés disponibles à travers la province.
Plus de choix sur le marché
Cette hausse de l’inventaire est importante. Pendant les dernières années, plusieurs acheteurs se plaignaient du manque de propriétés disponibles. Dans plusieurs secteurs, les maisons se vendaient rapidement, parfois avec plusieurs offres.
La situation commence à changer. Il y a maintenant plus de propriétés affichées, ce qui permet aux acheteurs de comparer davantage et de prendre un peu plus de temps avant de faire une offre.
La moitié des inscriptions en vigueur se trouvent dans la région métropolitaine de Montréal, qui comprend notamment Montréal, Laval, Longueuil, la Rive-Sud et la Rive-Nord.
Les condos augmentent plus rapidement
Le segment des copropriétés connaît la plus forte hausse du nombre de propriétés à vendre.
Au deuxième trimestre, le nombre de condos sur le marché a augmenté de 20 %. Pour les maisons unifamiliales et les petits plex de deux à cinq logements, la hausse a été de 11 %.
Cela veut dire que les acheteurs de condos ont maintenant plus de choix dans plusieurs secteurs. Les vendeurs de condos doivent donc porter une attention particulière à leur prix demandé, à l’état de leur unité, aux frais de condo et à la qualité de la gestion de l’immeuble.
Une bonne nouvelle pour les acheteurs, mais pas une chute des prix
Plus de propriétés disponibles ne veut pas automatiquement dire que les prix vont baisser fortement.
L’APCIQ indique que la hausse de l’offre contribue surtout à ralentir la progression des prix. En d’autres mots, les prix peuvent encore rester élevés, mais ils augmentent moins rapidement qu’avant.
Dans plusieurs marchés, les conditions demeurent encore favorables aux vendeurs. Par contre, l’avantage des vendeurs devient moins fort qu’il ne l’était pendant la période de surchauffe.
Le marché se rééquilibre graduellement
Le marché de la revente résidentielle devient plus détendu au Québec. Cela signifie que les acheteurs ont un peu plus de marge de manœuvre qu’avant.
Ils peuvent parfois négocier davantage, demander des conditions, faire une inspection ou éviter de se précipiter sur une propriété qui ne respecte pas leur budget.
Ce changement ne se fait toutefois pas de la même façon partout. Dans certaines régions, l’inventaire demeure encore sous la moyenne des dix dernières années. La région de Montréal fait exception, avec une offre plus élevée que dans plusieurs autres marchés québécois.
Presque toutes les régions voient l’offre augmenter
Selon le rapport de l’APCIQ, la hausse des inscriptions touche presque toutes les régions métropolitaines et la majorité des agglomérations et centres urbains du Québec.
Seuls quelques marchés font exception, comme Mont-Tremblant et Salaberry-de-Valleyfield, où le nombre de propriétés à vendre a reculé.
Cette tendance montre que la reconstitution de l’inventaire n’est pas seulement un phénomène montréalais. Elle touche une grande partie du marché québécois.
Pourquoi les ventes ralentissent-elles?
Plusieurs facteurs expliquent le ralentissement des ventes.
D’abord, l’incertitude économique rend plusieurs acheteurs plus prudents. Quand les ménages s’inquiètent pour l’économie, l’emploi ou les taux d’intérêt, ils hésitent davantage avant de prendre une grande décision financière.
Ensuite, le marché du travail québécois montre des signes de faiblesse. Quand les revenus deviennent moins certains, certains ménages préfèrent reporter leur projet d’achat.
Enfin, l’abordabilité reste un obstacle majeur. Les propriétés coûtent cher, les paiements hypothécaires demeurent élevés et plusieurs premiers acheteurs ont de la difficulté à accumuler une mise de fonds.
La mise de fonds reste un défi
Selon les données de l’APCIQ, le prix médian d’une maison unifamiliale au Québec était de 523 250 $.
Pour une propriété à ce prix, la mise de fonds minimale représente environ 27 235 $.
Pour plusieurs ménages, accumuler ce montant est difficile, surtout avec les loyers élevés, l’épicerie, les assurances, le transport et les autres dépenses courantes.
Et la mise de fonds n’est qu’une partie des coûts. Il faut aussi prévoir les frais de notaire, les frais d’inspection, la taxe de bienvenue, le déménagement, les ajustements de taxes et une réserve pour les imprévus.
Les renouvellements hypothécaires freinent aussi le marché
Le ralentissement ne touche pas seulement les premiers acheteurs. Certains propriétaires hésitent aussi à vendre et à racheter.
Pourquoi? Parce que plusieurs hypothèques doivent être renouvelées à des taux plus élevés qu’avant. Un propriétaire qui vend pour acheter une autre propriété pourrait se retrouver avec un paiement mensuel beaucoup plus élevé.
Cette réalité pousse certains ménages à rester dans leur propriété actuelle, même s’ils auraient normalement voulu déménager.
La croissance démographique ralentit aussi la demande
Le rapport mentionne également une croissance démographique moins forte qu’en 2025, notamment en raison du resserrement des politiques migratoires.
Quand la population augmente moins vite, la demande pour les logements peut aussi ralentir. Cela peut contribuer à réduire la pression sur le marché, surtout dans les secteurs où l’offre augmente en même temps.
Pour le Québec, cela pourrait aider à calmer certains marchés, mais cela ne règle pas automatiquement le manque de logements dans les secteurs les plus recherchés.
Ce que cela signifie pour les acheteurs
Pour les acheteurs, la hausse de l’inventaire est une nouvelle encourageante. Avoir plus de propriétés à comparer permet souvent de mieux réfléchir et de mieux négocier.
Mais il faut rester prudent. Même si le marché est moins intense, les prix demeurent élevés dans plusieurs régions.
Avant d’acheter, il faut bien calculer :
- le paiement hypothécaire;
- les taxes municipales;
- les taxes scolaires;
- l’assurance habitation;
- les frais de condo, s’il y a lieu;
- le chauffage et l’électricité;
- les coûts d’entretien;
- les réparations possibles;
- les frais de transaction;
- une marge de sécurité.
Ce que cela signifie pour les vendeurs
Pour les vendeurs, le message est clair : le marché reste actif, mais il n’est plus aussi rapide qu’avant dans plusieurs secteurs.
Une propriété bien située, bien entretenue et bien présentée peut encore attirer de bons acheteurs. Par contre, une propriété trop chère peut rester plus longtemps sur le marché.
Avec plus de concurrence, le prix demandé devient encore plus important. Les vendeurs doivent regarder les comparables récents, l’état de leur propriété et le nombre de propriétés similaires à vendre dans leur secteur.
Les condos demandent une stratégie plus précise
Comme le nombre de condos à vendre augmente plus rapidement, les vendeurs de copropriétés doivent être particulièrement attentifs.
Les acheteurs regardent maintenant plusieurs éléments avant de faire une offre :
- les frais de condo;
- le fonds de prévoyance;
- les travaux à venir dans l’immeuble;
- les assurances de la copropriété;
- la qualité de la gestion;
- l’emplacement;
- la luminosité, le stationnement et les espaces de rangement.
Un condo bien positionné peut encore se vendre, mais les acheteurs comparent davantage qu’avant.
Ce qu’il faut retenir
Selon le rapport de l’APCIQ, les ventes résidentielles ont reculé de 5 % au Québec au deuxième trimestre, tandis que les inscriptions en vigueur ont augmenté de 14 %.
Cette hausse de l’offre donne un peu plus de choix aux acheteurs et contribue à ralentir la progression des prix.
Le marché québécois ne s’effondre pas, mais il devient plus équilibré. Les acheteurs ont davantage de marge de négociation, tandis que les vendeurs doivent être plus réalistes dans leur stratégie.
Après plusieurs années de forte pression, le stock de propriétés se reconstruit graduellement. Pour le marché, c’est un changement important : on passe tranquillement d’un marché de précipitation à un marché où la préparation, le bon prix et la prudence prennent plus de place.